20 juin 2026, 14:56

Rechercher

Stopper la chasse au renard – écrire au Grand Conseil bernois

Le canton de Berne est un canton de chasse à patente : entre 2’000 et 3’500 renards y sont abattus chaque année – la plupart finissent à la poubelle. Le 3 décembre 2025, le député au Grand Conseil Casimir von Arx (PVL) a déposé la motion 351-2025, soutenue par le PS, l'UDC, les Verts, le PEV et le PLR. Elle demande un essai sur le terrain accompagné scientifiquement : quels sont les effets d'un renoncement à la chasse au renard ?

Le Conseil-exécutif l'a rejetée par décision du 6 mai 2026. Sa justification ne contient aucune étude. Fait remarquable : il admet lui-même que la chasse aux espèces non menacées comme le renard est «de fait une fin en soi» et ne doit remplir aucun mandat de régulation explicite. Le gouvernement confirme ainsi précisément ce que la chasse de loisir conteste publiquement.

C'est désormais au Grand Conseil de décider – vraisemblablement lors de la session d'automne 2026. Le soutien transpartisan de la motion montre que l'appui à une vérification fondée sur les faits grandit aussi en dehors des cercles classiques de la protection animale.

Important : Veuillez ne pas écrire à toutes les personnes en même temps. Choisissez 2 à 3 personnes qui vous représentent en tant qu'habitante ou habitant, et écrivez-leur personnellement depuis votre propre messagerie.

Lettre type – copiez ce texte dans votre messagerie

Objet : Motion 351-2025 chasse au renard – veuillez voter Oui

Madame [Nom] / Monsieur [Nom],

Je m'adresse à vous directement en tant que citoyenne / citoyen, car le Grand Conseil décidera lors de la session d'automne 2026 de la motion 351-2025 du député Casimir von Arx (PVL). La motion demande un essai sur le terrain accompagné scientifiquement portant sur le renoncement à la chasse au renard.

Dans sa recommandation de rejet du 6 mai 2026, le Conseil-exécutif admet lui-même que la chasse aux espèces non menacées comme le renard est «de fait une fin en soi». C'est un aveu remarquable – et il réfute l'argument principal selon lequel la chasse au renard remplirait un objectif concret.

L'état de la recherche est sans équivoque : le canton de Lucerne, seul canton à recenser systématiquement l'état de santé des renards abattus, le montre : sur 2’217 animaux tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie – plus de 98 pour cent étaient sains. Les effets de compensation comblent rapidement les tirs (Baker & Harris 2006 ; Rushton et al. 2006 ; Kämmerle et al. 2019). Dans le cas du ténia du renard, la chasse est même contre-productive : une étude française (Comte et al. 2017) a montré qu'une chasse intensive faisait passer la prévalence de 44 à 55 pour cent. Au Luxembourg, elle est passée d'environ 40 à moins de 20 pour cent après l'interdiction de la chasse en 2015.

La rage n'a pas été vaincue par la chasse, mais par les programmes d'appâts vaccinaux à partir de 1978. Les renards sont des facteurs de protection naturels contre les maladies transmises par les tiques : ils régulent les souris et les rongeurs, qui constituent des réservoirs pour les tiques transmettant la borréliose. Le canton de Genève se passe de la chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de la chasse au renard : seuls les gardes-faune de l'État peuvent y intervenir, sans un seul tir de régulation au cours des deux dernières années. Le Parc national suisse est exempt de chasse depuis 1914 – sans explosion des populations, sans davantage d'épidémies.

Le canton de Zoug est le seul canton à avoir commandé en 2025 une étude indépendante sur la chasse au renard (SWILD, mai 2026). Le résultat : la chasse au renard ne régule rien, n'améliore pas la lutte contre les épidémies, et les méthodes non létales sont supérieures. La commission de la chasse a dès lors cessé de promouvoir activement la chasse au renard.

Le canton de Genève se passe de la chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de la chasse au renard : seuls les gardes-faune de l'État peuvent y intervenir, sans un seul tir de régulation au cours des deux dernières années.

La motion ne demande pas un renoncement immédiat, mais un essai sur le terrain accompagné scientifiquement. C'est exactement la démarche que le canton de Zoug a déjà entreprise. Je vous prie d'accepter la motion 351-2025 et d'ouvrir ainsi la voie à une politique de la chasse au renard fondée sur des données probantes dans le canton de Berne.

Avec mes salutations distinguées
[Votre nom]
[Votre lieu de résidence]

Ce qui a été décidé dans le canton de Berne

Motion 351-2025, déposée le 3 décembre 2025 par le député au Grand Conseil PVL Casimir von Arx, soutenue par des représentantes du PS, de l'UDC, des Verts, du PEV et du PLR. Demande : un essai sur le terrain limité dans le temps et accompagné scientifiquement portant sur le renoncement à la chasse au renard dans une zone appropriée.

Décision du Conseil-exécutif 446/2026 du 6 mai 2026 : rejet. Motif : le renard roux est chassable selon la loi sur la chasse et n'est pas menacé, les arguments de protection des espèces ne s'appliquent pas. Le Conseil-exécutif admet lui-même que la chasse de loisir sur des espèces non menacées est « de fait une fin en soi » et ne doit remplir aucun mandat de régulation explicite. Le premier signataire von Arx a critiqué publiquement, sur Radio BeO, que le gouvernement passe à côté de la véritable préoccupation.

Berne est un canton de chasse à patente : quiconque acquiert une patente peut chasser sur l'ensemble du territoire cantonal, sans responsabilité pour une réserve déterminée. Chaque année, 2’000 à 3’500 renards sont tirés, la plus grande partie finit à la poubelle. La décision revient désormais au Grand Conseil, vraisemblablement lors de la session d'automne 2026.

Ce que dit la science

Régulation des populations : Les effets de compensation comblent rapidement les tirs. Même une chasse intensive ne montre aucun effet durable sur la population (Baker et al. 2002 ; Kämmerle et al. 2019 ; Rushton et al. 2006).

Rage : Ce n'est pas la chasse, mais les programmes d'appâts vaccinaux à partir de 1978 qui ont vaincu la rage. Les méthodes létales peuvent amplifier les épidémies, car les animaux chassés deviennent plus mobiles.

Échinococcose du renard : Une chasse intensive augmente la prévalence (Comte et al. 2017, région de Nancy). Les appâts vermifuges, en revanche, ont réduit le risque d'infection de 97 à 99 pour cent dans le district de Starnberg. Au Luxembourg, la prévalence a chuté de 40 à moins de 20 pour cent après l'interdiction de la chasse en 2015.

Borréliose : Les renards régulent les rongeurs en tant que réservoirs de tiques. Dans les zones où l'activité des prédateurs est plus élevée, on observe 10 à 20 pour cent de moins de rongeurs porteurs de tiques (Hofmeester et al., Proc. Royal Soc. B). La Suisse compte parmi les hotspots européens pour l'échinococcose du renard.

Genève / Parc national : Genève se passe de chasse de loisir depuis 1974 – et donc de fait aussi de chasse au renard. Le Parc national suisse est exempt de chasse depuis 1914. Aucune explosion des populations, aucune situation sanitaire dégradée.

Aperçu complet des études : Études : impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages

Adresses e-mail du Grand Conseil de Berne (législature 2022–2026)

Les coordonnées officielles des conseillères et conseillers du Grand Conseil bernois sont disponibles sur le site cantonal : gr.be.ch – Membres. Les adresses e-mail ont la forme prenom.nom@gr-gc.be.ch.

Ce qui s'est passé jusqu'ici dans le canton de Berne

📌 Chasse au renard : le gouvernement bernois ne veut pas examiner les preuves
Le Conseil-exécutif rejette la motion – et confirme ainsi involontairement que la chasse au renard est une fin en soi.

📌 Chasseurs de loisir comme faux experts de la faune
Comment Pascal Wolf a initié des pétitions et des interventions dans plus de 12 cantons – et ce que les autorités en ont fait.

📌 Tués par millions – pour rien : une nouvelle étude démasque les fables de chasseurs
Étude dans «Biological Conservation» : les tirs ne réduisent ni les populations ni les dégâts.

Retour à l'aperçu