Chasses spéciales 2025 : Plus d'abattages au lieu du loup
Dès novembre 2025, les chasses spéciales cruelles envers les animaux reprennent sur le cerf et le chevreuil en Suisse.
Officiellement, elle est censée aider à remplir les plans d'abattage et à rééquilibrer le rapport entre les sexes des animaux animaux abattus lors de la chasse d'automne infructueuse. Mais en réalité, elle révèle avant tout une chose : l'attachement à une forme dépassée de gestion de la faune sauvage, qui continue d'ignorer la régulation naturelle par les prédateurs.
En réalité, les chasseurs amateurs sont incapables depuis des décennies de gérer correctement les populations de cerfs, par exemple, et leur loisir continue de mobiliser des deniers publics. On introduit certes sans cesse de nouvelles pratiques cruelles envers les animaux, comme les chasses spéciales à l'approche de l'hiver, le tir de jeunes animaux, le tir de femelles allaitantes, les dérangements, etc., pour maintenir les apparences, mais les résultats sont insatisfaisants depuis des décennies et suscitent de vives controverses. De plus, ces nouvelles méthodes de chasse ne sont pas le fruit de connaissances scientifiques modernes en biologie de la faune sauvage, mais des actes honteux qui étaient déjà réprouvés autrefois. Tout cela n'a plus rien à voir avec la chasse de loisir.
La chasse de loisir n'est pas une gestion de la faune sauvage, mais une faillite éthique, un échec sociétal.
Des records et pourtant « pas suffisant »
Avec 2’163 cerfs abattus, un record a par exemple été atteint lors de la chasse principale 2025 au Tessin. Pourtant, ce même office de la chasse parle lui aussi d'un « plan d'abattage non atteint ». Plutôt que de se demander si ces plans sont écologiquement judicieux, la saison de chasse est simplement prolongée : du 15 novembre au 21 décembre 2025, trois jours par semaine (mercredi, samedi et dimanche).
L'objectif est clair : les populations de gibier doivent être encore décimées, surtout là où les animaux causent soi-disant «des dégâts aux cultures et au rajeunissement forestier». Pourtant, on ignore que la nature dispose depuis longtemps de son propre mécanisme de régulation : le loup et d'autres prédateurs, qui sont toutefois chassés de manière insensée et fanatiquement non scientifique.
Des biologistes sérieux de la faune sauvage signalent depuis des années qu'une mauvaise planification de la chasse et la pression cynégétique ne font qu'augmenter les taux de natalité de façon explosive.
Le contribuable économiserait des centaines de millions de francs que la Confédération, les cantons et les communes injectent dans la préservation des forêts protectrices, là où les chasseurs amateurs problématiques élèvent cerfs et chevreuils via les administrations cantonales de la chasse.
Le loup : plus efficace que tout quota d'abattage
Tandis que l'administration de la chasse continue de miser sur des hommes armés de fusils, des études montrent clairement que les loups assurent une régulation bien plus naturelle, sélective et durable des animaux-proies.
Une meute de loups réduit les populations de chevreuils et de cerfs de manière naturelle, sans bureaucratie, sans frais et sans risque de tirs manqués ou de situations éthiquement problématiques. Elle élimine en premier lieu les animaux faibles et malades, renforçant ainsi la santé génétique des populations.
Pourtant, les autorités s'accrochent à l'idée manipulatrice de gérer les effectifs artificiellement «selon un plan», une approche qui n'est plus du tout d'actualité.
Plus de bureaucratie, moins de raison
Au lieu d'adapter la gestion de la faune sauvage aux réalités écologiques, l'administration du canton du Tessin introduit de nouveaux obstacles :
- Les permis de chasse doivent à nouveau être demandés sur place, plus de procédure en ligne.
- Celui qui ne possède pas de permis de haute chasse paie trois fois plus pour la chasse spéciale, source de souffrance animale (CHF 600 au lieu de CHF 200).
- On peut certes désormais chasser «partout», mais les quotas de capture par zone demeurent en vigueur, un bricolage bureaucratique.
Au lieu de miser sur l'intelligence écologique et la régulation naturelle, le système cimente les vieilles structures.
La chasse spéciale, source de souffrance animale, est censée servir la «protection des forêts». Mais le rajeunissement forestier ne souffre pas uniquement du chevreuil, mais souvent des monocultures, du manque de diversité et de l'exploitation humaine des terres. Une forêt saine a besoin de prédateurs autant que d'herbivores. Là où le loup est présent, les animaux-proies modifient leur comportement, un effet qu'aucun chasseur amateur avec sa carabine ne peut reproduire.
La chasse de loisir à elle seule ne parvient pas, depuis des décennies, à maintenir les populations de gibier à un niveau constant. Les populations de gibier augmentent continuellement, et avec elles les dégâts, pas seulement en forêt.
Vieux schémas de pensée au lieu d'une nouvelle gestion de la faune sauvage
Les chasses spéciales de 2025 montrent à quel point il est difficile pour la politique et l'administration d'intégrer la coexistence avec les prédateurs dans un concept moderne de gestion de la faune sauvage. Au lieu de considérer le loup comme un allié, on continue de miser sur le contrôle humain, quoi qu'il en coûte.
Pourtant, la nature pourrait depuis longtemps assumer ce que l'administration cherche à imposer année après année par des listes d'abattage : un équilibre fonctionnel entre forêt, gibier et être humain.
Là où le lynx et le loup sont régulièrement présents, on constate moins de dégâts sur la régénération forestière.
Sur le massif du Calanda, entre la vallée rhénane de Coire et la vallée de la Tamina saint-galloise, le premier clan de loups de Suisse s'est formé en 2011. Depuis lors, le nombre de cerfs sur le territoire de chasse des loups a diminué d'environ un tiers selon les indications du service cantonal grison compétent, tandis qu'il a augmenté de 18 % dans l'ensemble du canton.
Dans le désordre dans lequel se trouve la nature après des décennies d'entretien et de gestion par les chasseurs de loisir, la proportion d'espèces menacées est, selon l'ONU, plus élevée en Suisse que dans n'importe quel autre pays du monde. Ces tueurs à gages créent depuis des décennies un déséquilibre écologique dans le paysage cultivé, avec des conséquences parfois dramatiques (forêts protectrices, maladies, dégâts agricoles, entre autres).
Les forêts sont essentielles à la protection du climat. Les arbres absorbent le dioxyde de carbone de l'air et le stockent à long terme. Une étude de l'Université de Leeds montre qu'avec le retour des loups, il serait possible de fixer une million de tonnes supplémentaires de CO₂ par an. Ce qui est particulièrement remarquable : les chercheurs ont calculé que chaque loup contribuerait au stockage de 6’080 tonnes de CO₂ par an. Sur la base des calculs actuels concernant la valeur du CO₂, chaque animal vaudrait ainsi théoriquement environ 170’000 francs.
Près de la moitié des forêts en Suisse protègent les personnes, les agglomérations et les voies de communication contre les dangers naturels. Pour qu'elles restent stables, elles doivent être soigneusement entretenues. Pour le maintien des forêts protectrices et pour les ouvrages de protection contre les avalanches, la Confédération des subventions de plusieurs millions annuellement. De 2008 à 2012, la Confédération a par exemple subventionné l'entretien des forêts protectrices dans le canton du Valais à hauteur de 40 millions de francs. Le canton a versé 44 millions et les communes 16 millions supplémentaires. Au total, ce sont donc 100 millions de francs qui ont été investis en quatre ans rien qu'en Valais.
Dans le canton de Genève, les habitants ne souhaitent pas depuis des décennies que l'argent du sang issu des mauvais traitements infligés aux animaux par les chasseurs de loisir figure dans les caisses de l'État cantonal. Ce que des centaines de chasseurs de loisir faisaient jadis, là aussi, de façon médiocre, est accompli aujourd'hui, parmi de nombreuses autres tâches, par quelques gardes-faune de manière exemplaire.
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