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Chasse

L'association de chasse revendique le droit de tuer pour le plaisir

La loi sur la chasse est d'ailleurs combattue par de nombreuses chasseuses et chasseurs responsables, pour qui l'équilibre naturel est une préoccupation majeure. La loi sur la chasse, telle qu'elle se présente à nous, n'est pas un compromis — non, c'est un recul.

Rédaction Wild beim Wild — 17 août 2020

Le comité du NON — contrairement à l'association de chasseurs de loisir «Jagd Schweiz» — contre la loi sur la chasse mal ficelée aurait accueilli favorablement une réglementation raisonnable concernant le loup.

Mais la révision s'est transformée en une attaque totalement incompréhensible contre de nombreuses espèces d'animaux protégés. Et ce, en période de grande inquiétude pour la biodiversité ! La suppression des compétences fédérales en matière d'abattage d'animaux protégés et les nouvelles formulations floues de la loi portent atteinte à la sécurité juridique et favorisent les décisions arbitraires. La loi rend également un bien mauvais service à la protection de la forêt de montagne et à l'agriculture.

Personne au sein du comité du NON, ni les chasseurs, ni les gardes forestières, ni les défenseurs de la nature, ni les nombreuses parlementaires et parlementaires de tous les horizons politiques (Verts, PVL, PDÉ, PS, représentants du PLR), ne s'opposerait à une loi faisant preuve de mesure dans la gestion du loup. Mais malheureusement, le Parlement s'est fourvoyé, écrit le comité dans un communiqué de presse.

Au lieu de régler pragmatiquement la question du loup, la nouvelle loi affaiblit la protection des espèces en Suisse. C'est une attaque contre les mammifères et les oiseaux protégés.“ 

Niklaus Gugger, conseiller national PDÉ (ZH)

Avec la loi sur la chasse mal ficelée, le lynx, le castor, le cygne tuberculé, le héron cendré, le loup, la loutre, etc. sont menacés d'abattage. Et les espèces menacées que sont le tétras lyre, le lagopède alpin, la bécasse des bois, le lièvre variable et le lièvre brun restent toujours sans protection.

Démantèlement de la protection des espèces et confusion juridique

Le fait que des tirs de régulation des populations soient désormais possibles même dans les réserves de protection de la faune sauvage montre à quel point la loi révisée sur la chasse et la protection s'est éloignée de l'équilibre «chasse-protection-régulation». “La loi autorise des possibilités de tir pratiquement illimitées”, conclut le juriste et conseiller aux États PS Daniel Jositsch (ZH). Selon Jositsch, la suppression de l'approbation fédérale pour l'abattage d'espèces protégées entraîne une confusion des niveaux de protection des espèces animales menacées. Une protection durable des espèces rares au-delà des frontières cantonales et nationales devient ainsi impossible. Étant donné que les animaux sauvages ne respectent pas les frontières cantonales, la protection des espèces menacées est ainsi fondamentalement remise en question.

Renforcer la protection des troupeaux plutôt que de vendre l'abattage comme solution

La protection des troupeaux dans les Alpes suisses en est encore à ses balbutiements. Les éleveurs restent à la charge de la moitié des coûts supplémentaires, et la négligence et le manque de connaissances s'y ajoutent en de nombreux endroits. La protection des troupeaux ne bénéficie pas du puissant lobbying des associations paysannes bien établies.

«Plutôt que de défendre les intérêts des alpagistes et de renforcer véritablement la protection des troupeaux à tous les niveaux, les associations paysannes tentent de vendre une loi sur la chasse ratée comme solution.»

Le conseiller national PLR Kurt Fluri (SO)

Il lui déplaît en outre que la simple présomption que des animaux pourraient causer un dommage, et même sans que celui-ci doive être particulièrement important, suffise à justifier un abattage à l'avenir.

La chasse au tétras lyre, au lagopède et au lièvre variable est gravée dans le marbre

Lorsqu'une loi est présentée avec les mots “Plus de protection pour les habitats et les animaux” ou avec “Plus de sécurité pour les animaux”,ces ambitions élevées doivent être mesurées à l'aune des faits.Selon Claire Richard, députée au Grand Conseil et présidente du glp (VD), cela ne cadre pas avec la chasse au tétras lyre ou au lagopède — chasse aux trophées — toujours autorisée. La révision de la loi a également manqué l'occasion de réglementer de manière contemporaine la chasse aux animaux menacés et de renforcer la protection des espèces en général.

Un non dans l'intérêt des forêts de montagne et de protection

Aujourd'hui, les gardes forestiers doivent déployer des efforts considérables et mettre en œuvre des mesures de protection coûtant des millions pour sauver les jeunes arbres des ravages causés par le gibier. C'est le cas surtout en montagne. Des milliers de grillages et des kilomètres de clôtures sont nécessaires. Cela ne devrait pas être ainsi. Christophe Clivaz, conseiller national Vert (VS), souligne le rôle positif des prédateurs indigènes que sont le lynx et le loup, qui régulent naturellement les ongulés sauvages. Ainsi, le loup et le lynx favorisent le renouvellement naturel des forêts et contribuent à des forêts de montagne riches en espèces et robustes. De nombreuses gardes forestières et gardes forestiers, la Société forestière suisse et d'éminents représentants de la sylviculture de montagne s'engagent pour un NON.

"Il est irresponsable d'élaborer une loi qui affaiblit la protection de la diversité naturelle".

Christophe Clivaz, conseiller national Vert (VS)

Controversé même parmi les chasseurs

Un exemple parmi d'autres : la prolongation de la période de protection de la bécasse des bois, vantée par le Conseil fédéral comme une amélioration, couvre exactement les 30 jours durant lesquels seulement 4 % de toutes les bécasses des bois sont chassées. Pour protéger au moins les oiseaux nicheurs suisses de la chasse pratiquée par les chasseurs amateurs suisses, il aurait fallu étendre la période de protection de manière bien plus significative. Greta Gysin, conseillère nationale des Verts (TI), déclare à ce sujet : "La loi sur la chasse est également combattue par de nombreux chasseurs et chasseuses responsables, pour qui l'équilibre naturel est une préoccupation majeure". Avec les abattages d'animaux protégés et la chasse aux espèces menacées, cette loi ratée porte préjudice à la réputation des chasseurs raisonnables. La fédération de chasse estime avoir le droit de tuer pour le plaisir. "La loi sur la chasse, telle qu'elle nous est présentée, n'est pas un compromis — non, c'est un recul.

Tromperie sur l'étiquette aux dépens de la nature

La procédure de consultation relative à l'ordonnance de la nouvelle loi sur la chasse est déjà en cours. Le Conseil fédéral la présente sous l'intitulé "Plus de protection pour les habitats et les animaux". Le cygne tuberculé figure déjà sur la liste des espèces à abattre dans l'ordonnance, car le Parlement y a contraint le Conseil fédéral par voie de motion. Le castor, le lynx et le héron cendré pourraient bientôt connaître le même sort.Même si le Conseil fédéral affirme le contraire : l'ordonnance ne peut bien entendu pas corriger la dégradation de la protection des animaux sauvages introduite par la loi révisée.Les abattages à des fins de régulation des populations sont désormais également possibles dans les zones protégées, alors qu'ils y étaient jusqu'ici interdits. L'obligation actuellement en vigueur de prendre des mesures de prévention des dommages avant les tirs a été supprimée, et ainsi de suite. Le Conseil fédéral va même encore plus loin dans l'ordonnance en tentant, sans aucune raison valable, de supprimer la protection des nids de martinets et d'hirondelles pour la prochaine saison de nidification. Notre pays a vraiment besoin de l'opportunité de créer un meilleur droit de la chasse, tant dans la loi que dans l'ordonnance. Quiconque vante cette loi ratée sous l'intitulé «Plus de protection pour les habitats et les animaux» pratique la tromperie sur l'étiquette. Pour cela, il faut maintenant un Non le 27 septembre, explique Nik Gugger, conseiller national PEV, ZH.

La fédération des chasseurs amateurs estime avoir le droit de tuer pour le plaisir

Un Non en faveur d'un droit de la chasse moderne pour l'ensemble du pays

Un Non le 27 septembre, souligne le comité, est dans l'intérêt de toute la Suisse. Il ouvre la porte à une loi sur la chasse progressiste et axée sur la protection.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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