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Animaux sauvages

Des vétérinaires sauvent un milan royal empoisonné

Dans le canton de Vaud, un milan royal a été trouvé aux portes de la mort.

Rédaction Wild beim Wild — 10 février 2016

Les vétérinaires sont convaincus qu'il a été empoisonné par des produits chimiques illégaux.

Les collaborateurs du Centre ornithologique de réadaptation (COR) à Genthod GE ont littéralement lutté contre la mort ces derniers jours. Une résidente d'un camping à La Rippe VD avait découvert un milan royal. Il gisait à terre et attirait déjà l'attention des chats du camping, comme l'écrit «Le Matin». «Lorsque j'ai vu ce bel oiseau qui ne pouvait plus voler, je lui ai parlé doucement et je l'ai caressé», raconte celle qui l'a trouvé. Elle l'aurait ensuite délicatement glissé dans un sac.

Elle a finalement pu remettre l'oiseau, comateux et en proie à des convulsions, aux spécialistes du COR. Là, on n'avait jamais vu de milan royal en 40 ans d'activité, déclare Patrick Jacot, responsable du COR, au journal. Dans un premier temps, on avait cru à une collision avec un véhicule ou une vitre. C'est seulement plus tard que l'on a conclu que l'animal souffrait d'un empoisonnement causé par des pesticides illégaux.

Le milan royal est protégé depuis des décennies

Le milan royal a été placé sous protection en Suisse dès 1925. Cependant, comme il a continué à être abattu jusqu'aux années 1950, il a fallu longtemps avant que la population ne commence à se rétablir. Depuis lors, il s'est à nouveau quelque peu répandu, comme l'indique la Station ornithologique de Sempach. La centaine de couples nicheurs recensés lors du premier comptage en 1969 est passée à environ 1500 paires aujourd'hui. Mais dans d'autres régions d'Europe, la population est toujours en déclin.

«Je lui donnais moins de 50 pour cent de chances de survie»

À la station ornithologique, la première mesure d'urgence a consisté à vider le jabot du milan royal, une sorte de poche dans l'œsophage où la nourriture est stockée. «Le jabot était plein, il avait le diamètre d'une balle de tennis», explique Emilie Bréthaut, vétérinaire au COR. Une sonde a ensuite été utilisée pour administrer un lavement — une intervention qui demande beaucoup de délicatesse. Bréthaut a mis au jour de la boue et des matières végétales dégageant une forte odeur de produits chimiques. «Quand on voit quelque chose comme ça, on se pose des questions sur les fruits et les légumes que nous consommons», confie la vétérinaire.

Après l'intervention d'urgence, le milan royal a été placé sous perfusion. «La situation est restée très critique. Je lui donnais moins de 50 pour cent de chances de survie», dit Bréthaut. Mais dès le lendemain, le rapace semblait déjà un peu plus vaillant. Il a commencé à se nourrir seul, avant de refuser soudainement de manger. «Le milan royal est une espèce très sensible au stress», explique l'experte. C'est pourquoi on a commencé à nourrir le rapace affamé à la pince.

Réhabilitation en volière

Dès que le milan royal sera suffisamment rétabli, il pourra achever sa convalescence dans une volière. Il sera ensuite relâché dans la nature — vraisemblablement bagué et équipé d'un émetteur. La personne qui l'a trouvé s'en réjouit : «Heureusement qu'il a pu être sauvé. On lui devait bien ça, quand on voit tout ce que l'être humain inflige à la nature.»

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