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Chasse

Les chasseurs de loisir et leurs schémas cérébraux

Les structures cérébrales des individus violents se ressemblent. Les chasseurs de loisir, auxquels le bon sens peut attribuer une forme grave de trouble de la personnalité antisociale, possèdent eux aussi des cerveaux similaires.

Rédaction Wild beim Wild — 28 septembre 2022

Dans le cortex émotionnel, siège de la régulation des émotions, certaines zones sont remarquablement inactives chez ces individus.

Là où la violence s'exprime, des dommages sont causés tout autant qu'au point visé. Et ce de manière concrète, au niveau neuronal. Des scientifiques l'ont mis en évidence lors de leurs recherches. Les neuropsychologues le confirment également : l'amygdale, un noyau cérébral, est notablement atrophiée ou perturbée chez les individus violents. Lorsque cette partie centrale du cerveau est défaillante, le sentiment de dégoût est notamment désactivé.

Les zones cérébrales responsables de l'empathie, du jugement moral et de la peur sont moins bien irriguées. Les chasseurs de loisir n'éprouvent aucun stress émotionnel et sont incapables de percevoir les émotions d'autrui ; c'est pourquoi certains peuvent tuer et ôter la vie sans sourciller.

Chez ces individus, on observe des zones sombres dans le cortex orbitofrontal et autour de l'amygdale — nettement plus sombres que dans un cerveau ordinaire. Ces zones sont responsables de l'autocontrôle et de la régulation du comportement. Une personne présentant cette biologie cérébrale est vraisemblablement très impulsive et ne devrait en aucun cas être en possession d'une arme.

Ces individus sont à peine capables d'empathie ; par ailleurs, des zones cérébrales importantes liées au langage sont sous-développées. Les chasseurs de loisir parlent couramment des sottises. Les chasseurs de loisir se réjouissent d'avoir pu tuer un être vivant, ou de l'« récolter ».

Afin d'éviter que les chasseurs de loisir ne soient submergés par leurs émotions face à la souffrance animale, le primitif jargon de chasseur respectivement le allemand idiot développé.

L'objectif de ce langage des chasseurs est d'exprimer une distance profonde entre l'animal et l'être humain, afin de banaliser l'acte de tuer lors de la chasse.

Par exemple, une biche est «abordée» (évaluée en fonction de l'âge, du sexe et de l'état de santé), on lui «présente la balle». On place un «rameau» (dernière bouchée) dans la «gueule» de l'animal abattu, qui est ensuite «ouvert» (éviscéré). Les renards n'ont pas de petits, mais une «portée». Le sang est de la «sueur», un animal blessé par balle est «ensanglanté» et «mal tiré». Un coup de feu dans le ventre d'un chevreuil avec les entrailles pendantes est un «pièce de gibier blessée». La peau des animaux sauvages s'appelle «couverture». Les chasseurs de loisir ne tuent pas des animaux, ils «abattent» une «pièce» de gibier. Les corvidés, les chats, etc. sont des «nuisibles», et ainsi de suite dans le jargon des chasseurs.

Il apparaît clairement à chacun que derrière ce langage des chasseurs se cache un avilissement et une dérision des êtres vivants. On prive ainsi les créatures sensibles et capables de ressentir la douleur non seulement de leur vie, mais aussi de leur dernière dignité. Le langage des chasseurs est sans pertinence tant dans l'usage quotidien que dans le contexte scientifique. C'est une déformation de la langue allemande.

Les êtres humains ont chassé les animaux sauvages depuis des millénaires, principalement lors de périodes de crise climatique. Au fil du temps, cependant, les justifications de la chasse ont profondément évolué. Les activités de chasse servaient autrefois à se procurer de la nourriture, des vêtements, à répondre à des nécessités économiques, au plaisir et au rituel.

La mise à mort d'animaux par le chasseur de loisir moderne résulte aujourd'hui principalement de la cupidité, de l'appât du gain, de la stupidité, du plaisir, de l'indifférence, de la colère, de l'envie, de la suffisance, de l'ostentation, de la vantardise, de la jalousie, de la tradition, de l'arrogance, de l'ignorance, de l'avidité, de la présomption, de l'égoïsme, de la malveillance et du mépris général envers les êtres vivants.

Aujourd'hui, la chasse sert au chasseur de loisir à évacuer son agressivité et à décélérer de la sorte dans la nature. Quiconque passe son permis de chasse obtient toujours deux choses à la fois : un permis pour tuer et un permis pour s'abrutir.

Selon des scientifiques, chercheurs, biologistes de la faune et études de cas reconnus, il est tout à fait possible et éthiquement responsable, dans un environnement moderne largement façonné par l'être humain, de laisser les populations sauvages se réguler d'elles-mêmes. Le canton de Genève pratique cette gestion moderne de la faune depuis plus de 40 ans. Ce que des centaines de chasseurs de loisir faisaient autrefois — et mal —, une douzaine de gardes-faune professionnels s'en chargent aujourd'hui, intervenant de manière régulatrice si nécessaire, sans massacrer renards, blaireaux, oiseaux et autres selon des périodes de chasse arbitraires ou par plaisir de tuer, et sans infliger de souffrances.

Des recherches en psychologie et en criminologie montrent que les personnes qui commettent des actes de violence sur des animaux ne s'en tiennent pas là ; beaucoup d'entre elles s'en prennent ensuite à leurs semblables. De tels exemples sont aujourd'hui légion. Les chasseurs sont des tueurs !«La chasse, c'est une passion, une addiction même, qui nous comble, qui nous domine et qui nous tourmente»écrit le chasseur Luzius Theler.

Le monopole de la violence doit être entre les mains de l'État, exercé par des gardes-faune professionnels, et non délégué à des bandes de chasseurs.

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En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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