14 juillet 2026, 11h28

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Animaux sauvages

Portugal : la première éléphante entre dans une grande zone protégée européenne

Julie, le dernier éléphant de cirque du Portugal, vit depuis début juillet sur 400 hectares dans l'Alentejo.

Rédaction Wild beim Wild — 14 juillet 2026

Entre Vila Viçosa et Alandroal, dans le district d'Évora, la réserve pour éléphants Pangea a accueilli sa première habitante : l'éléphante Julie.

Elle s'y déplace déjà de manière largement autonome sur le vaste terrain et a pris son premier bain de boue.

Plus de quarante ans de captivité

Julie est arrivée au Portugal très jeune depuis l'Afrique australe et travaillait depuis 1988 au Circo Víctor Hugo Cardinali. Lorsque l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques est entrée pleinement en vigueur au Portugal en 2024, elle a été mise à la retraite. La même année, sa dernière compagne est décédée. Elle est néanmoins restée sous la garde de son propriétaire, car il n'existait tout simplement aucun endroit où elle aurait pu aller.

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Ce qu'ont coûté ces décennies ne peut être chiffré avec précision. Kate Moore, directrice de Pangea, a déclaré à l'agence de presse AP que les éléphants en liberté vivent souvent plus de 70 ans, tandis que les animaux issus de la captivité atteignent souvent une espérance de vie nettement inférieure. Le temps qu'il reste à Julie demeure donc incertain. Lors de sa première semaine à Pangea, elle s'est cependant montrée très pleine d'énergie. Compte tenu de son passé, elle aura besoin d'un accompagnement pour des problèmes de santé et de mobilité, fréquents chez les éléphants de son âge et ayant connu ce type de détention.

Une loi seule ne suffit pas

Le parlement portugais a interdit les animaux sauvages dans les cirques dès 2018, avec un soutien transpartisan. Mais l'interdiction n'est entrée pleinement en vigueur qu'en 2024, afin que les établissements puissent s'adapter. Il est remarquable que la loi ait associé cette interdiction à une solution pour les animaux et les personnes concernées, y compris une aide à la reconversion pour les employés de cirque.

Le passage de la théorie à la pratique s'est néanmoins révélé difficile. Ce n'est que maintenant que Julie a trouvé un lieu de vie approprié. Son transfert s'est effectué sur la base d'un accord volontaire avec le cirque. Le directeur du cirque, Víctor Hugo Cardinali, a qualifié cette décision de difficile mais juste ; il reste impliqué dans l'acclimatation.

Avec l'arrivée de Julie, il n'y a plus d'animaux sauvages dans les cirques portugais. Début 2026 déjà, Pangea avait, selon ses propres dires, contribué à placer Sona, le dernier tigre de cirque du Portugal, dans une réserve spécialisée en Espagne.

C'est précisément là que se situe le point qui dépasse le cadre du Portugal. Une interdiction sans structure d'accueil est une interdiction sur le papier. Celui qui interdit la détention d'animaux sauvages doit aussi dire où placer ces animaux. Ce calcul ne tient toujours pas en Europe à ce jour.

400 hectares, de la place pour jusqu'à 50 animaux

Le terrain s'étend sur environ 400 hectares. Selon l'Olsen Animal Trust, l'un des membres fondateurs, il devrait à l'avenir pouvoir accueillir jusqu'à 50 éléphants. Cette année encore, on attend Kariba, une autre éléphante africaine, également capturée dans la nature et âgée d'environ 40 ans. Elle vit actuellement seule dans un zoo en Belgique. Un abcès à une patte a jusqu'à présent empêché un voyage en toute sécurité ; il doit d'abord être soigné.

Pangea se décrit elle-même comme la «première réserve à grande échelle pour éléphants d'Europe». La formulation est choisie à dessein : des refuges pour éléphants existent déjà en Europe, comme Elephant Haven en France, mais ils sont nettement plus petits. Des installations d'une telle envergure existaient jusqu'ici surtout en Asie, en Afrique et en Amérique. Sur ce modèle, les animaux doivent pouvoir errer dans un habitat proche de la nature et étendu, chercher leur nourriture et entretenir des contacts sociaux, accompagnés d'une équipe de soins spécialisée. Le concept est complété par un programme de restauration de l'habitat, qui doit également profiter aux animaux sauvages indigènes.

La réserve est gérée par l'Associação Natureza Pangea au Portugal, soutenue par The Pangea Trust, enregistré au Royaume-Uni. Parmi les membres fondateurs figurent la Born Free Foundation, l'Olsen Animal Trust, la Fondation Brigitte Bardot et World Animal Protection. Le site reste pour l'instant fermé aux visiteurs, afin que les animaux bénéficient du calme nécessaire à leur acclimatation.

Plus de 600 éléphants en captivité

Julie n'est pas un cas isolé, mais l'exception. Selon les indications de l'Olsen Animal Trust, plus de 600 éléphants sont détenus en captivité dans les zoos et cirques européens, dont 36 en détention individuelle. Beaucoup vivent depuis des décennies dans les mêmes petits enclos dénudés, au nom du divertissement ou d'une prétendue protection des espèces. Pangea a jusqu'ici identifié 15 animaux comme candidats prioritaires à une réinstallation.

Pour la grande majorité de ces animaux, rien ne change pour l'instant avec l'Alentejo. D'autres articles sur la détention d'animaux sauvages se trouvent dans nos catégories Zoo et sous Droits des animaux.

Commentaire de la rédaction

Les images du premier bain de boue de Julie sont belles. Mais elles sont aussi l'aveu d'un échec collectif. Un animal sauvage, capturé bébé en Afrique, exhibé pendant des décennies pour le divertissement, reçoit à la fin de sa vie un morceau de liberté à durée limitée. Ce n'est pas un triomphe, c'est une limitation des dégâts.

Le mécanisme est le même que celui que nous connaissons du débat sur la chasse de loisir : les animaux sont déclarés objets de divertissement humain, et ce n'est que lorsque la pression sociale devient suffisamment forte que vient la correction. Trop tard pour les concernés. La véritable question n'est pas de savoir comment nous permettons à Julie une vieillesse digne, mais pourquoi il a fallu qu'il y ait une Julie tout court.

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