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Chasse

Armes de chasse dans l'armoire : la menace silencieuse dans les foyers de chasseurs de loisir

Quand le coffre-fort manque et que la loi se tait.

Rédaction Wild beim Wild — 7 juin 2026
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En Suisse, toutes les deux semaines, une femme est tuée par son partenaire ou ex-partenaire.

Ce qui n'apparaît presque jamais dans ces rapports : si l'auteur était un chasseur de loisir. Si une arme de chasse se trouvait dans l'armoire. Si la loi a contribué à rendre cette mort possible.

Pas de coffre, pas de problème

La loi suisse sur les armes prescrit que les armes doivent être conservées avec « soin ». Mais la loi n'exige pas en soi une armoire à armes verrouillable pour les armes longues – et aucune visite de contrôle officielle n'est effectuée. Pour une conservation sûre, une armoire à armes fermée est recommandée, indiquent les fiches officielles. Recommandation, pas obligation. Pour la femme qui vit avec un chasseur de loisir, cette différence n'a rien de théorique.

Un foyer sur trois en Suisse abrite une arme. Dans de nombreux cas de violence domestique, l'arme à feu est utilisée par les hommes comme moyen de menace.

30’000 chasseurs de loisir, au moins deux fois plus d'armes

Le nombre de chasseurs de loisir en Suisse est estimé à environ 30’000. Celui qui pratique la chasse de loisir possède en règle générale plusieurs armes : une carabine pour le gibier à onglons, un fusil pour le gibier à plumes, souvent aussi un pistolet. En estimation prudente, rien que dans les foyers de chasseurs de loisir, 60’000 à 100’000 armes de chasse sont entreposées dans les logements suisses – la plupart sans sécurisation obligatoire.

Cela distingue fondamentalement le foyer du chasseur de loisir d'un foyer ordinaire, où une arme d'ordonnance oubliée traîne quelque part dans le grenier. Depuis 2010, les militaires peuvent déposer volontairement leur arme d'ordonnance à l'arsenal. À l'échelle suisse, seulement 789 personnes en font usage. L'arme d'ordonnance reste donc elle aussi à la maison – mais elle repose inutilisée dans un étui. La carabine de chasse du chasseur de loisir est régulièrement nettoyée, chargée et utilisée.

Tuer quotidiennement – c'est l'exercice

Le soldat suisse ne part jamais en guerre. La Suisse neutre ne mène pas d'opérations de combat. L'arme dans le ménage militaire est un artefact, le symbole d'une obligation de milice. Le chasseur de loisir, en revanche, tue de manière routinière. Il connaît son arme comme outil de mise à mort par la pratique quotidienne. Il sait comment elle fonctionne, ce qu'elle procure au toucher, ce dont elle est capable. Ce n'est pas un aspect secondaire – c'est le cœur d'une situation de menace structurelle.

La simple présence de l'arme dans l'espace de vie prend le relais de la communication. Aucun mot prononcé n'est nécessaire. La femme sait où se trouve l'arme. L'homme sait qu'elle le sait.

Le profil de l'auteur correspond

L'âge moyen des auteurs d'homicides par arme à feu dans le cadre domestique est de 63 ans, environ 86 pour cent sont suisses. Ce sont exclusivement des prévenus masculins qui utilisent une arme. C'est exactement le profil démographique qui coïncide avec celui du chasseur de loisir suisse typique : homme suisse âgé, ancré dans une tradition rurale, dont l'arme fait partie intégrante du ménage depuis des décennies.

En comparaison internationale, les armes à feu sont utilisées de manière supérieure à la moyenne lors des féminicides en Suisse. Plus de la moitié de tous les homicides surviennent dans le cadre familial ou conjugal – dans plus de 90 pour cent des cas, les victimes sont des femmes. En Suisse, au cours des 30 dernières années, ce sont les armes à feu qui ont été le plus fréquemment utilisées comme moyen lors des féminicides conjugaux.

Les maisons d'accueil pour femmes ne le savent pas – et on ne les interroge pas

L'organisation faîtière des maisons d'accueil pour femmes de Suisse et du Liechtenstein (DAO) établit chaque année des statistiques sur les femmes accueillies : nationalité, formes de violence, durée de séjour. En revanche, presque rien n'est recensé de manière systématique sur les auteurs. Ni profession, ni activités de loisir, ni possession d'arme. Les maisons d'accueil pour femmes prennent en charge les victimes – l'auteur n'est pas leur client. Une question telle que « Ton partenaire a-t-il un permis de chasse ? » n'est aujourd'hui pas posée et, le cas échéant, n'est analysée nulle part.

Ce n'est pas un manquement des maisons d'accueil pour femmes. C'est une défaillance structurelle de l'ensemble du système. La transmission des données sur les auteurs et les victimes aux services de conseil ou de premier accueil est réglée différemment d'un canton à l'autre – dans certains cantons, elle n'a tout simplement pas lieu. Même si une maison d'accueil pour femmes le voulait, elle ne pourrait pas réunir des informations complètes sur les auteurs.

Celui qui ne demande pas si l'auteur de violences était un chasseur de loisir n'a jamais à rendre la réponse publique. Cette lacune dans les données n'est pas le fruit du hasard – elle est politiquement commode.

Le silence du système

Selon le canton, on documente différemment ou pas du tout si une arme du crime était légale, d'où elle provenait ou si l'auteur était déjà connu pour des menaces ou des violences. Personne ne demande si l'auteur était un chasseur de loisir. Personne n'analyse combien de féminicides ont eu lieu dans des foyers où des armes de chasse étaient stockées légalement et sans contrôle.

Le lobby des armes et le lobby de la chasse se recoupent considérablement en Suisse. Tous deux ont réussi à empêcher le durcissement des obligations de conservation. Des politiciens de gauche et écologistes ont tenté à plusieurs reprises de supprimer la remise à domicile – mais ont toujours échoué face à la résistance des partis bourgeois.

Actualité : les consultations continuent d'augmenter

Le problème s'aggrave, il ne diminue pas. Selon l'Office fédéral de la statistique, les centres suisses d'aide aux victimes ont enregistré au total 55’260 consultations en 2025 – soit sept pour cent de plus que l'année précédente. 72 pour cent d'entre elles ont été sollicitées par des victimes féminines ou leurs proches. Les indemnités et réparations morales versées ont augmenté de dix pour cent pour atteindre 7,3 millions de francs. Les motifs de consultation les plus fréquents : lésions corporelles, voies de fait et menaces. Ce ne sont pas des chiffres abstraits. Ce sont des femmes qui ont cherché de l'aide – après que quelque chose s'est produit. Pas avant. (Source : SRF, 9 juin 2026)

Ce qu'il faudrait exiger

Une armoire à armes certifiée et verrouillable comme obligation légale pour chaque foyer possédant des armes de chasse. Un recensement systématique indiquant si, en cas de violence domestique, l'auteur détenait des armes de chasse dans le foyer. La possibilité pour les partenaires menacées de demander la confiscation officielle des armes de chasse – sans devoir elles-mêmes porter plainte. Et une obligation uniforme pour les maisons d'accueil pour femmes et la police de recenser et d'analyser la possession d'armes de l'auteur.

Tant que l'armoire à vêtements fait office d'armoire à armes et que personne ne demande si l'auteur était un chasseur de loisir, le climat de menace dans le foyer du chasseur de loisir reste légalement protégé – et statistiquement invisible.

En savoir plus sur le sujet : Criminalité & chasse | Loi sur la chasse | Psychologie & chasse

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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