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Criminalité & Chasse

La chasse de loisir : un puits sans fond d'énergie criminelle

Par le biais de son organe de presse écrite et publication officielle de l'association Jagd Schweiz, le «Schweizer Jäger», une glorification ou une banalisation de la violence est exprimée avec une régularité accablante, tant en images qu'en texte, et le caractère cruel et inhumain de certains actes est représenté de manière blessante. Par ailleurs, selon les valeurs éthiques fondamentales de notre société, il n'est pas acceptable de torturer et d'abattre des animaux pour le plaisir, ni de proposer de tels actes à cette fin.

Rédaction Wild beim Wild — 9 décembre 2017

L'IG Wild beim Wild rédige en termes clairs un bref aperçu des dérives de la chasse survenues ces dernières semaines en Suisse alémanique.

En février 2015, le Grand Conseil des Grisons a déclaré l'initiative sur la chasse spéciale irrecevable. Lors des débats au parlement, des informations importantes lui avaient toutefois été dissimulées. Le conseiller d'État Mario Cavigelli (PDC) n'avait en effet pas rendu public le fait que l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) à Berne avait conclu que l'initiative ne contrevenait PAS au droit supérieur. Cela n'était devenu public que récemment.

La chasse spéciale constitue un problème pour la population des Grisons, car elle engendre une barbarie et une cruauté envers les animaux indicibles. À ce sujet, une deuxième initiative populaire plus vertueuse, portée par des défenseurs des animaux, est d'ailleurs en cours. Celle-ci est cependant sabotée de manière inqualifiable par les mêmes milieux, afin qu'il ne soit pas possible de soumettre la question à une votation populaire.

Le conseiller d'État Mario Cavigelli savait depuis le 5 janvier 2015, grâce à un courrier de l'OFEV — donc avant l'examen de l'initiative par le Grand Conseil lors de la session de février 2015 — que l'initiative n'était pas contraire au droit fédéral.Il a délibérément induit en erreur les 120 membres du Grand Conseil ainsi que l'ensemble de la population grisonne,écrit le comité d'initiative.

Et, dans un e-mail de Mario Cavigelli à l'OFEV du 19 décembre 2014, il est écrit : « Je pars du principe que l'OFEV, après examen attentif du message du Conseil d'État et des deux expertises correspondantes, pourra se rallier à la position du gouvernement. Dans le cas contraire, un échange de vues entre l'OFEV et le canton des Grisons devra avoir lieu avant l'examen de l'initiative de chasse spéciale lors de la session de février 2015 du parlement cantonal. Il importe en particulier d'éviter que l'OFEV et le canton communiquent des positions divergentes quant à la validité de l'initiative de chasse spéciale. »

«J'aurais dû soumettre le courrier de la commission du Grand Conseil«, s'excuse Cavigelli sous pression lors de l'heure des questions du parlement, durant la session de décembre 2017, en réponse à une intervention du député UDC Jan Koch. Mario Cavigelli risquait de faire face à une embarrassante Commission parlementaire d'enquête (CPE).

Si l'OFEV avait décidé dans le sens souhaité par Cavigelli et son chef de département, ce rapport de l'OFEV aurait certainement été immédiatement diffusé dans tous les médias et ne serait pas resté dans un tiroir.

L'OFEV constate également que le renouvellement naturel des forêts ne peut en principe jamais être atteint uniquement par une « chasse suffisante ».

Le Tribunal fédéral a de plus décidé début du mois par 5 voix contre 0 que la première initiative de chasse spéciale des chasseurs amateurs est valide et doit donc être soumise au peuple. Cavigelli s'y est opposé avec son arrogance habituelle «mentalité chasseurs-amateurs du style bonnet blanc et blanc bonnet», sans succès non plus. Il a ensuite qualifié les juges fédéraux de Lausanne dans une interview télévisée pratiquement de juges bureaucrates incompétents.

Par ailleurs, deux expertises juridiques ont déjà souligné que l'initiative de chasse spéciale n'est pas « manifestement » contraire au droit fédéral.

L'IG Wild beim Wild a déposé une plainte pénale afin de traiter juridiquement ces manipulations.

Pendant ce temps, en Valais

En mars 2016, sur la rive du Rhône sur le territoire de la commune de Rarogne, gisait la carcasse très décomposée d'un animal. Il s'agissait d'un loup (Wild beim Wild en avait informé).

Comme des investigations ultérieures l'ont démontré, l'animal sauvage avait été abattu par balle.

Le Ministère public du canton du Valais avait par la suite ouvert une procédure d'instruction, laquelle est désormais close.

Hans Schliecker

Il a maintenant déposé, sur cette base, un acte d'accusation auprès du Tribunal de district de Brigue contre une personne résidant dans la région, comme il l'a annoncé le 7.12.2017. Il s'agit de H. S. (68 ans) de Ried-Brigue VS.

Pour la première fois en Suisse, un présumé braconnier de loup doit répondre de ses actes devant un tribunal.

La police a pu le retrouver grâce à un appel téléphonique anonyme. La perquisition qui s'en est suivie a permis aux enquêteurs de mettre la main sur les preuves qui ont conduit à l'acte d'accusation.

Selon l'acte d'accusation du Ministère public du Haut-Valais, le prévenu est un «chasseur amateur extrêmement passionné et très expérimenté», qui a obtenu le permis de chasse à 32 reprises dans le canton du Valais. En plus d'un site d'appât et d'un chalet de chasse, l'homme disposait d'un équipement de chasse bien au-dessus de la moyenne, particulièrement complet.

Outre diverses armes de chasse et accessoires, il utilisait également des équipements pour la chasse de nuit, tels que des lunettes de vision nocturne, un viseur laser, des détecteurs de mouvement automatiques ainsi que plusieurs caméras infrarouges avec carte SIM intégrée. Il aurait pratiqué la chasse avec une telle passion «qu'il ne dormait presque plus la nuit durant la saison de chasse valaisanne».

Cela l'a amené, ces dernières années, à abattre illégalement des animaux à plusieurs reprises pendant la nuit. Il utilisait à cette fin des «armes de braconnier» pouvant être démontées et facilement dissimulées dans un sac à dos ou sous un manteau.La liste des infractions aux lois sur la chasse, sur la protection des animaux et sur les armes qui lui sont reprochées est en conséquence particulièrement longue.

Durant les 14 jours de détention provisoire à l'automne 2016, de nombreuses autres infractions aux lois sur la chasse, sur la protection des animaux et sur les armes ont pu être établies contre l'homme, en plus du tir illégal sur le loup. Ainsi, à Termen en octobre 2015, lors de la petite chasse, il avait abattu un sanglier en l'attirant illégalement avec des appâts. Il l'avait tué de nuit à l'aide d'une arme modifiée illégalement en pistolet muni d'un silencieux. Les munitions utilisées sont interdites lors de la petite chasse. Pour dissimuler ce tir nocturne, il avait ensuite tiré à nouveau sur la carcasse avec un fusil autorisé et avait déclaré l'animal en bonne et due forme au garde-chasse. Un abattage illégal d'un cerf a également pu être prouvé à l'encontre de l'homme.

L'acte d'accusation reproche en outre à l'homme d'avoir utilisé des auxiliaires prohibés lors de la chasse, notamment de nuit. Ainsi, le chasseur a eu recours à des caméras de surveillance de la faune pendant la chasse d'automne, à des détecteurs de mouvement, des dispositifs de vision nocturne, des caméras infrarouges et des viseurs laser afin d'abattre illégalement des animaux sauvages de nuit. Par ailleurs, il attirait le grand gibier à l'aide de pierres à lécher. L'utilisation d'appelants est interdite pendant la chasse, à l'exception de la chasse à la passée du renard.

Il a finalement pu être établi que l'homme avait, pendant de nombreuses années, importé en Suisse depuis l'Allemagne ou exporté vers l'Allemagne de nombreuses armes, pièces détachées et accessoires d'armes.L'accusé ne disposait d'aucune des autorisations requises pour l'ensemble de ces importations et exportations. Ces infractions sont toutefois prescrites et ne font pas l'objet de l'acte d'accusation.

L'affaire sera jugée au printemps prochain par le tribunal de district de Brigue. Pour la seule condamnation pour braconnage de loup, l'accusé, déjà condamné antérieurement, encourt une amende pouvant aller jusqu'à 20 000 francs ou une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an.

Ce n'est pas le premier cas de ce type en Valais. En février dernier, une louve avait été braconnée dans le Val d'Anniviers. Dans ce cas également, le Ministère public valaisan avait ouvert une enquête. Le parquet soupçonne un ancien fonctionnaire de 73 ans originaire de Vissoie.

Canton de Zurich

Le directeur cantonal des travaux publics zurichois et chasseur amateur Markus Kägi (UDC) rédige en novembre au sein de son département un rapport aventureux et non scientifique concernant l'initiative populaire «Gardiens de la faune plutôt que chasseurs».

Markus Kägi est à cet égard extrêmement partial. Une telle partialité est absolument indigne d'une démocratie progressiste. Il est tout à fait incompréhensible que le Conseil d'État dans son ensemble laisse le directeur des travaux publics agir à sa guise et ne lui retire pas ce dossier.

Canton d'Argovie

M. Jacomella Sergio fait partie des meneurs, aux côtés des affabulateurs de la Fédération Chasse Suisse, qui tentent de faire disparaître de la scène l'IG Wild beim Wild au moyen de plaintes arbitraires et contradictoires, ou de la réduire au silence.Cela est communiqué de manière suffisamment claire dans un e-mail adressé aux membres du comité directeur. L'association militante Jagd Zürich se love désormais elle aussi dans le lit défait de cette alliance impie.

Au lieu de chercher une aide professionnelle, les chasseurs amateurs préfèrent projeter leurs troubles psychopathiques sur autrui. Cela a notamment valu au chasseur amateur Jacomella Sergio une inscription au casier judiciaire.

Jacomella Sergio

Il est évident que ces chasseurs amateurs ne sont ni bien formés ni dotés d'une hygiène morale saine.

Dans le domaine de la chasse et des chasseurs amateurs en particulier, il est essentiel que la population regarde de très près. Nulle part ailleurs on ne manipule autant avec des contrevérités et des fake news.La violence et le mensonge sont les deux faces d'une même pièce.Depuis des décennies, la chasse de loisir n'est rien d'autre qu'un chantier permanent et coûteux, un patchwork et une source de conflits pour la politique, la sylviculture et l'agriculture, les administrations, la justice, les caisses maladie, les assurances, les organisations de protection des animaux, de l'environnement et de la nature, la police, la Confédération, les médias, etc.

Toute autre association affichant autant de d'énergie criminelle aurait depuis longtemps été dans le viseur du Ministère public de la Confédération !

Les infractions pénales actuelles des chasseurs amateurs en Suisse sont répertoriées ici : Lien

Tout cela dans le contexte où :

"Jagd Schweiz sait que les populations d'animaux sauvages se régulent fondamentalement d'elles-mêmes — même dans notre paysage cultivé", écrivait l'organisation faîtière des chasseurs suisses le 29.8.2011.

ou

"La chasse au menu gibier n'est pas nécessaire, mais justifiée. On pourrait aussi se demander s'il est utile de cueillir des baies et des champignons en forêt !" philosophait Robert Brunold, président de l'association cantonale des chasseurs à patente des Grisons, le 6.10.2015.

Les slogans des chasseurs ne sont que poudre aux yeux. Si l'on analyse par exemple la faction des chasseurs dans la politique suisse, on constate rapidement qu'ils s'engagent rarement, voire jamais, pour la nature. En revanche, il apparaît clairement que l'exploitation et l'intérêt personnel sont leurs véritables motivations. Les experts des chasseurs amateurs ne sont la plupart du temps que des représentants d'intérêts d'un lobby égoïste, visant à perpétuer et à embellir une non-culture. Dans le classement environnemental, les chasseurs occupent même la dernière place.

Les animaux sauvages sont, comme nous les humains, des êtres vivants et non des ressources destinées aux comportements préhistoriques des chasseurs. Les animaux sauvages méritent une approche scientifique et non une chasse sectaire. Aujourd'hui, la chasse est majoritairement une fête populaire où des hommes d'affaires et des maltraiteurs d'animaux invitent des partenaires — pour massacrer des animaux.

En droit fédéral, aucun canton suisse n'est tenu de prévoir la chasse. Il appartient aux cantons de décider si la chasse est autorisée ou non. Si un canton décide de s'y opposer, même partiellement, il est libre de le faire en vertu de la Constitution fédérale. Le canton de Genève a depuis longtemps choisi cette voie exemplaire.

En décembre 2017, l'IG Wild beim Wild a déposé une plainte pénale auprès du ministère public de Gossau contre l'association militante Jagd Schweiz, en raison de soupçons de nombreuses infractions pénales.

Plus d'informations dans le dossier : Chasse et protection des animaux

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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