Le plus grand cimetière de dauphins du monde fête son anniversaire
Jubilé assombri par des taux de mortalité élevés et un élevage en échec.
Le zoo de Duisbourg fête les 60 ans de son delphinium – et ignore ce faisant un bilan alarmant.
Depuis son ouverture en 1965, 68 dauphins y sont morts, soit plus que dans tout autre delphinium d'Allemagne.
Le 60e anniversaire n'est pas une raison de se réjouir, mais une occasion de deuil et de critique, souligne le Dr Sandra Altherr de l'organisation de protection des espèces Pro Wildlife.
Taux de mortalité élevé chez les jeunes animaux
La situation est particulièrement dramatique pour les naissances en captivité : deux tiers des dauphineaux nés à Duisbourg meurent avant ou peu après la naissance. Depuis l'ouverture du delphinium il y a 60 ans, seule une dizaine de spécimens nés en captivité ont atteint l'âge adulte. Un exemple récent est le dauphineau «Domingo», mort en 2023 à l'âge de seulement huit mois des suites d'une fracture du crâne.
"Ces chiffres parlent d'eux-mêmes", explique le Dr Altherr. "Pendant que le zoo de Duisbourg se félicite, nous ne devrions pas oublier que cet établissement a été à juste titre qualifié de ‚plus grand cimetière de dauphins du monde‘."
Consanguinité due à des programmes d'élevage unilatéraux
Les sept dauphins vivant actuellement à Duisbourg – dont deux captures sauvages des années 1980 – illustrent également la problématique des programmes d'élevage. Six des dix naissances en captivité dans les deux delphiniums allemands ont été engendrées par le même mâle, «Ivo», ce qui peut entraîner des problèmes de consanguinité. "Un programme d'élevage durable, c'est tout autre chose", déclare Pro Wildlife.
Critique de l'argumentation sur la protection des espèces : des bassins en béton au lieu de la protection des espèces
Le zoo de Duisbourg se présente à l'occasion de son jubilé comme un établissement moderne dédié à l'éducation et à la protection des espèces. Mais Pro Wildlife doute que la détention de dauphins dans des bassins en béton soit à la hauteur de cette ambition. Dans la nature, les grands dauphins vivent au sein de groupes familiaux complexes et parcourent quotidiennement des distances allant jusqu'à 100 kilomètres – des comportements qui sont à peine possibles en captivité.
"La véritable protection des dauphins se passe en mer, pas dans des bassins en béton", souligne Altherr. "Au lieu d'investir des millions dans des bassins tristes et exigus, cet argent serait mieux employé pour la protection des océans."
La tendance internationale est clairement opposée aux delphinariums
Alors que l'Allemagne exploite encore deux de ses anciens 14 delphinariums, d'autres pays ont déjà tiré les conséquences : la France a interdit en 2021 l'élevage de dauphins en captivité (faisant ainsi des delphinariums un modèle en voie de disparition), le Canada interdit même leur détention de manière complète. D'autres pays européens comme la Grande-Bretagne, la Croatie et Chypre ont depuis longtemps fermé leurs delphinariums ou mis fin à leur détention.
"Au lieu de se congratuler, le zoo de Duisbourg devrait enfin tirer les conséquences et mettre fin à la détention de dauphins", exige le Dr Sandra Altherr, biologiste chez Pro Wildlife. "La recherche moderne et la protection des espèces fonctionnent aujourd'hui depuis longtemps sans mettre en scène des animaux souffrants. Protéger les dauphins en liberté doit être la prémisse."
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