4. avril 2026, 14:40

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Initiative populaire cantonale – Canton de Berne

«Pour une protection professionnelle de la faune»

Initiative constitutionnelle sous la forme du projet élaboré

Fondée sur l'art. 58 de la Constitution du canton de Berne du 6 juin 1993 et sur la loi sur les droits politiques (LDP)

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Remarque : Le canton de Berne est bilingue. Pour le dépôt, le texte de l'initiative doit être disponible en langue allemande et française. La version française doit être assurée par un spécialiste juridique avant le dépôt.

Texte d'initiative

Les soussignés, personnes ayant le droit de vote dans le canton de Berne, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Berne du 6 juin 1993 est complétée par les articles suivants :

Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Berne.

2 La protection, l'entretien et, si nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune formés professionnellement au service du canton.

3 L'abattage d'animaux sauvages n'est autorisé qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou sont insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection des animaux et de la nature, du monde scientifique ainsi des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et décide des mesures de régulation.

5 Le canton favorise la régulation naturelle des populations de faune sauvage, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.

6 Les modalités sont réglées par la loi.

Art. [nouveau] Protection des espèces de faune sauvage menacées et protégées

1 Le canton renonce aux demandes de régulation préventive des effectifs d'espèces de faune sauvage protégées selon la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, notamment du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'homme et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Les mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les humains demeurent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et être exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement dans le cadre de la coopération intercantonale et vis-à-vis de la Confédération pour la protection et la conservation des espèces de faune sauvage menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil-exécutif édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'acceptation de cette modification constitutionnelle.

2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le Conseil-exécutif assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase de transition.

Explications

1. Situation de départ

Dans le canton de Berne, deuxième canton de Suisse par la superficie et par la population avec environ 1'040'000 habitantes et habitants sur 5'959 km² de surface, la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion contemporaine de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un divertissement sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des narratifs obsolètes qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de chasse genevoise sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée à Berne sous forme de chasse à permis. Des particuliers acquièrent un permis cantonal et chassent sans responsabilité de territoire fixe. Avec plus de 3'000 détentrices et détenteurs de permis actifs, Berne compte les plus nombreux chasseurs de loisir de tous les cantons à chasse à permis. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les détenteurs de permis n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés principalement sur les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne ainsi que l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, au niveau fédéral, de plus en plus d'espèces de faune sauvage protégées subissent des pressions. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre augmente constamment. Le canton de Berne est directement concerné par la politique du loup : plusieurs meutes de loups sont documentées dans l'Oberland bernois et dans le Simmental. Le lynx est établi dans le Jura bernois et dans les Préalpes depuis des décennies. Le castor colonise l'Aar, l'Emme et de nombreux autres cours d'eau. L'aigle royal niche dans l'Oberland. Berne est le canton le plus riche en espèces de Suisse (cf. l'analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Berne a la possibilité d'envoyer ici un signal clair : non seulement pour une protection professionnelle de la faune sauvage au lieu de la chasse de loisir, mais aussi pour la protection conséquente des espèces de faune sauvage menacées au niveau cantonal. En tant que canton de la capitale fédérale, ce signal aurait un impact qui dépasse largement les frontières cantonales.

2. Le modèle : Canton de Genève

Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève ont voté pour l'abolition de la chasse de loisir milicienne. Avant l'interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, il ne restait que quelques dizaines d'exemplaires de chevreuils. Environ 300 chasseurs de loisir relâchaient massivement des faisans, des perdrix et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

– La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants s'est multiplié de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse.

– Le stock de chevreuils s'est stabilisé à un niveau sain, avec un tir spécialisé annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue dans une densité compatible avec la surface forestière.

– En 2005, lors d'une nouvelle votation populaire, 90 pour cent de l'électorat genevois s'est prononcé pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion pour la réintroduction a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.

– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis en environ 600'000 francs pour le personnel (env. trois postes à temps plein, répartis sur environ une douzaine de chargés d'environnement), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2.40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune sauvage depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir comme l'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de chasse » sur wildbeimwild.com.

L'efficacité du modèle genevois se montre dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin pour un tir sanitaire d'un sanglier en moyenne de 8 heures et au maximum 2 cartouches. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), dans le canton de Zurich seulement 1,0 pour 100 hectares (cf. vérification des faits Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : Garde-faune professionnelle au lieu de chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle des gardes-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle au lieu de divertissement de loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat cantonal de prestations. Leur objectif est la conservation de populations saines de faune sauvage, non la maximisation du nombre d'abattages (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).

principe d'ultima ratio. Un abattage n'est autorisé que si toutes les mesures non létales sont épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement des habitats, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets pour que les chevreuils et les lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique démontre : la coexistence est une question de volonté, non de possibilité technique.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante, composée d'associations de protection des animaux et de la nature, de scientifiques et d'autorités, empêche que la pression politique de groupes d'intérêts particuliers n'affaiblisse la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre constitutionnellement l'obligation d'autorisation.

L'autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le prouve : les populations de faune sauvage se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Berne ?

Le canton de Berne se prête particulièrement à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage pour plusieurs raisons :

Plus grand canton à chasse à patente de Suisse. Berne est avec 5'959 km² et plus d'un million d'habitants le plus grand canton à chasse à patente du pays. Si la protection professionnelle de la faune fonctionne ici, elle fonctionne partout. Le canton réunit tous les types de paysages suisses : Jura (Jura bernois, Bienne), Plateau (Berne, Thoune, Berthoud, Langenthal) et Alpes (Oberland bernois avec la Jungfrau, l'Eiger, le Mönch). Le changement de système est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse en reviers, car aucun contrat d'affermage de chasse ne doit être résolu et aucune commune indemnisée.

Effet capitale fédérale. Le Palais fédéral se trouve à Berne. Une initiative dans le canton de Berne a une portée médiatique qui dépasse le canton. Le débat de politique fédérale sur la politique cynégétique est directement influencé par une initiative cantonale à Berne. Un succès à Berne serait un signal à la politique nationale qu'aucun autre canton sauf Zurich ne peut envoyer avec cette force.

La politique du loup comme thème de mobilisation. Le canton de Berne est directement concerné par le retour du loup. Plusieurs meutes de loups sont documentées dans l'Oberland bernois et dans le Simmental. Les abattages controversés de loups ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle au débat sur le loup : une gestion professionnelle de la faune au lieu d'abattages politiquement motivés. Le deuxième paragraphe sur la protection des espèces rend l'initiative attractive pour les associations de protection de la nature qui étaient jusqu'ici sur la défensive dans le débat sur le loup (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Bilinguisme comme pont. Le canton de Berne est bilingue : allemand et français (Jura bernois, Bienne). L'initiative relie le débat de Suisse alémanique et de Suisse romande. Dans le Jura bernois et à Bienne, l'expérience genevoise est culturellement et linguistiquement directement accessible. Les messages centraux doivent fonctionner en allemand et en français.

Le lynx dans le Jura bernois et dans les Préalpes. Le lynx est établi dans le Jura bernois depuis des décennies et régule naturellement la population de chevreuils. La gestion professionnelle de la faune protège le lynx et utilise sa fonction écologique.

Le castor sur l'Aar et l'Emme. Le castor est documenté le long de l'Aar, de l'Emme et de nombreux autres cours d'eau. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

15'000 signatures en 6 mois. L'obstacle est le plus élevé de la série. Avec 1'040'000 habitants, il est proportionnellement réalisable (1,4 pour cent). Cela représente environ 83 signatures par jour. À Berne, Thoune, Bienne, Berthoud et Langenthal, la collecte peut se faire efficacement. Une organisation de collecte professionnelle est décisive dès le premier jour (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone urbaine).

5. Sur le texte de l'initiative

Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale à cet égard est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément l'organisation de l'activité cynégétique aux cantons (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse de la Suisse – chasse à patente, chasse à bail et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 en conformité avec le droit fédéral. Contrairement aux cantons à chasse à bail, Berne n'a pas besoin de résilier des contrats d'affermage de chasse ni d'indemniser des communes : les patentes existantes s'éteignent et les taxes déjà payées sont remboursées au prorata.

Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage

À la place des chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage formés professionnellement au service cantonal assument toutes les tâches de protection de la faune sauvage et, si nécessaire, de régulation des effectifs. Ces spécialistes disposent d'une formation biologique ou éco-cynégétique plus complète et agissent sur une base scientifique et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio

L'innovation centrale par rapport au système actuel : l'abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus annuellement en moyenne par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et pour préserver la stabilité sociale des hardes.

Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois de la commission constitutionnelle de la faune. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature ont un droit de regard sur les décisions de régulation et empêche que le gouvernement autorise des exceptions de manière autonome et sous la pression de groupes d'intérêts. L'intégration de la science garantit que les décisions sont prises sur la base de preuves et ne reposent pas sur les mythes cynégétiques idéologiques avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.

Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence

Cet alinéa ancre dans la Constitution la vision directrice de la protection professionnelle de la faune sauvage. La promotion de la coexistence comprend notamment à Berne la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long de l'Aar et de l'Emme, la revalorisation écologique des paysages alluviaux du Seeland et de l'Emmental, la forêt de protection dans l'Oberland bernois et la sensibilisation de la population au comportement face à la faune sauvage (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone urbaine).

Deuxième article : Protection des espèces menacées

Le deuxième article sur la protection des espèces protégées est particulièrement pertinent pour Berne. Le loup est présent dans l'Oberland et le Simmental. Le lynx est indigène dans le Jura bernois et les Préalpes. Le castor colonise l'Aar et l'Emme. L'aigle royal niche dans l'Oberland. Les oiseaux d'eau hivernent sur les nombreux lacs. La formulation « notamment » est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège aussi les futurs animaux de retour (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans donne au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, recruter des gestionnaires professionnels de la faune et constituer la commission de la faune. L'inspectorat de la chasse existant du canton de Berne peut servir de base institutionnelle. Le changement de système de la chasse à patente vers la chasse en régie est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse de district : aucun contrat de bail ne doit être résilié et aucune commune indemnisée. Important : le canton de Berne est bilingue. Pour le dépôt, le texte de l'initiative doit être disponible en allemand et en français.

6. Conséquences financières : Budget concret pour Berne

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec 282 km² est environ vingt fois plus petit que le canton de Berne et compte environ 500'000 habitants, les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an.

Extrapolation conservative pour Berne

Pour Berne avec 5'959 km² de superficie et environ 1'050'000 habitants, l'estimation de coûts suivante, délibérément conservative, en résulte. Celle-ci calcule généreusement et tient compte de la topographie alpine de l'Oberland bernois, du développement de la protection des troupeaux et de la gestion transitoire du cerf élaphe :

Coûts de personnel : 1'800'000 à 3'080'000 francs par an. 15 à 22 postes à plein temps sont nécessaires. Berne est vingt fois plus grand que Genève et topographiquement extrêmement diversifié : du Plateau (Seeland, Emmental) aux Préalpes (Gantrisch, Simmental) jusqu'à la haute montagne (Oberland bernois, Jungfrau-Aletsch). Alors que le Plateau est directement comparable à Genève, l'Oberland bernois nécessite des spécialistes avec une expérience alpine. Le loup est documenté dans l'Oberland bernois. S'y ajoute la gestion transitoire du cerf élaphe.

Coûts matériels : 350'000 à 600'000 francs par an. Équipement, véhicules, infrastructure de monitoring, matériel de protection des troupeaux, mesures de protection constructives et travail de communication publique en deux langues (allemand et français pour le Jura bernois).

Indemnisation des dommages : 200'000 à 400'000 francs par an. Dommages de sangliers dans l'agriculture, dommages d'abroutissement en forêt, dommages de castors aux cours d'eau et éventuels dommages de prédation par le loup.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 600'000 à 1'000'000 de francs. Dans les trois à cinq premières années après le changement de système, un investissement initial unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour l'Oberland bernois et le Simmental est nécessaire : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit, formation de bergers. Cet investissement n'est pas récurrent et sera amorti sur trois à cinq ans. Dans le Plateau (Seeland, Emmental), ces coûts ne sont pas nécessaires.

Coûts totaux : 2'350'000 à 4'080'000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2,25 à 3,90 francs par habitant et par an.

Gestion transitoire du cerf élaphe

Le cerf élaphe est présent en grands effectifs dans l'Oberland bernois. La reproduction compensatoire – le taux de reproduction artificiellement élevé par la pression de chasse – empêche une réduction durable des effectifs. La littérature scientifique documente clairement cet effet : une forte pression de chasse conduit à une maturité sexuelle précoce, des portées plus importantes et un taux de survie plus élevé des jeunes. Après la suppression de la pression de chasse, le taux de reproduction se normalise dans les trois à cinq ans. Cette gestion transitoire est déjà incluse dans les effectifs de postes plus élevés (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et contre-financement

À cela s'opposent des économies considérables : Le canton n'a plus besoin d'organiser d'examens de chasse, de délivrer et gérer des permis, d'établir de planification des tirs et d'organiser de surveillance de la chasse. Berne a l'une des plus importantes corporations de chasseurs de loisir de Suisse – les coûts administratifs sont proportionnellement élevés. S'y ajoutent les coûts des abattages de loups : un seul loup tué inutilement coûte au public environ 35’000 francs (interventions d'hélicoptères, coordination, procédures juridiques).

Recettes supprimées

Avec l'abolition de la chasse de loisir, les taxes de permis d'environ 1,5 à 2,5 millions de francs par an disparaissent. Face à cela s'opposent cependant les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse milicienne – accidents avec le gibier, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans les forêts protectrices, charge administrative, interventions de police et de tribunaux –, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes manquent depuis 1974 – sans problèmes financiers : avant l'interdiction de chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps font le même travail en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques par des garde-chasse professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatoire basée sur le charabia des chasseurs ou sur une « expérience de la nature » mal comprise des chasseurs de loisir. Un calcul des coûts complets montre : la chasse milicienne coûte au contribuable nettement plus qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait co-élaborée a échoué dans les urnes (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association tessinoise des chasseurs a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir au parlement ont fait de la politique majoritairement contre les préoccupations environnementales. Qui prétend que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association tessinoise des chasseurs : 30 ans d'absurdités et Dossier coûts).

Les surcoûts nets devraient se situer entre 1’200’000 et 2’800’000 francs par an, ce qui correspond à environ 1,15 à 2,65 francs par habitant. Même calculé généreusement : c'est moins qu'un café par personne et par an. Pour un canton avec un budget total d'environ 13,7 milliards de francs (comptes de l'État 2024, AFF), cela représente moins de 0,03 pour cent – une fraction d'une fraction (cf. Vérification des mythes de chasse sur wildbeimwild.com).

7. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : Abolition de la chasse de loisir

L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons la réglementation du droit de chasse, du système de chasse, du territoire de chasse et de la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse régie depuis 1974 et n'a jamais essuyé de critique du droit fédéral en plus de 50 ans.

Deuxième article : Protection des espèces protégées

L'art. 7a LChP permet aux cantons la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Renoncer à cette possibilité ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.

Unité de la matière

L'initiative respecte l'unité de la matière, car toutes les dispositions des deux articles se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux sauvages.

8. Anticipation d'objections prévisibles

«Berne est vingt fois plus grand que Genève et a des Alpes – le système ne fonctionne pas ici»

Les faits : Une plus grande surface nécessite plus de spécialistes (15–18 au lieu de 2–3 postes à plein temps). Mais les coûts par habitant restent entre 1,15 et 2,10 francs, car la population de plus d'un million prend en charge les coûts. Le terrain alpin de l'Oberland bernois est topographiquement plus exigeant, mais moins densément peuplé : il y a moins de zones de conflit entre l'homme et la faune sauvage. Dans le Mittelland (Seeland, Emmental, Oberaargau), la situation est directement comparable à Genève. Le canton réunit tous les types de paysages, ce qui en fait le cas de test ultime : si cela fonctionne ici, cela fonctionne partout (cf. la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne).

Formule communicative courte : « Berne compte un million d'habitants. Les coûts par habitant sont inférieurs au niveau genevois. Et dans l'Oberland, où peu de personnes rencontrent beaucoup de nature, il y a moins de conflits, pas plus. »

« Le loup a besoin de la chasse de loisir »

Les faits : C'est exactement l'inverse. Le loup est un régulateur naturel qui contrôle la population de chevreuils et réduit la pression d'abroutissement dans les forêts de protection. La chasse de loisir perturbe les mécanismes de régulation naturels en détruisant les structures sociales et en augmentant artificiellement les taux de reproduction. La gestion professionnelle de la faune permet au loup d'exercer sa fonction écologique tout en protégeant les troupeaux de bétail par une prévention professionnelle.

Formule communicative courte : « Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. »

« 15'000 signatures, c'est trop »

Les faits : 15'000 signatures pour 1'040'000 habitants représentent 1,4 pourcent de la population. En 6 mois, cela fait environ 83 signatures par jour. À Berne, Thoune, Bienne, Berthoud et Langenthal, on peut collecter efficacement. Le mouvement de protection des animaux a montré par le passé qu'il peut surmonter ces obstacles. Une organisation professionnelle de collecte est décisive.

Formule communicative courte : « 83 signatures par jour. Dans un canton de plus d'un million d'habitants. Faisable. »

9. Résumé

Cette initiative donne à la population bernoise la possibilité de se prononcer pour une gestion moderne et fondée sur les preuves de la faune sauvage et une protection complète des espèces sauvages menacées. Le premier article suit le modèle genevois qui a fait ses preuves depuis plus de 50 ans et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune. Le deuxième article protège en particulier le loup dans l'Oberland, le lynx dans le Jura bernois, le castor sur l'Aar et l'Emme et l'aigle royal. En tant que plus grand canton de chasse à patente de Suisse, un succès à Berne aurait un effet de signal qui dépasserait largement le canton. La politique du loup, l'effet de capitale fédérale et le bilinguisme font de Berne un canton stratégiquement central pour l'extension du modèle genevois.

Le résultat serait un canton de Berne où les animaux sauvages ne sont ni des cibles pour les chasseurs de loisir ni des victimes d'une politique d'abattage politiquement motivée, mais sont protégés professionnellement comme partie intégrante d'une nature vivante – pour le bien des animaux et de l'ensemble de la population.

Comité d'initiative « Pour une protection professionnelle de la faune »

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton de Berne)

Adresse de contact : [Adresse du comité]

Annexe : Documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants soutiennent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :

Modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation complète de la gestion genevoise de la faune depuis 1974 avec les coûts, les effectifs et l'évolution de la biodiversité.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien – Collection d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations d'animaux sauvages et sur les impacts écologiques de la chasse de loisir.

La chasse en Suisse – Critique, faits, actualités : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz – Aperçu continuellement actualisé de la politique cynégétique suisse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne : wildbeimwild.com – Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de BE – Analyse cantonale de la psychologie derrière la chasse de loisir.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Articles transversaux sur la psychologie de la chasse de loisir.

Dossier loup : wildbeimwild.com/category/wolf – Développements actuels de la politique du loup en Suisse.

Prédateurs : wildbeimwild.com/category/raubtiere – Informations sur le loup, le lynx, l'ours et autres prédateurs en Suisse.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/category/wildtiere-im-siedlungsgebiet – Contexte sur la coexistence entre l'homme et la faune sauvage.

Mythes cynégétiques : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits concernant les affirmations les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.

Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville – Le modèle pour l'ensemble de la série d'initiatives.

Remarque sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative en allemand et en français à la chancellerie d'État du canton de Berne pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. 15'000 signatures valables sont nécessaires pour l'aboutissement de l'initiative. Le délai de récolte est de 6 mois dès la publication dans la feuille officielle. Les modalités de dépôt se conforment à la loi cantonale sur les droits politiques (LDP).

Briefing stratégique pour militantes et militants

Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune » – Canton de Berne Document de travail interne – État mars 2026

Résumé

Berne est le plus grand canton à chasse au permis de Suisse et stratégiquement l'un des cantons les plus importants de toute la série d'initiatives. L'effet capitale fédérale, la politique du loup dans l'Oberland, le bilinguisme comme pont entre la Romandie et la Suisse alémanique et les coûts par habitant inférieurs au niveau genevois rendent Berne unique. Les 15'000 signatures en 6 mois constituent l'obstacle le plus élevé de la série, mais avec plus d'un million d'habitants, c'est proportionnellement faisable (1,4 pour cent, 83 par jour). Le changement de système de la chasse au permis est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse affermée. Un succès à Berne aurait un effet de signal qui dépasse largement le canton.

1. Pourquoi justement Berne ?

Plus grand canton à chasse au permis. Effet de signal pour toute la Suisse. Si cela fonctionne à Berne, cela fonctionne partout.

Effet capitale fédérale. Une initiative à Berne influence directement le débat de politique fédérale. Le Palais fédéral se trouve à Berne.

Politique du loup comme thème de mobilisation. Plusieurs meutes dans l'Oberland bernois et le Simmental. Le paragraphe protection des espèces rend l'initiative attractive pour les associations de protection de la nature.

Bilinguisme comme pont. Relie le débat suisse alémanique et suisse romand. Dans le Jura bernois, Genève est culturellement proche.

Chasse au permis = changement de système simple. Pas de contrats d'affermage, pas d'indemnisation communale.

Coûts par habitant inférieurs au niveau genevois. 1,15 à 2,10 francs. La grande population de plus d'un million répartit les coûts.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment

Titre positif. « Pour une protection professionnelle de la faune » au lieu de « Gardes-faune au lieu de chasseurs ».

Calcul budgétaire concret. 1,15 à 2,65 francs par habitant. Sous le niveau genevois. Les 20 millions zurichois étaient une invention.

Sécuriser le soutien des partis précocement. Intégrer tôt le PS, les Verts, le PVL. À Berne existe une base gauche-verte plus forte que dans beaucoup d'autres cantons.

Protection des espèces comme élargissement de coalition. Loup, lynx, castor, aigle royal : le deuxième article mobilise les associations de protection de la nature.

Campagne bilingue. Matériel en allemand et français dès le début. Dans le Jura bernois et à Biel/Bienne, l'expérience genevoise est culturellement directement accessible.

3. Défis particuliers

15'000 signatures en 6 mois. L'obstacle le plus élevé de la série. 83 signatures par jour. Nécessite une organisation de récolte professionnelle dès le premier jour.

Canton alpin. Le Haut-Pays bernois est fortement marqué par la culture cynégétique. La campagne doit travailler en ville avec l'argument éthique et à la campagne avec l'utilité pour l'agriculture et la forêt protectrice.

Plus de 3'000 chasseurs de loisir. Le plus grand nombre de chasseurs de loisir de tous les cantons à patente de chasse. Mais : 3'000 sur 1'040'000 habitants représentent 0,3 pour cent.

4. Analyse des opposants et réponses préparées

Contre-argument 1 : « Berne est trop grand et trop alpin »

Les faits : Surface plus grande, mais aussi population plus grande. Coûts par habitant inférieurs au niveau genevois. Dans l'Oberland : moins de personnes, moins de conflits. Dans le Mittelland : même paysage qu'à Genève.

Formule communicative courte : « Berne compte un million d'habitants. Les coûts par habitant sont inférieurs au niveau genevois. Et dans l'Oberland, il y a moins de conflits, pas plus. »

Contre-argument 2 : « Le loup a besoin de la chasse de loisir »

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.

Formule communicative courte : « Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. »

Contre-argument 3 : « 15'000 signatures sont irréalistes »

Les faits : 1,4 pour cent de la population. 83 par jour. Collecte efficace possible dans cinq villes. Organisation professionnelle déterminante.

Formule communicative courte : « 83 signatures par jour. Dans un canton de plus d'un million d'habitants. Faisable. »

5. Stratégie de communication : les trois messages centraux

« Genève le fait depuis 50 ans. Ce qui fonctionne là-bas fonctionne aussi ici. » / « Genève le fait depuis 50 ans. Ce qui fonctionne là-bas fonctionne aussi ici. »

« Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. La gestion professionnelle de la faune sauvage est la réponse. » / « Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. »

« Moins de 2,10 francs par personne et par an. Moins qu'à Genève. » / « Moins de 2,10 francs par personne et par an. »

6. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuDélai
Formation du comité & examen préalable du texteConsulter juriste ; traduction en français ; membres du comité selon droit cantonal avec domicile BEMois 1–4
Dépôt pour examen préalableChancellerie d'État de Berne (texte allemand et français)Mois 4–5
Publication & début de collecteDélai de 6 mois ; objectif : 18'000+ signatures comme tampon ; organisation professionnelle de collecte dès le premier jourMois 5
Contacts avec les partis & construction de coalitionPS, Verts, PVL, PEV ; Pro Natura Berne ; BirdLife Berne ; WWF Berne ; politique du loup comme thème de coalitionMois 1–10
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleMois 11–13
Débat au Grand ConseilAncrage parlementaire ; intensifier le travail médiatiqueMois 14–22
Campagne de votationMobilisation finale, argument du loup, effet capitale fédérale, campagne bilingueMois 22–28

7. Matériel de campagne

  • Le dossier Genève sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
  • La Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne comme matériel de fond.
  • Médias locaux : Berner Zeitung, Der Bund, Berner Oberländer, Thuner Tagblatt, Journal du Jura, Bieler Tagblatt, TeleBern, Radio Bern1.
  • Infographie : loup comme régulateur naturel dans l'Oberland, lynx dans le Jura bernois, effet capitale fédérale comme élément visuel. Comparaison des coûts BE vs. GE.
  • Matériels en français pour le Jura bernois et Bienne dès le début.

8. Sources complémentaires

Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par les activistes, organisations ou comités d'initiative et adapté aux conditions du canton de Berne.

Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir

La brochure «La chasse en Suisse protège et sert» de JagdSchweiz se lit comme un prospectus publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix narratifs à l'épreuve, de «mission étatique» à «biodiversité» en passant par «80 % d'approbation» : Dossier : Vérification des faits de la brochure JagdSchweiz →