8 septembre 2026, 09:54

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Office religieux avec musique de trompe de chasse à Jonschwil : l'Église ne doit pas valoriser la culture cynégétique

Le dimanche 27 septembre 2026, à 10h00, aura lieu en l'église St-Martin de Jonschwil (SG) un « office dominical animé musicalement par un groupe de cors de chasse ». Selon l'annonce publique, le groupe de sonneurs de cor de chasse Schlaufuchs y participera.

La foi chrétienne et la chasse de loisir s'excluent diamétralement. La scène fondatrice du christianisme est la crèche : un enfant né entre le bœuf et l'âne, entouré d'animaux qui ne sont pas des proies, mais des compagnons de route. Le christianisme commence par une image de paix entre l'homme et l'animal, et non par le hallali. Quiconque se situe dans cette tradition ne peut faire de la poursuite, du tir et de la mise à mort d'animaux sauvages sensibles l'objet d'un office religieux.

L'IG Wild beim Wild critique le fait que l'Église mette ses locaux et son office religieux à disposition d'une mise en scène de la chasse. La musique de trompe de chasse, les sociétés de chasse et les rituels cynégétiques ne sont pas une décoration neutre. Ils représentent une culture de la poursuite, du tir et de la mise à mort d'animaux sauvages. Lorsque les Églises intègrent ces symboles dans l'office religieux, la chasse de loisir se voit valorisée religieusement et moralement. Cela contredit l'exigence chrétienne de miséricorde, de non-violence et de responsabilité envers la création.

Le recours au saint Hubert ne tient pas non plus la route. L'Hubert historique de Liège était un évêque du VIIIe siècle. La célèbre histoire du cerf portant une croix entre les bois ne lui a été attribuée que de nombreux siècles plus tard et remonte à la légende de saint Eustache. Dans ce récit, un chasseur n'est pas confirmé dans son action : il interrompt la chasse, jette son arme et change de vie. Utiliser précisément cette histoire de conversion pour légitimer un office religieux mis en scène de manière cynégétique en inverse complètement le sens.

Les animaux sauvages ne sont ni un décor ni une ressource renouvelable à volonté. Ce sont des êtres sensibles doués d'une structure sociale. Les chevreuils, les cerfs, les renards et bien d'autres espèces vivent en groupes familiaux, élèvent leurs petits pendant des mois et entretiennent des liens étroits. La chasse de loisir déchire ces groupes. Lorsqu'une mère est abattue, les jeunes meurent de faim ou se retrouvent orphelins. Qui tue des animaux parents en automne et en hiver tue souvent aussi leur descendance, mais plus lentement et de manière invisible. Aucun office religieux ne devrait s'associer à une tradition qui anéantit des familles.

La chasse n'est pas un folklore inoffensif. Elle signifie pour les animaux sauvages la poursuite, la peur mortelle, les blessures et la mort. Et elle ne se termine pas toujours par un tir net. Dans les Grisons, l'un des rares cantons à tenir un registre des recherches au sang, un cerf sur dix est seulement blessé au lieu d'être tué net. Le taux de réussite des recherches au sang varie entre 35 et 65 pour cent selon le canton. Cela signifie que jusqu'à la moitié des animaux blessés meurent sans être délivrés, souvent après des heures ou des jours. La Fondation pour l'animal dans le droit estime le nombre de gibier blessé fuyant à 3000 à 4000 têtes par an à l'échelle suisse. Ces chiffres révèlent ce que les trompes de chasse et les uniformes occultent.

La chasse de loisir ne tue pas seulement des animaux. Elle coûte régulièrement des vies humaines. Le seul week-end du 5 septembre 2026, au Tessin, deux chasseurs sont morts le même jour lors de l'exercice de la chasse. Statistiquement, un accident de chasse se produit en Suisse toutes les 29 heures. Le recensement officiel ne débute qu'en l'an 2000 et ne recense ni les morts des décennies précédentes, ni les nombreux cas d'homicide ou de suicide élargi avec une arme de chasse légale, qui ne sont pas du tout comptabilisés comme « accident de chasse ». À l'échelle européenne, le nombre de victimes se compte en centaines. Un loisir qui coûte la vie à des êtres humains et à des animaux n'a pas sa place dans une célébration à l'église.

Il existe une autre voie. L'IG Wild beim Wild s'engage pour une gestion professionnelle et scientifiquement fondée de la faune sauvage, sur le modèle du canton de Genève. Là, la chasse de loisir est interdite depuis 1974. Là où une intervention est nécessaire, des gardes-faune de l'État formés agissent de manière ciblée, contrôlée et fondée sur des compétences professionnelles, et non parce que la période de chasse vient de s'ouvrir pour une espèce et qu'il est permis de tirer pour le plaisir. Ce modèle démontre que la protection de l'être humain, de la faune sauvage et de son habitat nécessite des compétences professionnelles, et non une chasse de loisir, et encore moins une bénédiction ecclésiastique pour celle-ci.

L'IG Wild beim Wild demande aux responsables de la paroisse concernée de renoncer à cette valorisation ecclésiastique de la chasse de loisir. Les églises devraient être des lieux où règnent la compassion et la protection des êtres vulnérables, et non des lieux où la violence envers les animaux sauvages est esthétisée par des trompes de chasse et des symboles religieux.

Les animaux n'ont pas besoin d'une bénédiction ecclésiastique pour leur poursuite. Ils ont besoin de protection.

Les informations relatives à la date, au lieu et aux participants proviennent de l'annonce publique de la manifestation dans la presse cynégétique et ont été documentées le 8 septembre 2026.

Vous trouverez davantage d'informations sur la chasse de loisir suisse et ses conséquences pour les animaux sauvages et les êtres humains dans la catégorie Chasse et dans la catégorie Animaux sauvages sur wildbeimwild.com.