Corridors fauniques : Passages à faune plus efficaces que les tirs
En Suisse, il existe 303 corridors fauniques suprarégionaux. Parmi eux, 47 – soit environ 16 pour cent – sont aujourd'hui largement interrompus et ne sont plus utilisables par la faune. Plus de la moitié des corridors restants sont significativement à fortement compromis dans leur fonctionnalité. Chaque année, près de 21’000 animaux sauvages de taille moyenne à grande meurent sur les routes et voies ferrées suisses, dont plus de 8’000 chevreuils – statistiquement donc un chevreuil par heure. Plus de 100’000 amphibiens sont écrasés annuellement. Chaque année, plus de 100 personnes sont blessées, et les dommages matériels se chiffrent en dizaines de millions.
Ce que les chasseurs de loisir en font est remarquable : Ils se déclarent eux-mêmes comme la solution au problème. Les tirs, selon l'argument, réduisent les populations de gibier et donc les accidents avec la faune. La prévention des dommages causés par la faune sur les routes vaut comme formule de légitimation pour la chasse de loisir, particulièrement là où d'autres justifications ne tiennent plus. Pourtant, la science, la pratique et l'expérience de la Suisse et de l'Europe montrent clairement : Les réponses efficaces à la fragmentation des habitats et aux accidents avec la faune s'appellent passages à faune, passages pour animaux, clôtures olfactives, dispositifs d'alerte pour la faune et aménagement du territoire conséquent – pas les tirs.
Ce dossier montre pourquoi la fragmentation des habitats est un problème structurel qui nécessite des réponses structurelles, pourquoi la chasse de loisir ne résout pas le problème mais l'aggrave parfois, et pourquoi la Suisse, malgré un bon fondement légal, accuse des décennies de retard sur les besoins.
Vous trouverez plus d'informations sur les arguments de lobby de la chasse de loisir dans le Dossier Mythes de la chasse : 12 affirmations que vous devriez examiner de manière critique.
Ce qui vous attend ici
- Fragmentation de l'habitat : ce qu'elle signifie et pourquoi elle constitue le problème central de la faune sauvage contemporaine. Comment les routes, les zones urbaines et les lignes de chemin de fer fragmentent les habitats animaux en îlots de plus en plus petits, ce que cela signifie pour les populations, la génétique et les chances de survie, et quelles espèces sont particulièrement touchées.
- 303 corridors, 47 interrompus : l'état des corridors fauniques suisses. Ce que montre l'inventaire OFEV, où se trouvent les plus grandes lacunes, pourquoi les autoroutes constituent la plus grande barrière et à quel point la réhabilitation a progressé.
- Écoducs et passages à faune : ce qu'ils peuvent faire – et ce que dit la recherche. Pourquoi les ponts verts sont efficaces pour tous les groupes d'animaux terrestres, ce que signifient 2’300 animaux sauvages par pont et par an, et quels facteurs déterminent le succès ou l'échec.
- Accidents avec la faune : 21 000 morts par an et le chiffre noir. Ce que montrent les statistiques suisses d'accidents avec la faune : quels groupes de personnes sont touchés, quels coûts sont générés et pourquoi les chiffres officiels sont systématiquement trop bas.
- L'argument de la chasse : « Les tirs préviennent les accidents avec la faune. » Pourquoi cette affirmation ne tient pas scientifiquement, comment les battues et la chasse nocturne augmentent causalement les accidents avec la faune et ce que montrent les études sur la dynamique des populations et la sécurité routière.
- Alternatives qui fonctionnent : clôtures odorantes, réflecteurs, systèmes d'alerte à la faune, réductions de vitesse : quelles mesures non létales montrent jusqu'à 80 pour cent d'accidents avec la faune en moins dans les études, comment fonctionnent les systèmes techniques d'alerte à la faune et pourquoi 60 km/h sur les tronçons critiques sauve des vies.
- L'aménagement du territoire comme solution : ce que signifie la mise en réseau conséquente des habitats : comment Pro Natura, l'OFEV et les cantons sécurisent les corridors, ce que prévoit le plan d'action Biodiversité et pourquoi la réhabilitation des corridors fauniques suisses prendra encore des décennies.
- Ce qui devrait changer : revendications politiques concrètes : obligation de réhabilitation avec délai, systèmes d'alerte à la faune obligatoires, réductions de vitesse, réserve d'aménagement du territoire.
- Arguments : réponses aux justifications les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
- Liens rapides : tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.
Fragmentation de l'habitat : le problème central de la faune sauvage contemporaine
Les animaux sauvages ont besoin d'habitats cohérents. Ils migrent quotidiennement entre les lieux de nourriture et de repos, saisonnièrement entre les quartiers d'été et d'hiver, et sur plusieurs générations, afin que les jeunes puissent émigrer, que les populations puissent s'échanger et que les espèces puissent coloniser de nouveaux territoires. Ce qui était autrefois évident n'est plus possible aujourd'hui pour de nombreuses espèces en Suisse et en Europe centrale : routes, lignes de chemin de fer, zones urbaines, cours d'eau canalisés et surfaces agricoles exploitées intensivement ont fragmenté le paysage en îlots de plus en plus petits.
Les conséquences sont graves. Les populations isolées perdent leur diversité génétique car il n'y a plus d'échange avec les populations voisines. Des événements locaux – un hiver rigoureux, une maladie, un événement extrême – peuvent anéantir des populations entières si aucune immigration depuis les zones adjacentes n'est possible. Les espèces qui ont besoin d'habitats étendus ou qui dépendent de migrations saisonnières perdent d'autres options à chaque nouvelle route et chaque nouvelle zone urbaine. La circulation routière est aujourd'hui la cause de décès la plus fréquente pour les mammifères sauvages en Suisse, elle tue environ la moitié des animaux sauvages qui ne périssent pas par la chasse de loisir.
Ce n'est pas un problème de niche de la protection de la nature. C'est le problème structurel fondamental de l'écologie de la faune sauvage en Suisse, et il ne se résout par aucun tir. Quiconque veut sérieusement parler de protection de la faune, de conservation des espèces et de sécurité routière doit commencer ici – pas par le permis de chasse.
Plus d'informations : La Suisse chasse, mais pourquoi encore ? et Chasse et protection des animaux : ce que la pratique fait aux animaux sauvages
303 corridors, 47 interrompus : l'état des corridors fauniques suisses
L'OFEV a inventorié 303 corridors fauniques suprarégionaux pour la Suisse. Ces corridors relient les zones forestières, les cours d'eau et les surfaces proches de la nature et constituent l'épine dorsale de la mobilité de la faune sauvage en Suisse. Le résultat de l'état des lieux actuel est désillusionnant : seuls environ 28 pour cent des corridors fonctionnent largement sans restriction. 47 corridors – 16 pour cent – sont complètement interrompus et ne sont plus utilisables par la faune sauvage. Plus de la moitié, à savoir 171 corridors, sont considérablement à fortement compromis dans leur fonctionnalité.
La plus grande barrière est constituée par les routes nationales. L'Office fédéral des routes (OFROU) travaille depuis 2003 conjointement avec l'OFEV et les cantons à l'assainissement des corridors fauniques qui croisent les routes nationales – au total 41 corridors d'importance suprarégionale. Le progrès est lent : en 2021, il y avait 44 écoponts en Suisse ; les premiers ont été construits en 1992 dans le canton de Thurgovie au-dessus de la nouvelle A7. D'autres passages, passages inférieurs et passages spécialisés pour petits animaux s'y ajoutent, mais l'assainissement s'étend sur des décennies, non sur des années. Dans le canton de Zurich, le programme d'assainissement actuel comprend 50 corridors fauniques et est planifié en trois étapes sur 24 ans, de 2024 à 2044.
Aucune population d'animaux sauvages n'a causé cet état, et aucun abattage ne le résoudra. Il est le résultat de décennies de négligences en matière d'aménagement du territoire et il exige des corrections d'aménagement du territoire.
Plus d'informations : OFEV : Corridors fauniques et passages à faune et Pro Natura : Voie libre pour la faune sauvage
Écoponts et passages à faune : ce qu'ils peuvent faire – et ce que dit la recherche
Les écoponts et passages à faune fonctionnent. Ce n'est pas l'opinion d'associations de protection de la nature, mais le résultat de décennies de recherche. Une méta-analyse qui a évalué les écoponts en Allemagne, aux Pays-Bas, en France et en Suisse arrive à la conclusion : les écoponts conviennent à tous les groupes d'animaux terrestres pour compenser au moins localement les effets de fragmentation de l'infrastructure de transport. Ils sont les plus efficaces quand ils ne servent pas seulement de corridors de traversée étroits, mais sont intégrés dans l'espace d'activité des espèces respectives.
Les chiffres sont impressionnants : sur un écopont au-dessus de l'autoroute A11 dans le Brandebourg, près de 2’300 animaux sauvages ont été enregistrés entre mai 2005 et avril 2006. Le passage n'a pas été utilisé seulement par de plus gros animaux sauvages, mais aussi par des animaux invertébrés comme les papillons, araignées et coléoptères. Un monitoring de l'Institut de recherche forestière du Bade-Wurtemberg sur 66 passages à faune – des grands passages supérieurs aux passages pour petits animaux – documente que les ponts conviennent comme aide à la traversée et habitat pour différents groupes d'espèces et apportent une contribution significative à la mise en réseau. Pour le Chat forestier européen au Luxembourg, il a pu être prouvé via l'analyse ADN qu'au moins 9 individus différents utilisaient un seul écopont comme corridor de migration.
Déterminant pour le succès : la largeur. Plus un pont est large, mieux il est accepté. Les ponts étroits sans couverture sont évités par les espèces farouches. Un pont d'au moins 50 mètres de largeur avec une végétation proche de la nature obtient des chiffres d'utilisation nettement plus élevés que les « modèles d'économie » étroits. Cela a des conséquences pour la planification : qui économise sur les écoponts, économise sur l'efficacité.
Plus d'informations : Canton de Zurich : Corridors fauniques et OFEV Contrôle de fonctionnement des passages à faune (PDF)
Accidents avec la faune : 21 000 morts par an et le chiffre noir
En Suisse, selon les statistiques officielles, près de 21 000 animaux sauvages de taille moyenne à grande meurent chaque année dans la circulation routière – dont plus de 8 000 chevreuils, ainsi que des renards, blaireaux, lièvres, sangliers et occasionnellement des cerfs. Plus de 100 000 amphibiens – principalement grenouilles et crapauds – sont écrasés chaque année. Environ 90 pour cent des accidents se produisent sur route, le reste sur voie ferrée. En outre, plus de 100 personnes sont blessées chaque année, les dégâts matériels s'élèvent à des dizaines de millions pour les seuls cas d'assurance déclarés : des assureurs comme AXA et Helvetia enregistrent annuellement des milliers de déclarations de sinistres.
Ces chiffres doivent être lus avec une réserve décisive : ce sont des sous-estimations. Seuls sont recensés les accidents signalés à un garde-chasse ou à une autorité. Les petits animaux, les espèces nocturnes et les accidents sur routes secondaires manquent fréquemment. Dans le seul canton de Zurich, environ 2 800 animaux sauvages sont morts en 2023 dans la circulation routière – et cela ne comprend que les cas signalés. Le chiffre noir devrait être considérablement plus élevé au niveau suisse que les 20 000 officiels. Les régions particulièrement accidentogènes sont le Jura, Fribourg et les Grisons, ainsi que dans le canton de Zurich le Weinland et les communes riveraines des lacs.
Ce que montrent aussi ces chiffres : le problème ne concerne pas principalement les populations sauvages comme stocks abstraits, mais des animaux individuels concrets qui meurent la nuit sur une route – souvent après un long processus d'agonie, loin de tout vétérinaire, inaperçus des autorités et du public. Environ la moitié des animaux trouvés sur la route présentent des morsures ou autres blessures préalables dues à la chasse, ce qui indique que les réactions de fuite causées par la pression de chasse et les battues contribuent de manière causale à la mort sur route.
Plus d'informations : Dossier Chasse et protection animale et Animaux sauvages, angoisse de mort et absence d'anesthésie
L'argument cynégétique : « Les tirs préviennent les accidents avec la faune »
L'argument est ancien et répété avec persistance : moins d'animaux sauvages signifie moins d'accidents avec la faune. Les tirs seraient donc un moyen d'assurer la sécurité routière. À première vue, cela semble plausible. À y regarder de plus près, cela ne tient pas empiriquement et écologiquement.
Premièrement, les études d'écologie des populations montrent que la chasse intensive peut décimer les populations d'animaux sauvages à court terme, mais ne peut les réduire durablement, car les pertes sont compensées par des taux de reproduction accrus. C'est exactement le cas notamment pour les chevreuils et sangliers : la population se régule elle-même par la capacité en ressources de l'habitat, non par les nombres de tirs. Qui chasse crée à court terme de l'espace pour les jeunes animaux – et augmente ainsi le taux de reproduction. Deuxièmement, la recherche montre que les battues et traquées effraient activement les animaux sauvages et les mettent en panique. Les animaux chassés traversent dans l'angoisse de mort des routes qu'ils éviteraient autrement. PETA rappelle : « Les chasseurs sont coresponsables de nombreux accidents avec la faune. Lors de la chasse, particulièrement lors de grandes battues, les animaux sont effrayés. Ce faisant, ils fuient et courent dans l'angoisse de mort sur les routes et dans les agglomérations. »
Troisièmement, l'argument des tirs est le plus clairement réfuté là où le canton de Genève se passe depuis 1974 de toute chasse de loisir : les chiffres d'accidents avec la faune dans le canton de Genève ne sont pas plus élevés que dans les cantons où l'on chasse. Ce qui fait la différence, ce sont les mesures structurelles : réductions de vitesse, installations d'alerte à la faune, planification de l'habitat. Cela montre : la sécurité routière et la protection de la faune sont des tâches de planification, non des tâches de chasse.
Plus d'informations : Mythes cynégétiques : 12 affirmations que tu devrais examiner de manière critique et Chasse et cruauté envers les animaux
Alternatives qui fonctionnent : clôtures olfactives, réflecteurs, installations d'alerte, réductions de vitesse
Entre le pôle extrême « ne rien faire » et « tirer sur les animaux sauvages » se trouve un large spectre de mesures non létales scientifiquement éprouvées pour réduire les accidents avec la faune, qui dans leur effet global sont bien plus efficaces que les tirs.
Les clôtures odorantes et les réflecteurs pour gibier ont montré dans une étude à long terme menée conjointement par l'ADAC et la Fédération allemande de chasse, sur des tronçons d'essai bien sécurisés, une réduction des accidents de gibier jusqu'à 80 pour cent. L'efficacité est ciblée sur certains types de tronçons et d'espèces animales et présuppose un entretien régulier – mais l'effet est mesurable et reproductible. Les installations d'avertissement acoustique pour gibier, qui réagissent aux mouvements de véhicules et émettent des signaux ultrasoniques, ont fait leurs preuves aux points névralgiques. Dans le canton de Zurich, un système d'avertissement amélioré est testé au bord du lac de Zurich, spécifiquement orienté sur les tronçons les plus accidentogènes.
Les limitations de vitesse sur les tronçons routiers critiques – en particulier 60 km/h la nuit sur les couloirs de passage connus – sont faciles à mettre en œuvre et réduisent considérablement tant la probabilité de collision que la gravité des accidents : un chevreuil de 20 kilogrammes a un poids d'impact d'environ une tonne à 100 km/h. Les clôtures de protection contre le gibier le long des routes nationales empêchent certes les traversées, mais renforcent simultanément la fragmentation de l'habitat – elles ne sont donc sensées qu'en combinaison avec des passages à faune, jamais comme mesure unique. Les méthodes d'effarouchement acoustique comme l'« effaroucheur de sangliers » testé par la ZHAW montrent des résultats prometteurs en agriculture et pourraient influencer durablement le comportement du gibier près des routes, sans blesser un seul animal.
En savoir plus : Alternatives à la chasse : Ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux et Initiative exige « Gardes-faune au lieu de chasseurs »
Aménagement du territoire comme solution : Ce que signifie une mise en réseau conséquente des habitats
Les corridors fauniques sont ancrés dans le droit suisse : Le réseau de corridors est un mandat légal, leur assainissement fait partie du plan d'action de la stratégie biodiversité de la Confédération. L'OFEV, l'OFROU et les cantons travaillent ensemble. Les bases sont bonnes.
Le problème est le rythme. L'assainissement des 51 corridors interrompus sur les routes nationales se déroule depuis 2003 – donc depuis plus de 20 ans – et n'est toujours pas achevé. Dans le canton de Zurich, le programme d'assainissement pour 50 corridors est prévu sur 24 ans. Pro Natura exige depuis des années que les corridors compromis ou interrompus soient rendus à nouveau praticables, et que lors de la planification de nouvelles infrastructures, les besoins de mouvement de la faune sauvage soient pris en compte de manière contraignante dès le départ. L'Office fédéral de l'environnement accélère les programmes d'assainissement dans le cadre de la stratégie biodiversité – un pas dans la bonne direction, qui ne doit cependant pas faire oublier que pour chaque passage assaini, de nouvelles fragmentations apparaissent, tant que l'aménagement du territoire et le droit de la construction n'ancrent pas un principe de protection des corridors conséquent.
Ce que signifierait une approche vraiment conséquente : une réserve de corridor contraignante au niveau fédéral pour tous les projets ayant un impact territorial, un programme d'assainissement accéléré avec des délais clairs au lieu de plans de décennies, une obligation d'installation d'avertissement pour gibier sur tous les tronçons statistiquement critiques en matière d'accidents, et le renforcement conséquent d'une utilisation du sol proche de la nature dans les zones de corridors, pour garantir la continuité des voies de migration également entre ponts et passages.
En savoir plus : OFEV : Corridors fauniques et Canton de Lucerne : Corridors fauniques et passages à faune
Ce qui devrait changer
- Réserve de corridor contraignante au niveau fédéral pour les projets d'infrastructure : Aujourd'hui, les corridors fauniques doivent être pris en compte lors de nouveaux projets routiers, ferroviaires et d'urbanisation – mais le caractère contraignant présente des lacunes. Il faut une base légale claire qui empêche fondamentalement les nouvelles fragmentations de corridors existants ou planifiés et lie les exceptions à des obligations strictes de compensation.
- Programme d'assainissement accéléré avec délais: L'assainissement en cours des 51 sites de corridors nationaux interrompus doit recevoir des échéances contraignantes. Un plan de 24 ans n'est pas un programme d'assainissement, mais un atermoiement. Au rythme actuel, les corridors interrompus seront rétablis avec des décennies de retard.
- Installations obligatoires d'alerte à la faune sur les tronçons critiques d'accidents: Les cantons tiennent des statistiques d'accidents avec la faune. Ces données doivent être évaluées systématiquement et servir de base à l'installation obligatoire de systèmes d'alerte à la faune, de clôtures odorantes ou de réductions de vitesse sur les tronçons à forte accidentalité. Un point chaud d'accidents avec la faune sans mesures est une décision évitable.
- Réductions de vitesse sur les passages de faune: Sur les tronçons routiers qui croisent des passages de faune connus, particulièrement aux heures crépusculaires et nocturnes, la vitesse standard doit être fixée à 60 km/h. La réduction du poids d'impact diminue la gravité des accidents tant pour les animaux que pour les humains.
- Gestion intégrée de la faune plutôt que contingents d'abattage: Les autorités cantonales de chasse et d'aménagement du territoire doivent collaborer plus étroitement. La gestion de la faune ne peut plus signifier fixer des quotas d'abattage. Elle doit signifier interconnecter les habitats, créer des zones tampons et prioriser systématiquement les solutions non létales aux conflits.
- Statistiques complètes et publiques des accidents avec la faune: Tous les cantons ne publient pas de données comparables sur les accidents avec la faune. Un monitoring uniforme et accessible au public, avec des obligations de déclaration contraignantes, crée la base de données nécessaire aux mesures fondées sur les preuves.
- Interventions types : Textes modèles pour interventions critiques envers la chasse et Protéger les forêts protectrices de la chasse de loisir
Argumentaire
«Moins de gibier par les abattages signifie moins d'accidents avec la faune.» Cela est vrai à court terme et localement dans certaines configurations. À long terme, les populations de faune compensent les pertes par des taux de reproduction accrus ; les effectifs se rétablissent rapidement. De plus, les battues et chasses en battue montrent des liens causaux avec l'augmentation du nombre d'accidents avec la faune : les animaux effrayés traversent dans la terreur mortelle des routes qu'ils éviteraient normalement. Le canton de Genève n'a pas de chasse de loisir depuis 1974 et ne présente pas de taux d'accidents avec la faune comparativement plus élevés. C'est la réfutation empirique la plus claire de cet argument.
«Les écoponts coûtent trop cher – la chasse est bien moins chère.» Un écopont coûte selon sa largeur et son emplacement plusieurs millions de francs. Mais il dure des décennies, améliore la biodiversité, réduit durablement les accidents et ne crée pas de nouveaux problèmes. Les abattages sont périodiques, génèrent des coûts consécutifs par reproduction accrue et ne résolvent pas du tout le problème fondamental – le morcellement de l'habitat. Qui qualifie les écoponts de trop coûteux doit se demander pourquoi il ne comptabilise pas en face les coûts de chasse, les dommages d'accidents avec la faune dans les dizaines de millions et les pertes de biodiversité à long terme.
«Les corridors fauniques ne servent à rien si les animaux ne les utilisent pas.» La recherche montre le contraire : les écoponts sont utilisés par tous les groupes d'animaux terrestres, des grands mammifères aux invertébrés. La largeur, la végétalisation et la connexion à des surfaces naturelles de part et d'autre du passage sont déterminantes. Les ponts étroits ou mal conçus fonctionnent effectivement moins bien – c'est un argument pour une meilleure planification, pas contre les écoponts en soi.
«La chasse régule les populations de gibier qui sinon prendraient le dessus.» Aucune population de faune ne «prend le dessus» sans que les humains aient modifié son habitat, ses ennemis ou sa base alimentaire. Là où les populations de faune causent effectivement des problèmes, les mesures non létales – clôtures odorantes, systèmes d'effarouchement, adaptations d'habitat – sont souvent plus efficaces et durables que les abattages, qui ne résolvent pas le problème fondamental.
«Pro Natura et autres organisations de protection de la nature soutiennent la chasse comme instrument.» Pro Natura s'engage de manière conséquente pour les corridors fauniques, les écoponts et l'aménagement du territoire. Lorsque les organisations de protection de la nature ne rejettent pas catégoriquement certaines mesures de chasse, ce n'est pas un soutien à la chasse de loisir, mais le résultat de compromis pragmatiques dans un système qui n'offre pas de meilleure alternative. Dès que des alternatives non létales sont disponibles, l'argument de la chasse perd son fondement dans la protection de la nature.
«La Suisse possède l'un des meilleurs systèmes de corridors fauniques au monde.» La Suisse dispose d'un bon inventaire et d'un bon fondement juridique. Mais 47 corridors complètement interrompus et 171 fortement compromis sur 303 liaisons suprarégionales ne constituent pas un succès. Le programme d'assainissement fonctionne depuis 2003 et s'étend sur plusieurs décennies. Il faut plus de rythme, plus de moyens et plus de volonté politique – pas d'auto-congratulation.bafu.admin+1
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Notre exigence
Les corridors fauniques, les écoponts et l'aménagement du territoire conséquent ne sont pas des idées romantiques de protection de la nature – ils sont les seules réponses qui s'attaquent réellement au problème fondamental de la fragmentation des habitats. Les abattages ne résolvent pas ce problème. Ils le masquent au mieux temporairement et créent de nouveaux problèmes : taux de reproduction accrus, comportements dysfonctionnels induits par le stress, fuite panique sur les routes, et – comme le montre le canton de Genève depuis 1974 – aucun avantage mesurable par rapport à une alternative sans chasse et conséquente en matière d'aménagement du territoire.
Une politique de la faune sauvage qui prend au sérieux la biodiversité et la sécurité routière investit dans les écoponts, accélère l'assainissement des corridors interrompus, prescrit des installations d'alerte faune aux points noirs d'accidents et cesse d'offrir les abattages comme outil universel pour des problèmes qui exigent des solutions structurelles. La Suisse a le fondement juridique et le savoir scientifique pour cela. Ce qui manque, c'est la volonté politique et le rythme. Ce dossier sera mis à jour en permanence lorsque de nouvelles études, rapports de planification ou décisions politiques l'exigent.
En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.
