La population dit Non à l'assouplissement de la protection du loup
La nouvelle loi sur la chasse et la protection de la faune doit être soumise à une conférence de conciliation. Après trois cycles de délibérations au Conseil national et au Conseil des États, des divergences subsistent.
Les réserves de chasse contribuent à protéger les animaux rares et menacés ainsi que leurs habitats.
La chasse y est interdite, sauf si elle s'avère nécessaire pour préserver la biodiversité ou prévenir des dommages excessifs causés par la faune sauvage. Dans ce cas, l'abattage d'animaux sauvages devrait être autorisé.
Le fait que les bouquetins protégés puissent aujourd'hui également être tués dans les réserves est malheureusement une question non contestée en politique. En revanche, le Conseil national avait dans un premier temps refusé d'autoriser l'abattage de loups dans ces zones.
Le Conseil des États, quant à lui, souhaitait autoriser l'abattage de loups dans ces zones. Lors du troisième cycle de délibérations au Conseil national cette semaine, une forte minorité bourgeoise a renversé la situation et le Conseil national s'est rallié au Conseil des États par une courte majorité, 92 voix contre 91 avec 2 abstentions.
Plusieurs intervenants ont fait référence au référendum annoncé par les associations environnementales contre la révision de la loi sur la chasse. Ils ont mis en garde contre le risque de surcharger le projet, ce qui ferait le jeu des opposants.
Ces dernières années, ce parlement s'est prononcé majoritairement contre la protection de la nature et de l'environnement, avec le soutien actif des chasseurs de loisir.
Il est extrêmement important de voter correctement le 20 octobre, lors de l'élection d'un nouveau parlement. Voici où l'on peut facilement vérifier qui a régulièrement politisé contre la nature : par exemple concernant la loi sur la chasse et la protection de la faune : ecorating.ch
Sondage Pro Natura
L'institut de recherche d'opinion GFS Zurich a interrogé, sur mandat de l'organisation environnementale Pro Natura, entre le 13 mai et le 3 juin, un total de 1’006 personnes adultes en Suisse alémanique et romande sur cette thématique ; la marge d'erreur est de plus/moins 3,2 pourcent.

Un référendum est prévu
La révision de la loi sur la chasse et la protection de la nature, qui dure déjà plusieurs années, prévoit non seulement la régulation du bouquetin et du loup, mais aussi du cygne tuberculé. À l'avenir, il devrait être plus facile pour les autorités de chasse d'abattre certains animaux protégés qui causent des conflits, ou de freiner l'évolution de leurs populations. Exemple : le Conseil fédéral et le Parlement souhaitent, chose perverse, abattre des jeunes loups issus de meutes avant même qu'un quelconque dommage ne survienne.
Les associations environnementales parlent donc de «tirs préventifs», qui pourraient menacer la survie d'espèces en danger. Les partisans de la révision de la loi rétorquent que ni le bouquetin, ni le loup, ni le cygne tuberculé ne sont des espèces menacées.
Les principaux points critiques du référendum portent sur trois lignes rouges qui ne sauraient être tolérées :
A) La cession de la compétence de régulation de la Confédération aux cantons (ce qui contredit l'appréciation fondée sur le mandat constitutionnel en matière de protection des espèces et complique également le respect des accords internationaux tels que la Convention de Berne).
B) L'abattage d'animaux sauvages protégés à titre «préventif». Cela signifie que des espèces animales protégées pourraient à l'avenir être régulées sans que des mesures de protection aient préalablement été mises en œuvre pour prévenir d'éventuels dommages. Des espèces protégées pourraient ainsi être abattues de manière préventive.
C) La lettre c du nouvel article de loi 7a, selon laquelle le Conseil fédéral peut à tout moment désigner d'autres espèces protégées comme régulables, de manière antidémocratique par voie d'ordonnance, en contournant le Parlement et le corps électoral.
Pour les associations environnementales, il est clair que le loup n'est que la «porte d'entrée» vers un assouplissement général de la protection des espèces. Le lynx, le héron cendré, le harle bièvre et le castor ont déjà été évoqués ; il existe un mandat parlementaire (motion Niederberger) visant à inscrire le cygne tuberculé sur la liste, et d'autres «espèces conflictuelles» seraient envisageables à l'avenir (loutre d'Europe, aigle royal, autres espèces de hérons).
La conférence de conciliation de la semaine prochaine constitue pour l'instant le dernier chapitre concernant les divergences encore existantes entre le Conseil national et le Conseil des États sur la régulation des espèces animales protégées en général. En cas d'échec, la révision sera abandonnée. Si les deux chambres du Parlement parviennent malgré tout à s'entendre, les associations environnementales sont déterminées : elles lanceront un référendum contre la révision de la loi. Le peuple aurait ainsi le dernier mot.
Le référendum en lui-même ne nécessite aucun texte (contrairement à une initiative populaire) : il s'agit simplement de rejeter la nouvelle loi sur la chasse et la protection. Autrement dit, si le référendum aboutit, la loi JSG actuelle reste en vigueur, et la classe politique aurait ainsi, honteusement pendant plus d'une décennie, légiféré en ignorant la majorité du peuple ainsi que la protection des animaux et des espèces.
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