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Droits des animaux

Un autre loup braconné en Valais

Le 7 mars 2016, un pêcheur a découvert la carcasse d'un animal sur les rives du Rhône, à l'ouest de Rarogne.

Rédaction Wild beim Wild — 12 mars 2016

Il a ensuite informé le garde-chasse compétent de sa découverte.

L'animal retrouvé est un loup mâle de 34,5 kilogrammes. L'animal était connu des autorités. Une analyse ADN a révélé qu'il s'agissait du loup mâle M63.

Ce loup avait été observé au cours de l'hiver dernier aussi bien à Visperterminen que dans la région de Brigerberg.

La carcasse a été remise à l'institut pathologique de l'Université de Berne pour un examen approfondi et pour déterminer la cause du décès. Il est désormais établi que le loup est mort des suites d'une blessure par balle. Le moment du décès ne peut pas être déterminé avec certitude, mais eu égard à l'état de l'animal, il remonte probablement à un certain temps déjà.

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune sauvage a déposé une plainte pénale contre inconnu auprès du Ministère public du Valais.

Si le braconnier est identifié, il risque une peine maximale de 20’000 francs ou un an de prison. L'affaire devrait être jugée par un tribunal.

Un affût comme scène de crime ?

Selon nos informations, l'animal aurait été abattu avec des munitions similaires à celles utilisées pour la chasse à l'approche du renard, qui se termine en Valais le 15 février. Cela nourrit bien entendu la thèse selon laquelle le loup abattu l'aurait été par un chasseur de loisir sur un affût. L'animal pourrait également avoir été tué sans intention délibérée, comme cela s'est déjà produit dans le canton des Grisons.

Mais le loup compte bien entendu aussi des adversaires dans les rangs des détenteurs d'animaux de rente en Valais. La balle fatale pourrait donc tout aussi bien provenir de ces milieux, qui disposent eux aussi des armes permettant d'abattre un loup.

Si l'auteur des faits n'a pas fait disparaître la carcasse sous terre sur les lieux du crime, mais l'a jetée dans le Rhône, cela tient probablement au fait qu'il n'a pas pu enterrer le loup mort dans le sol gelé et a donc dû faire disparaître l'animal de l'endroit où il avait tiré.

Avant l'incident de Rarogne et depuis le retour du prédateur en Suisse en 1995, selon KORA, le programme fédéral de monitoring des prédateurs, 15 loups morts ont été retrouvés en Suisse jusqu'à ce jour. Huit d'entre eux ont été abattus avec une autorisation (VS 7, GR 1), deux ont été braconnés (Reckingen 1998 1, GR 1) et un loup a été abattu par erreur (GR 1). Trois autres loups ont été renversés par un train (un chacun dans BE, ZH et TI), et un loup aurait été écrasé par un chasse-neige en 1999 dans la région du Simplon.

L'abattage autorisé repose sur la base juridique du concept loup Suisse. Celui-ci prévoit qu'une autorisation d'abattage peut être délivrée pour des animaux ayant causé un certain nombre de dommages au bétail dans un laps de temps donné.

Un débat émotionnel au Conseil des États

Mercredi dernier, le Conseil des États s'était prononcé contre la chasse au loup. Il a clairement rejeté — par 26 voix contre 17 — une motion de l'ancien conseiller aux États valaisan René Imoberdorf (PDC). La chasse au loup est ainsi écartée. Le Conseil des États a également dit non à une initiative cantonale du canton du Valais portant sur le même objet.

Le débat à la chambre haute a été très émotionnel. Si les deux chambres du Parlement avaient approuvé la motion, la protection du loup aurait été levée. La Suisse aurait dû dénoncer la Convention de Berne, le traité de droit international sur la protection des espèces. Pour les opposants, ne serait-ce que pour cette raison, il était hors de question d'ouvrir la chasse au loup aux chasseurs de loisir.

Les importations de viande ovine et la production en Suisse s'élèvent à 11’500 tonnes par an. Avec un poids d'abattage moyen d'un mouton d'environ 20 kilogrammes, on arrive à 575’000 moutons et agneaux abattus par an. Les 200 à 300 moutons que le loup prélève, généralement dans des troupeaux non protégés, paraissent bien modestes en comparaison. C'est moins de 0,1 pour mille. La consommation par habitant de viande ovine en Suisse est de 1,4 kilogramme, et le loup ne prélève qu'environ 1 gramme de viande de mouton.

Quatre loups dans le canton

Dans le cadre d'un monitoring hivernal du Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF), quatre loups distincts ont été identifiés en Valais, dont deux loups jusqu'alors inconnus (M63 et M64). Ce monitoring révèle qu'un couple de loups est présent dans la région de l'Augstbord, utilisant régulièrement l'espace entre Zeneggen et Agarn comme territoire de déplacement. Le SCPF considère dès lors comme probable que la formation d'une meute aura lieu dans cette région au cours de l'année.

L'hiver se prête parfaitement au monitoring des prédateurs, car les traces dans la neige peuvent être facilement détectées et suivies. Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF) effectue donc durant les mois d'hiver un monitoring des traces dans différentes régions du canton. Le service conduit ces monitorings sur la base des mandats contenus dans la législation fédérale et cantonale.

En raison de la présence de plusieurs loups dans la région de l'Augstbord durant l'été dernier jusqu'à l'automne avancé, le monitoring a été complété pour cette région par des pièges photographiques individuels. Lors du contrôle de ces pièges, les gardes-faune recherchent des traces de prédateurs sur des itinéraires définis et trouvent généralement aussi du matériel d'échantillonnage pour la réalisation d'analyses ADN (urine, excréments, poils, etc.).

Le monitoring entamé en fin d'année révèle désormais que plusieurs loups séjournent dans notre canton :

  • Dans la région de Brigue, puis dans le secteur du Simplon, un loup jusqu'alors inconnu (M63) a été détecté.
  • L'analyse d'un échantillon envoyé depuis la région de Törbel indique le loup déjà connu (M59), qui avait été impliqué dans les attaques survenues là-bas l'été dernier.
  • Dans la région de l'Augstbord, il a été constaté que deux animaux se déplacent ensemble. Ceux-ci utilisent l'espace allant du fond de la vallée jusqu'à la limite supérieure de la forêt. Diverses photos et analyses ADN confirment qu'il s'agit de la louve (F14) et du loup (M59). Ils ont été photographiés aux alentours de Zeneggen et dans le secteur d'Agarn-Asp-Oberems. Un autre loup jusqu'alors non identifié a été détecté dans la région d'Oberems.
  • Dans le Lötschental, plusieurs attaques sur du cerf élaphe et du chevreuil confirment la présence du loup. Le 26 février, les gardes-faune ont constaté la présence simultanée de loups dans le Lötschental et dans le secteur d'Oberems. Il s'agit donc d'animaux différents dans les deux zones.
  • Dans le Val d'Hérens, quelques chamois retrouvés tués indiquent également le loup comme responsable. La mise à mort d'une chevrette le 28 février dans le Vallon de Réchy confirme la présence du loup dans la région.
  • Dans le Val d'Entremont, une attaque sur du cerf a signalé la présence du loup. Le loup a été photographié par un particulier et sa présence a été confirmée par des traces relevées par des gardes-chasse. L'analyse ADN a révélé un loup mâle jusqu'alors inconnu, désigné sous le nom de M64.

Sur la base des observations et des constats effectués au cours de l'hiver, il est ainsi établi qu'un couple de loups évolue dans la région d'Augstbord, utilisant régulièrement l'espace entre Zeneggen et Agarn comme territoire de déplacement. Le SRFJ considère dès lors comme probable que la formation d'une meute se produira dans ce secteur au cours de l'année. Les organes de surveillance de la chasse suivront l'évolution de la situation afin que le SRFJ puisse informer en temps utile et de manière circonstanciée les milieux concernés.

Le monitoring sera désormais effectué dans le cadre habituel. Les milieux concernés, notamment l'agriculture, seront informés en continu. Cela permettra à l'agriculture de planifier et de mettre en œuvre les mesures nécessaires, en particulier dans le domaine de la protection des troupeaux.

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