Valais : une conception troublée de la démocratie
Malgré le non à la révision de la loi sur la chasse, le Valais maintient l'initiative cantonale contre les prédateurs. Le Grand Conseil entre en matière.
En Valais, l'initiative cantonale «Pour un canton du Valais sans grands animaux sauvages» reste sur la table malgré le non fédéral à la révision de la loi sur la chasse.
Le Grand Conseil a décidé lundi d'entrer en matière sur le texte de loi. Le parlement cantonal valaisan est ainsi le premier à se pencher à nouveau sur la problématique du loup après la votation. Le peuple devra se prononcer une nouvelle fois.
La décision a été prise par 105 voix pour, 19 contre et une abstention. Les bourgeois ont souligné l'importance d'«écouter les citoyens» qui avaient accepté la loi sur la chasse à une large majorité, tandis que la gauche dénonçait un texte «trompeur».
La majorité des députés valaisans partage ainsi la position du Conseil d'État, qui soutient l'initiative et entend la soumettre au peuple avec une recommandation de vote favorable. Le gouvernement cantonal estime qu'il est important que la population puisse s'exprimer sur cette problématique. Et ce, quelques semaines seulement après la votation sur la loi sur la chasse et la protection des loups.
Les loups étant territoriaux, il ne peut en réalité jamais y avoir un nombre de loups excessif et insupportable dans un territoire donné, car les jeunes quittent le territoire cantonal et national pour chercher un nouveau domaine vital, de la taille environ du canton de Zoug.
«Pas de changement fondamental»
Un oui à l'initiative cantonale ne changerait pas fondamentalement la situation actuelle et future des prédateurs dans le canton. De plus, le canton dispose d'une marge de manœuvre limitée pour élaborer un concept cantonal relatif aux grands prédateurs.
C'est ainsi que le canton du Valais gaspille du temps et de l'argent. Au lieu de s'attaquer aux véritables problèmes, c'est une initiative absurde, qui n'apporte rien, qui est soumise au peuple. Ces politiciens devraient avoir honte de mener ainsi les Valaisans par le bout du nez. C'est à ces gens-là que les Valaisans doivent de ne guère avoir progressé en matière de protection des troupeaux par rapport à il y a 20 ans.
L'initiative cantonale pour un Valais sans grands prédateurs (loup, lynx, ours) avait été lancée en 2016 par une douzaine de Haut-Valaisans et plusieurs politiciens du PDC et du PCS. Elle a été déposée en janvier 2017 avec 9545 signatures, soit 3545 de plus que nécessaire.
En janvier 2017, le Conseil d'État a transmis l'initiative au Grand Conseil. Après un examen préliminaire et une modification du texte, l'initiative populaire a été déclarée valide par les députés en septembre 2019.
Un nouveau débat émotionnel a mis en colère Benoît Barras, du groupe de l'Alliance de gauche. «C'est une honte que nous devions à nouveau discuter de ce sujet.» Les opinions seraient connues et l'initiative ne changerait rien.Il ne s'agirait que de maintenir la thématique du loup présente et les émotions à vif, selon Barras.Cela entraînerait une division de la population.
Le fossé entre la population de la Suisse et celle du canton du Valais ne ferait ainsi que se creuser davantage, a déclaré Emmanuel Revaz des Verts. Le parti ne veut pas seulement recommander le rejet de l'initiative, il souhaite même la faire déclarer invalide.La critique : la procédure aurait été trompeuse.
Limitation et régulation
Le texte demande l'insertion d'un nouvel article dans la constitution cantonale, libellé comme suit :
L'État édicte des dispositions pour la protection contre les grands prédateurs ainsi que pour la limitation et la régulation de leurs effectifs. La promotion des effectifs de grands prédateurs est interdite.
Texte de l'initiative «Pour un canton du Valais sans grands prédateurs» :
Le 27 septembre, la loi sur la chasse révisée avait été rejetée par 51,9 % des électeurs suisses. Le peuple valaisan, quant à lui, avait voté à 68,6 % des voix en faveur de la loi qui devait assouplir la protection du loup.
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