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Environnement & protection de la nature

Parkinson : les initiatives sur les pesticides ont un effet préventif

Il incombe aux médecins de protéger la santé de la population et des agriculteurs et agricultrices, et de les informer de ces risques !

Rédaction Wild beim Wild — 12 mai 2021

L'incidence de la maladie de Parkinson augmente régulièrement, même après correction pour l'âge.

Cette deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente touche particulièrement souvent les personnes travaillant dans l'agriculture. Diverses études montrent des associations avec les pesticides. Les médecins pour la protection de l'environnement (AefU) ainsi que Greenpeace Suisse soulignent l'importance des deux initiatives sur les pesticides pour la santé. Elles appliquent le principe de précaution et réduisent le risque de développer la maladie de Parkinson ainsi que certains types de cancer.

La maladie de Parkinson, communément appelée «paralysie tremblante», est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la démence d'Alzheimer. En Suisse, environ 15’000 personnes en sont atteintes. La maladie progresse dans toutes les tranches d'âge, y compris après correction pour l'âge. D'ici 2040, un doublement du nombre de patients est attendu à l'échelle mondiale. Outre l'âge, les pesticides jouent un rôle, notamment les insecticides, les fongicides et les herbicides.

Pesticides et maladie de Parkinson

Un lien entre l'apparition de la maladie de Parkinson et le contact avec des pesticides est suspecté depuis longtemps. Cela concerne en particulier les personnes travaillant dans l'agriculture, qui y sont exposées directement et intensément à l'influence des pesticides. Sur mandat du Secrétariat d'État suisse à
l'économie (SECO), l'Institut de médecine du travail de l'Université de Lausanne a synthétisé ces effets. Il conclut que les personnes travaillant dans l'agriculture et exposées aux pesticides présentent un risque accru de plus de 50 % de développer la maladie de Parkinson.

La santé des écosystèmes, des êtres humains et des animaux est étroitement liée (One Health). En introduisant des substances toxiques dans l'environnement, nous mettons également notre santé en danger. Les personnes qui travaillent dans l'agriculture et sont exposées aux pesticides chimiques de synthèse présentent notamment un risque significativement accru de développer la maladie de Parkinson.»

Dr. med. Bernhard Aufdereggen, président de l'AefU

Peu de recherches et de connaissances en Suisse

D'autres pays en ont tiré des conséquences : en France, la maladie de Parkinson est reconnue depuis 2012 comme maladie professionnelle pour les personnes en contact professionnel avec des pesticides. De plus, de nombreux pays disposent de registres de déclaration et de bases de données pour recenser les effets secondaires des pesticides sur la santé. En Suisse, en revanche, ces liens sont peu étudiés.

Le vent et l'eau propagent les pesticides

Les pesticides chimiques de synthèse ne restent pas là où ils sont pulvérisés. On les trouve aujourd'hui presque partout dans les sols, les eaux, l'air et les aliments.Greenpeace Suisse et l'Institut pour l'environnement de Munich ont démontré, au moyen de capteurs passifs d'air, que les pesticides se répandent plus largement et plus loin qu'on ne le pensait. Et ce, même des décennies après leur utilisation : par exemple, le DDT, interdit depuis 1972, peut encore être détecté aujourd'hui — ce qui représente un risque sanitaire considérable pour les agricultrices et agriculteurs ainsi que pour les
riveraines et riverains.

L'ingestion orale et l'inhalation de pesticides jouent notamment un rôle dans l'apparition de la maladie de Parkinson. Le contact avec ces substances toxiques présentes dans l'air est comparable au tabagisme passif. Malheureusement, personne ne peut y échapper, même en consommant systématiquement des produits biologiques. Les pesticides sont simplement là, et nous les absorbons sans pouvoir nous en protéger.

Yves Zenger, porte-parole de Greenpeace Suisse

2 x OUI pour la protection de la santé le 13 juin

Mieux vaut prévenir que guérir : c'est pourquoi l'AefU et Greenpeace Suisse disent 2 x OUI à l'initiative pour une eau potable propre et à l'initiative pour une Suisse libre de pesticides de synthèse, sur lesquelles nous voterons le 13 juin. Ces textes protègent l'eau, les sols et la santé. Ils sont nécessaires d'un point de vue sanitaire et écologique. Ils ont un effet préventif.

L'AefU et Greenpeace demandent en outre :

  • Un examen de la question de savoir si la maladie de Parkinson doit également être reconnue comme maladie professionnelle en Suisse.
  • L'étude des conséquences sanitaires pour les riveraines et riverains des zones à agriculture intensive.
  • Un registre de déclaration des maladies associées aux pesticides (certains cancers et maladies neurodégénératives, notamment Parkinson).

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