L'UE, deuxième moteur mondial de la déforestation
Selon le WWF, l'UE est responsable de 16 % de la déforestation tropicale mondiale. Le soja, l'huile de palme et la viande bovine sont les principales causes de destruction des forêts.
L'UE compte parmi les principaux moteurs de la destruction des forêts.
C'est ce que montre un rapport du WWF publié en avril 2021, qui examine l'impact des relations commerciales sur la déforestation et la destruction de la nature de 2005 à 2017. Selon ce rapport, 16 % de la déforestation tropicale mondiale liée au commerce international est imputable à l'UE. Elle se place ainsi en deuxième position du «classement mondial des destructeurs de forêts», derrière la Chine (24 %) et devant l'Inde (9 %) et les États-Unis (7 %).
Le WWF réclame des chaînes d'approvisionnement sans déforestation
Le WWF demande au gouvernement fédéral ainsi qu'à la Commission européenne d'assumer leurs responsabilités et, en conséquence de ce rapport, de veiller à l'instauration de normes environnementales et sociales plus strictes et contraignantes dans les relations commerciales internationales. Dans un premier temps, le WWF demande au gouvernement fédéral de plaider auprès de la Commission européenne en faveur d'une loi européenne ambitieuse sur les chaînes d'approvisionnement sans déforestation. Celle-ci doit empêcher que notre consommation continue de transformer des espaces naturels intacts — forêts, savanes et zones humides — en terres agricoles.
L'ère de la destruction de la nature doit prendre fin, car les écosystèmes naturels tels que les forêts sont notre assurance-vie. Ce sont des sauveurs du climat, un trésor de biodiversité et un rempart contre les pandémies futures. Nous avons besoin d'un changement de paradigme dans le commerce mondial : les produits qui arrivent sur le marché européen ne doivent pas être produits au détriment de la nature et des droits humains.
Christine Scholl, experte WWF en chaînes d'approvisionnement durables
Le soja, l'huile de palme et la viande bovine comme principaux moteurs
Durant la période étudiée, ce sont les importations de soja, d'huile de palme et de viande bovine qui ont le plus contribué à la destruction des forêts tropicales, suivies des produits en bois, du cacao et du café. C'est au Brésil, en Indonésie et au Paraguay que la consommation européenne a détruit le plus de surfaces forestières. En 2017, la déforestation importée a entraîné indirectement 116 millions de tonnes d'émissions de CO2 pour l'UE. Cela représente plus d'un quart des émissions de l'UE provenant du secteur agricole cette même année. Ces émissions indirectes ne sont pas comptabilisées dans les statistiques officielles sur les émissions de gaz à effet de serre.
Au sein de l'UE, c'est l'Allemagne qui a importé de loin le plus de déforestation entre 2005 et 2017, avec en moyenne 43 700 hectares de forêt détruits chaque année pour les importations allemandes. Au total, 80 % de la destruction forestière importée dans l'ensemble de l'UE est imputable aux huit plus grandes économies. Scholl commente : «C'est un cercle vicieux, car une nature intacte est le fondement de toute économie durablement prospère. Les déclarations d'intention volontaires des gouvernements et des entreprises visant à rendre les chaînes d'approvisionnement exemptes de déforestation n'ont jusqu'à présent permis d'enrayer la destruction de la nature que dans des cas isolés. Il est d'autant plus important que la Commission européenne établisse un cadre contraignant par le biais d'une loi ciblée et ambitieuse.»
Les savanes et les zones humides également menacées
Outre les forêts, cette loi doit également protéger d'autres écosystèmes, selon le WWF, faute de quoi la destruction de la nature ne ferait que se déplacer des forêts vers d'autres écosystèmes tels que les zones humides, les prairies et les savanes. Ceux-ci sont pourtant tout aussi importants pour le climat, la biodiversité et les moyens de subsistance des populations locales que les forêts tropicales, et subissent déjà une pression considérable : selon les recherches du WWF, en 2018, près d'un quart des importations européennes de soja en provenance des pays sud-américains étudiés provenait de la savane du Cerrado, où la destruction de l'écosystème au profit de l'exploitation agricole progresse particulièrement rapidement.
Selon une récente étude du WWF sur l'alimentation, un changement de régime alimentaire peut également contribuer à réduire la pression de la déforestation sur les forêts tropicales : si la consommation de viande de tous les Allemands est divisée par deux pour atteindre en moyenne 470 grammes par semaine — au profit de davantage de légumineuses et de fruits à coque — les besoins fonciers alimentaires de l'Allemagne diminueraient de près de trois millions d'hectares. Cela correspond approximativement à la superficie du Brandebourg.
Soutiens notre travail
Avec ton don, tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.
Faire un don →
