Lettre de menace et vandalisme : critiques de la chasse en Haute-Autriche
Un agriculteur bio de Gramastetten, en Haute-Autriche, découvre en mai les cimes de jeunes arbres fruitiers sectionnées. Des semaines plus tard, dans la nuit de la Fête-Dieu, quelqu'un frappe à nouveau : incisions dans l'écorce, annélation, destruction ciblée d'arbres. Selon l'ORF, sur environ 100 arbres fruitiers, 49 sont déjà endommagés ou détruits. Le préjudice est « insidieux », car les pertes de récolte ne seront pleinement visibles que plus tard, et il pourrait selon l'ORF s'élever à un montant à cinq chiffres.
Puis vient l'escalade qui transforme le vandalisme en intimidation : le « Kronen Zeitung » rapporte qu'une lettre anonyme menacerait même de « mettre le feu » à la maison de l'agriculteur.
Et la phrase qui reste en mémoire : il faudrait « laisser les chasseurs tranquilles ».
Début décembre 2025, le Krone rapporte également deux traces ADN qui, selon le journal, orienteraient les soupçons vers des chasseurs de loisir comme auteurs potentiels.
Important : un soupçon n'est pas une condamnation. Mais c'est suffisant pour ne plus laisser passer le programme d'esquive habituel de la communauté cynégétique.
Ce qui s'est passé ici n'est pas « un petit dommage matériel ».
L'annélation n'est pas une « farce ». L'annélation est une méthode visant à faire mourir un arbre en interrompant la circulation de la sève. C'est exactement ainsi que le décrit l'agriculteur bio dans le reportage de l'ORF.
Et les vergers de prairie ne sont pas une carte postale romantique, mais de l'agriculture, de la biodiversité, de la création de valeur régionale. Qui scie des arbres fruitiers, scie des récoltes, des revenus et des habitats. L'ORF cite concrètement des pommiers, des cerisiers et des pruniers, ainsi que des arbres plus anciens parmi ceux qui ont été endommagés.
La ligne décisive n'est pas « ADN », mais « Laissez les chasseurs tranquilles ».
La lettre de menace est le moment où la chasse de loisir peut se révéler comme une question de pouvoir local. Non pas comme une association de protection de la nature, non pas comme la «gestion du gibier», mais comme une mise en scène d'intimidation. Celui qui écrit ainsi présuppose que «les chasseurs» en tant que groupe représentent quelque chose dont on devrait avoir peur, ou devant lequel il vaut mieux se soumettre.
C'est le point où les associations de chasse ne peuvent plus s'en tirer avec la posture habituelle «Nous condamnons cela». Condamner est facile. Ce qui est décisif, c'est de savoir si l'on dispose de structures favorisant la clarification plutôt qu'étouffant la critique.
La communication de la chasse dans la réalité : minimiser, attendre, réinterpréter
Lorsque les organisations de chasse sont promptes à parler d'«cas isolé» dans de telles affaires, ce n'est pas un hasard, mais une stratégie :
- Cas isolé signifie : pas de question systémique.
- Cas isolé signifie : circulez, il n'y a rien à voir ici.
- Cas isolé signifie : l'image est plus importante que les victimes.
La «Krone» rapporte en parallèle que l'association de chasse souhaite «attendre» les résultats des enquêtes. Attendre est le minimum. Attendre, c'est aussi ce que dit toute organisation qui cherche avant tout à éviter que quelqu'un pose en interne des questions dérangeantes.
Critique médiatique : la chasse en tant que partie au conflit est volontiers édulcorée
Dans de nombreux reportages, la chasse de loisir est traitée comme la météo : elle est là, un point c'est tout. Pourtant, elle est souvent une partie au conflit, notamment lorsqu'il s'agit de dégâts causés par le gibier, de broutage, de compétences ou de pressions dans le village. Dès lors que des menaces sont proférées, cette même partie au conflit est volontiers réétiquetée dans le récit en «force de l'ordre» qu'il ne faudrait surtout pas critiquer de manière générale.
Le problème n'est pas que les médias rapportent sur la base de soupçons. Le problème, c'est qu'ils énoncent rarement la question du pouvoir : pourquoi le mot «chasseur» fonctionne-t-il comme un mot menaçant dans une lettre d'intimidation ?
Ce qui compte maintenant
- Des enquêtes rigoureuses : sans égard pour les réseaux locaux.
- La transparence : qu'est-ce qui est établi, qu'est-ce qui relève de la spéculation, qu'est-ce qui relève des relations publiques ?
- Une limite claire : quiconque intimide, menace ou sabote n'a pas sa place dans les structures de la chasse — et ce, sans que «jusqu'à la condamnation» serve d'alibi commode.
Quand des arbres fruitiers doivent mourir, ce ne sont pas seulement des arbres qui meurent. C'est la confiance qui meurt. Et quand une lettre de menace utilise «les chasseurs» comme mise en scène d'intimidation tandis que des chasseurs sont simultanément soupçonnés, il ne s'agit plus de romantisme cynégétique, mais de responsabilité, de pouvoir et de peur.
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