1er avril 2026, 23h55

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

zoo

Le zoo de Zurich abat dix géladas

La semaine dernière, le zoo de Zurich a euthanasié dix géladas (babouins à cœur sanguin) en bonne santé. Officiellement, la population avait atteint 48 individus, et aucun autre zoo européen ne disposait de places pour les accueillir. L'organisation internationale de protection de la faune sauvage Pro Wildlife a vivement critiqué cette décision, qui soulève des questions fondamentales sur le traitement des animaux sauvages en captivité.

L'équipe éditoriale Wild beim Wild — 10 mars 2026

La semaine dernière, le zoo de Zurich a euthanasié dix géladas (babouins à cœur sanguin) en bonne santé. Officiellement, la population avait atteint 48 individus, et aucun autre zoo européen ne disposait de places pour les accueillir. L'organisation internationale de protection de la faune sauvage Pro Wildlife a vivement critiqué cette décision, qui soulève des questions fondamentales sur le traitement des animaux sauvages en captivité.

« Ce que nous avons constaté à Nuremberg se répète aujourd’hui à Zurich », déplore Laura Zodrow de l’association Pro Wildlife. « Des animaux en bonne santé sont euthanasiés car les zoos continuent de les faire se reproduire sans prévoir leur devenir. Cela n’a rien à voir avec la conservation des espèces. »

Que dit le droit suisse ?

Contrairement à l'Allemagne, à l'Autriche ou au Luxembourg, la loi suisse sur la protection des animaux (LPTA) n'interdit pas explicitement l'abattage d'animaux sains sans motif valable . Seuls les actes de cruauté et de cruauté délibérés sont punissables, et non l'euthanasie pratiquée sans douleur sur des animaux sains. Bien que le zoo de Zurich agisse donc formellement dans le respect de la loi, le droit suisse présente une lacune importante en matière de protection animale.

La Fondation pour le droit animalier (TIR) critique précisément cette lacune : tuer un animal sans motif objectivement justifiable contrevient à la protection de la dignité animale, explicitement consacrée par la loi allemande sur la protection des animaux (TSchG), car la vie est le fondement de toute dignité. La TSchG protège la dignité et le bien-être des animaux, mais ne désigne pas explicitement la vie elle-même comme un objectif protégé – une lacune qu’il est urgent de combler.

Il ne s'agit pas d'un incident isolé, mais d'un problème systémique.

L'association Pro Wildlife avait déjà dénoncé l'abattage des babouins de Guinée au zoo de Nuremberg et porté plainte. Les similitudes sont frappantes : des primates sociaux aux besoins complexes, des enclos surpeuplés sans issue, aucun concept de reproduction durable et aucun programme de réintroduction réaliste.

« Il ne s’agit pas d’un échec isolé, mais d’un problème systémique au sein de l’industrie des zoos », explique Zodrow. L’argument de la conservation des espèces n’est valable que si des programmes de réintroduction concrets existent, ce qui n’est pas le cas pour les géladas.

Le parallèle avec la chasse de loisir

L'affaire de Zurich révèle une logique que wildbeimwild.com connaît malheureusement bien grâce au débat sur la chasse : les animaux sont sélectionnés pour leur élevage, puis abattus de manière tout aussi sélective lorsqu'ils deviennent « excédentaires ». Tant la chasse récréative que la « gestion des populations » dans les zoos justifient la mise à mort d'animaux en bonne santé par des nécessités prétendument objectives : « conservation », « contrôle des populations », « gestion des espèces ». Derrière tout cela se cache le même problème fondamental : l'être humain instrumentalise les animaux sauvages et s'arroge le droit de décider de leur sort.

Alors que les chasseurs amateurs affirment que sans eux, les populations d'animaux sauvages « exploseraient », les zoos soutiennent que sans régulation, la population captive serait « déstabilisée ». Dans les deux cas, le problème est dû à l'intervention humaine, par une gestion excessive ou une reproduction incontrôlée. La véritable conservation est différente : elle consiste à laisser les animaux sauvages vivre dans leur milieu naturel, au lieu de les « gérer » en captivité.

Que réclame-t-on maintenant ?

Les revendications sont les suivantes : la loi sur la protection animale doit explicitement consacrer la vie comme un droit fondamental, à l’instar de la réglementation allemande. Les zoos ne devraient être autorisés à poursuivre la reproduction qu’une fois l’hébergement de tous les petits assuré. Enfin, les décisions de « gestion des populations » dans les zoos suisses doivent faire l’objet d’une obligation de rendre des comptes au public.

Sources : Pro Wildlife (communiqué de presse, 10 mars 2026), Animal Law , tierwelt.ch

Pour en savoir plus

Soutenez notre travail

Votre don contribue à protéger les animaux et à leur donner une voix.

Faites un don maintenant