Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Chasse

Pourquoi les chasseurs de loisir sont le symptôme d'une culture malade

Un mystique indien écrivit un jour que le véritable problème de l'humanité n'était pas la violence en soi, mais la créativité bloquée. Un être humain dont l'énergie se déverse dans le créatif n'aurait tout simplement plus d'espace intérieur pour la destruction. La violence ne serait alors que le sous-produit d'un système qui empêche les individus de créer quelque chose de sensé, de vivant.

Rédaction Wild beim Wild — 27 novembre 2025

Quiconque observe la chasse de loisir contemporaine y reconnaît précisément ce système à l'état pur.

Les chasseurs de loisir aiment raconter des histoires. De «gestion», de «tradition», de «lien avec la nature». Ils se présentent comme des gardiens, tout en tuant. C'est là non seulement une contradiction éthique, mais aussi une contradiction culturelle.

La chasse de loisir est la forme ritualisée d'une vieille logique militaire : identifier la cible, la viser, la neutraliser. Le coup de feu est la petite sœur de la salve de fusil, l'affût l'exercice d'entraînement à l'obéissance et au commandement. Il n'est pas question ici de créativité, mais de contrôle. Non de relation, mais de supériorité.

Une société qui vénère le soldat plutôt que le créateur. La chasse de loisir reflète exactement ce déséquilibre. Le chasseur de loisir est le soldat dans la forêt. Armes, tenues de camouflage, hiérarchies, trophées au mur. À la place de l'atelier ou de l'établi, il y a la salle d'armes et la chambre froide.

C'est une culture de la négation. Non pas : Que puis-je créer ? Mais : Qui ou quoi puis-je éliminer ?

Lorsque la créativité est bloquée, elle devient destructrice

Une société qui enseigne aux enfants que la violence est «normale» ou même «nécessaire» ne doit pas s'étonner que cette logique lui revienne en boomerang. Celui qui rabaisse les animaux au rang de «ressource» fait le premier pas pour ne plus considérer les êtres humains eux-mêmes que comme de simples moyens à une fin.

Que les énergies créatives, lorsqu'elles ne sont pas vécues, finissent par se retourner et devenir destructrices. C'est précisément ici que la chasse de loisir devient le chiffre de quelque chose de plus grand :

  • Au lieu de protéger les habitats, nous tirons sur les derniers animaux vivant en liberté.
  • Au lieu de renaturer les paysages, nous canardons dans les fragments d'un écosystème morcelé.
  • Au lieu de résoudre intelligemment, avec prévoyance et par des moyens techniques les conflits avec les animaux sauvages, nous répondons par l'option la plus simple et la plus primitive : la violence.

La chasse de loisir n'est donc pas simplement un «passe-temps», mais l'expression d'une culture qui dévalorise systématiquement ce qui est créateur et normalise la destruction.

Le chasseur amateur comme «héros» d'un faux récit

Dans de nombreuses régions rurales, les chasseurs amateurs continuent d'être mis en scène comme des figures d'autorité. On leur attribue compétence, autorité et droits moraux particuliers. Ils peuvent tuer ce que d'autres aiment. Ils peuvent décider quel animal «appartient au peuplement» et lequel n'y appartient pas. Ils définissent ce qu'est un «dégât» et se vendent comme des résolveurs de problèmes.

Or ils font souvent partie du problème :

  • Ils nourrissent les animaux sauvages pour pouvoir en abattre davantage.
  • Ils sabotent les processus de régulation naturels, notamment chez les prédateurs.
  • Ils imposent un paradigme dans lequel la nature doit se soumettre à la logique agricole et cynégétique.

Une approche créative des animaux sauvages est tout autre. Elle exige du savoir, de l'empathie, une pensée à long terme et, surtout, une chose : la volonté de ne pas placer son propre ego au-dessus de la vie des autres.

La créativité dans la relation avec le gibier

Et si nous prenions au sérieux l'idée que la véritable créativité rend la violence incompatible ?

Nous devrions alors nous demander : qu'est-ce que pourrait être une approche créatrice et constructive des animaux sauvages ?

Par exemple :

  • Protéger les habitats de façon à rendre la chasse de loisir superflue, parce que les écosystèmes peuvent largement s'autoréguler.
  • Aborder les conflits par des solutions techniques, planificatrices et sociales, plutôt que d'emporter des cartouches dans la nature.
  • Percevoir les animaux sauvages comme des sujets dotés d'une valeur propre, et non comme des «unités» dans le plan de territoire.
  • Encourager l'observation, la photographie, la recherche et l'éducation, plutôt que les trophées et les mythes de comptoir.

Tout cela exige plus d'intelligence, plus d'imagination, plus de courage que d'appuyer sur une gâchette. La créativité est exigeante. La violence est commode.

L'excuse spirituelle et la réalité sanglante

Cela relie la créativité au divin, à un créateur. Il n'est pas nécessaire de partager ce langage religieux pour en saisir l'essentiel : celui qui crée se lie à la vie. Celui qui détruit s'en sépare.

Les chasseurs de loisir tentent de dissimuler cette séparation. Par des rituels, des messes, un «dernier honneur» rendu aux animaux tués. Ce sont des pansements symboliques sur une plaie réelle. Aucun cor de chasse, aucune dernière bouchée glissée dans la gueule de l'animal tué ne transforme un acte de violence en acte noble.

Lorsqu'un chevreuil s'effondre dans un pré parce qu'un chasseur de loisir occupe ses «loisirs», il ne se passe rien de spirituel. Il se passe de la douleur, de l'agonie, de la mutilation. Tout le reste n'est que romantisation.

Quiconque parle sérieusement de création doit se demander : de quel côté suis-je réellement ? Du côté de ceux qui permettent la vie ? Ou de ceux qui y mettent fin lorsqu'elle contrarie leurs projets ?

De la culture guerrière à la culture de l'amour

Transposé à la chasse de loisir, cela signifierait : nous avons besoin de personnes qui tombent amoureuses des animaux sauvages, et non des armes. Des personnes dont le cœur s'ouvre lorsqu'elles croisent un renard, et non dont les doigts les démangent.

Cela implique :

  • Abandonner l'admiration pour le «tir dans les règles de l'art».
  • Admirer ceux qui sauvent des habitats, planifient des corridors fauniques, démantèlent clôtures et pièges.
  • Abandonner les sociétés de chasse.
  • Favoriser les communautés qui s'engagent pour une véritable protection des animaux et une politique faunique moderne, fondée sur des bases scientifiques.

Tant que le chasseur de loisir sera présenté comme le héros de l'histoire, la violence demeurera une option dans la conscience collective. Mais dès lors que nous placerons le créateur, la créatrice au centre, la figure du chasseur de loisir n'apparaîtra plus que comme un vestige d'un passé brutal et sans imagination.

La critique de la chasse comme critique culturelle

La critique de la chasse de loisir va au-delà d'une simple question de morale face aux loisirs. Elle s'inscrit dans une interrogation fondamentale : dans quel monde voulons-nous vivre ?

Dans un monde où nous continuons à résoudre les «problèmes» à coups de plombs et de balles ? Ou dans un monde où nous mettons nos meilleures capacités au service d'une gestion intelligente et respectueuse de la vie dans nos rapports avec les animaux sauvages ?

Chaque tir inutile est le témoignage de la pauvreté de notre créativité. Les chasseurs de loisir ne sont alors pas les gardiens de la nature, mais le symptôme d'une société qui a désappris le créatif au profit du destructeur.

Il est temps de renverser la tendance : ne plus célébrer le tireur, mais le créateur. Ne plus célébrer le guerrier, mais celui qui aime. Ne plus célébrer le chasseur amateur, mais ceux qui osent entrer dans la forêt sans fusil.

RADAR DES CHASSEURS AMATEURS

Sur la piste de maltraitances animales cachées, de braconnage et/ou de criminalité ? Signalez-nous vos cas suspects ! Aidez-nous dans le grand radar des chasseurs amateurs.

vers le formulaire

Radar des chasseurs
En savoir plus sur la chasse amateur : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

Soutenez notre travail

Avec votre don, vous contribuez à protéger les animaux et à leur donner une voix.

Faire un don