Stopper la chasse au renard – écrire au Grand Conseil de Berne
Le canton de Berne est un canton à chasse à patente : entre 2’000 et 3’500 renards y sont abattus chaque année – la plus grande partie finit à la poubelle. Le 3 décembre 2025, le député au Grand Conseil PVL Casimir von Arx a déposé la motion 351-2025, soutenue par le PS, l'UDC, les Verts, le PEV et le PLR. Une expérience de terrain accompagnée scientifiquement était demandée : quel est l'effet d'un renoncement à la chasse au renard ?
Le Conseil-exécutif l'a rejetée par décision du 6 mai 2026. Sa justification ne contient pas une seule étude. Fait remarquable : il admet lui-même que la chasse aux espèces non menacées comme le renard est «de fait une fin en soi» et ne doit remplir aucun mandat de régulation explicite. Le gouvernement confirme ainsi précisément ce que la chasse de loisir conteste publiquement.
C'est désormais le Grand Conseil qui décide – vraisemblablement lors de la session d'automne 2026. Le soutien transpartisan de la motion montre que l'appui pour un examen fondé sur les faits croît aussi en dehors des cercles classiques de la protection animale.
Tu peux faire quelque chose, peu importe le canton dans lequel tu vis. Adresse-toi directement à ton député cantonal ou à ta conseillère nationale. C'est légal, efficace et cela ne demande que peu de temps.
Important : ne te fie pas uniquement à l'e-mail. Nous avons reçu des retours de plusieurs cantons indiquant que des messages relatifs à la chasse de loisir au renard reviennent parfois comme non distribuables. Il est impossible de dire de l'extérieur si cela est dû à des adresses erronées ou à un filtre ciblé. Mise donc plutôt sur plusieurs canaux : écris une lettre, téléphone ou cherche l'entretien personnel. Tu peux aussi t'adresser directement aux partis et aux groupes parlementaires – souvent un message au secrétariat du parti ou du groupe est plus efficace qu'aux membres individuels du conseil. Un appel ou une lettre ne se laisse pas filtrer aussi facilement qu'un e-mail et laisse souvent une impression plus forte.
Lettre type – copie ce texte dans ton logiciel de messagerie
Objet : Motion 351-2025 chasse au renard – veuillez voter Oui
Madame [Nom] / Monsieur [Nom],
Je m'adresse à vous directement en tant que citoyenne / citoyen, car le Grand Conseil décidera lors de la session d'automne 2026 de la motion 351-2025 du député au Grand Conseil Casimir von Arx (PVL). La motion demande une expérience de terrain accompagnée scientifiquement sur le renoncement à la chasse au renard.
Dans sa recommandation de rejet du 6 mai 2026, le Conseil d'État admet lui-même que la chasse aux espèces non menacées comme le renard est «de fait une fin en soi». C'est un aveu remarquable – qui réfute l'argument principal selon lequel la chasse au renard remplirait un but concret.
L'état de la recherche est clair: le canton de Lucerne, seul canton à recenser systématiquement l'état de santé des renards abattus, montre que sur 2’217 animaux tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie – plus de 98 pour cent étaient en bonne santé. Les effets de compensation compensent rapidement les tirs (Baker & Harris 2006; Rushton et al. 2006; Kämmerle et al. 2019). Concernant l'échinocoque du renard, la chasse est même contre-productive: une étude française menée dans la région de Nancy (Comte et al. 2017) a montré qu'une chasse intensive faisait passer la prévalence de 44 à 55 pour cent. Au Luxembourg, elle est passée d'environ 40 à moins de 10 pour cent après l'interdiction de la chasse en 2015.
La rage n'a pas été vaincue par la chasse, mais par les programmes d'appâts vaccinaux à partir de 1978. Les renards sont des facteurs de protection naturels contre les maladies transmises par les tiques: ils régulent les souris et les rongeurs, réservoirs des tiques vectrices de la borréliose. Le canton de Genève se passe de chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de chasse au renard: seuls les garde-faune étatiques peuvent y intervenir, sans un seul tir de régulation ces deux dernières années. Le Parc national suisse est sans chasse depuis 1914 – sans explosion des populations, sans davantage d'épidémies.
Le canton de Zoug a été le seul canton, en 2025, à commander une étude indépendante sur la chasse au renard (SWILD, mai 2026). Le résultat: la chasse au renard ne régule rien, n'améliore pas la lutte contre les épidémies, les méthodes non létales sont supérieures. La commission de chasse a par conséquent cessé de promouvoir activement la chasse au renard.
La motion ne demande pas un renoncement immédiat, mais un essai sur le terrain accompagné scientifiquement. C'est exactement l'étape que le canton de Zoug a déjà franchie. Je vous prie d'accepter la motion 351-2025 et d'ouvrir ainsi la voie à une politique de chasse au renard fondée sur les données probantes dans le canton de Berne.
Avec mes salutations distinguées
[Votre nom]
[Votre lieu de domicile]
Ce qui a été décidé dans le canton de Berne
Motion 351-2025, déposée le 3 décembre 2025 par le député au Grand Conseil PVL Casimir von Arx, cosignée par des représentantes du PS, de l'UDC, des Verts, du PEV et du PLR. Demande: un essai sur le terrain limité dans le temps et accompagné scientifiquement, portant sur le renoncement à la chasse au renard dans une zone appropriée.
Décision du Conseil d'État 446/2026 du 6 mai 2026 : rejet. Motif : le renard roux serait chassable selon la loi sur la chasse et non menacé, les motifs de protection des espèces ne s'appliquent pas. Le Conseil d'État admet lui-même que la chasse de loisir sur des espèces non menacées est « de fait une fin en soi » et n'a pas à remplir de mandat de régulation explicite. Le premier signataire von Arx a critiqué publiquement sur Radio BeO le fait que le gouvernement passe à côté de la véritable préoccupation.
Berne est un canton à chasse à patente : celui qui obtient une patente peut chasser sur l'ensemble du territoire cantonal, sans responsabilité pour une réserve déterminée. Chaque année, 2’000 à 3’500 renards sont tirés, la plus grande partie finit à la poubelle. La décision revient maintenant au Grand Conseil, vraisemblablement lors de la session d'automne 2026.
Ce que dit la science
Régulation des populations : Les effets de compensation compensent rapidement les tirs. Même une chasse intensive ne montre aucun effet durable sur la population (Baker et al. 2002 ; Kämmerle et al. 2019 ; Rushton et al. 2006).
Rage : Ce n'est pas la chasse, mais les programmes d'appâts vaccinaux à partir de 1978 qui ont vaincu la rage. Les méthodes létales peuvent renforcer les épidémies, car les animaux chassés deviennent plus mobiles.
Échinococcose (ténia du renard) : Une chasse intensive augmente la prévalence (une étude française de la région de Nancy, Comte et al. 2017). Les appâts vermifuges, en revanche, ont réduit le risque d'infection dans l'arrondissement de Starnberg de 97 à 99 pour cent. Au Luxembourg, la prévalence est passée d'environ 40 à moins de 10 pour cent après l'interdiction de la chasse en 2015.
Borréliose : Les renards régulent les rongeurs en tant que réservoirs de tiques. Dans les zones à plus forte activité de prédateurs, on observe 10 à 20 pour cent de rongeurs porteurs de tiques en moins (Hofmeester et al., Proc. Royal Soc. B). La Suisse compte parmi les foyers européens de l'échinococcose.
Genève / Parc national : Genève se passe de la chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de la chasse au renard. Le Parc national suisse est exempt de chasse depuis 1914. Aucune explosion des populations, aucune situation sanitaire dégradée.
Aperçu complet des études : Études : impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages
Le rapport SWILD de Zoug
Le canton de Zoug est à ce jour le seul canton suisse à avoir réagi à la pétition sur la chasse au renard de Pascal Wolf par une véritable étude scientifique. La Direction de l'intérieur a commandé à l'automne 2025 un rapport d'expertise auprès de SWILD – Écologie urbaine, recherche sur les animaux sauvages, communication. La deuxième version est parue en mai 2026 et a été présentée à la commission de la chasse le 16 juin 2026.
Le résultat est sans équivoque : la chasse au renard telle qu'elle est pratiquée actuellement ne peut pas réguler durablement les populations, n'améliore pas la lutte contre les épizooties et est inférieure aux méthodes non létales pour la protection du bétail. Les expériences de Genève (depuis 1974) et du Luxembourg (depuis 2015) le confirment : la gestion de la faune fonctionne sans chasse de loisir au renard roux.
L'étude complète est accessible au public : Bases scientifiques sur la chasse au renard
Où trouver les coordonnées
Le Grand Conseil bernois compte 160 membres. La composition actuelle avec les pages de profil de chaque députée et député figure dans la recherche officielle des membres sur gr.be.ch – Membres. Die offiziellen Ratsadressen haben die Form vorname.nachname@gr-gc.be.ch. Alternativ erreichst du die Mitglieder über ihre Fraktions- oder Parteisekretariate.
Ce qui s'est passé jusqu'ici dans le canton de Berne
📌 Chasse au renard : le gouvernement bernois refuse d'examiner les données probantes
Le Conseil d'État rejette la motion – et confirme involontairement que la chasse au renard est une fin en soi.
📌 Débat sur la chasse au renard à Utzenstorf : quatre chasseurs de loisir, un non-chasseur et aucun véritable dialogue
Comment le débat est mené sur place lorsque la chasse de loisir reste entre elle.
📌 Épreuve d'obéissance pour chiens de chasse pendant la période de couvaison et de mise bas : l'association bernoise des chasseurs tire dans la forêt
Comment l'association bernoise des chasseurs fait tirer précisément pendant la période la plus sensible en forêt.
🧠 Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne
Ce qui pousse l'association et le gouvernement à maintenir la chasse au renard, alors même que la politique a depuis longtemps évolué.
📌 Les chasseurs de loisir comme faux experts de la faune
Comment Pascal Wolf a lancé des pétitions et des interventions dans plus de 12 cantons – et ce que les autorités en ont fait.
📌 Tués par millions – pour rien : une nouvelle étude démasque les contes de chasseurs
Étude dans « Biological Conservation » : les tirs ne réduisent ni les populations ni les dégâts.
