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Animaux sauvages

Cerf élaphe : Pro Natura choisit l'animal de l'année 2017

Pro Natura choisit le cerf élaphe (Cervus elaphus) comme animal de l'année 2017. Un «pendulaire sauvage» qui a besoin de grands territoires et qui est sous pression à cause de la chasse de loisir. En savoir plus sur les animaux sauvages en Suisse.

Rédaction Wild beim Wild — 26 janvier 2017

Avec le cerf élaphe (Cervus elaphus), Pro Natura choisit un «pendulaire sauvage» comme animal de l'année 2017.

Le «roi des forêts» parcourt de longues distances — entre ses gîtes diurnes et nocturnes ainsi qu'entre ses habitats d'été et d'hiver. Le paysage suisse, fortement morcelé, représente pour lui un problème croissant. En choisissant le cerf élaphe, Pro Natura milite pour que les obstacles créés par l'homme soient surmontés — au bénéfice de tous les animaux sauvages.

Les deux caractéristiques les plus connues de l'animal de l'année 2017 sont son majestueux bois ainsi que son brame assourdissant à la période du rut. On sait moins que les cerfs élaphes ont un besoin de mobilité très prononcé. Ils parcourent souvent de longues distances entre leurs gîtes diurnes et nocturnes ainsi qu'entre leurs habitats d'été et d'hiver. Ces routes migratoires sont de plus en plus interrompues dans notre paysage fortement fragmenté par les routes, les voies ferrées et les zones d'habitation.

Voie libre pour les animaux sauvages

En choisissant le «pendulaire sauvage» comme animal de l'année, Pro Natura souhaite attirer l'attention sur les besoins et les difficultés de migration de nombreux animaux sauvages indigènes. «Les routes, les voies ferrées et les zones d'habitation constituent les principaux obstacles aux déplacements des animaux sauvages lors de leurs périples quotidiens ou saisonniers. Dans notre paysage de plus en plus morcelé, il est urgent de rétablir davantage de corridors fauniques continus, le long desquels les animaux peuvent se déplacer librement», exige Andreas Boldt, spécialiste de la faune sauvage chez Pro Natura. À cet effet, Pro Natura lance une campagne sous le slogan «Voie libre pour les animaux sauvages !»

Un fardeau majestueux

Le cerf élaphe est l'un des plus grands mammifères indigènes. Les mâles atteignent une hauteur au garrot allant jusqu'à 130 cm. Les femelles sont un peu plus petites. Elles n'ont pas non plus le signe distinctif le plus connu des cervidés : le bois. Cette parure céphalique se reconstitue chaque année, plus grande, entre le printemps et l'été. Un véritable exploit : l'animal produit jusqu'à 150 grammes de masse osseuse par jour. Un bois adulte pèse jusqu'à huit kilogrammes.

Un «grand bramissement»

Lors de la période de reproduction en automne, le bois permet aux cerfs dominants d'éloigner les concurrents mâles des femelles convoitées. C'est à cette période de l'année que le «roi des forêts» se fait le plus remarquer — surtout à l'oreille. Par leurs bramissements excités, les mâles courtisent les femelles prêtes à s'accoupler. Un cerf en rut peut bramir jusqu'à 500 fois par heure.

La loi sur la chasse a aidé

Au milieu du XIXe siècle, le cerf élaphe avait été exterminé en Suisse. Son retour s'amorça à partir de 1870 depuis l'Autriche. Avec la loi fédérale sur la chasse de 1875, des améliorations décisives furent introduites pour les cerfs élaphes : des zones de protection de la faune où les animaux trouvent encore refuge aujourd'hui, des périodes de chasse limitées ainsi que la protection des femelles. Aujourd'hui, environ 35’000 cerfs élaphes vivent à nouveau en Suisse.

D'est en ouest

Le retour du cerf élaphe dans ses habitats d'origine n'est pas encore achevé. La recolonisation de la Suisse s'effectuant par l'est, on observe un schéma de répartition caractéristique : la majorité des animaux vit dans le sud-est des Alpes suisses. Des populations existent toutefois aussi sur le Plateau. Un peu moins dans le Jura. Le cerf élaphe est freiné dans son expansion naturelle par des obstacles infranchissables en de nombreux endroits, tels que les autoroutes, les voies ferrées ou les zones habitées. La chasse de loisir échoue comme outil de contrôle des populations — les corridors fauniques et les solutions fondées sur la nature sont plus durables.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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