Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Faune

Saint-Gall : des substances nocives s'écoulent sans contrôle dans les ruisseaux

De petits ruisseaux du canton de Saint-Gall sont fortement chargés en pesticides et en résidus de médicaments et de produits chimiques industriels. Dans le cas le plus extrême, les valeurs limites ont été dépassées d'un facteur 160.

Rédaction Wild beim Wild — 12 juillet 2019

L'Office de l'eau et de l'énergie du canton de Saint-Gall a analysé la qualité de l'eau de cinq ruisseaux pendant plusieurs mois et tire un bilan préoccupant : les critères de qualité relatifs aux substances problématiques ont été dépassés pendant presque toute la durée de la campagne de mesure, d'avril à octobre 2018. Les critères de qualité désignent des valeurs seuils à partir desquelles des substances provoquent des dommages aigus chez les organismes, ou chroniques en cas d'exposition prolongée.

Les ruisseaux étudiés ont été sélectionnés sur la base d'une analyse préliminaire qui avait déjà révélé des niveaux de pollution préoccupants, comme l'a communiqué mercredi la Chancellerie d'État du canton. Il s'agissait notamment du Latenbach et du Wagnerbach à Rapperswil-Jona, du Nebengraben et du Tankgraben à Benken, ainsi que de l'Äächeli à Au. Le bassin versant du Tankgraben se situe en majeure partie dans le canton de Schwytz.

Les pesticides, problème principal

La majorité des substances analysées étaient des pesticides, qui sont aussi principalement responsables de la mauvaise qualité de l'eau. Mais des résidus de médicaments et de produits chimiques industriels ont également dépassé les valeurs limites correspondantes.

Parmi les produits chimiques, les spécialistes ont notamment relevé des taux élevés de perfluorooctanesulfonate (PFOS), une substance persistante et toxique même pour les mammifères, capable de se concentrer dans la chaîne alimentaire, comme l'a expliqué Vera Leib, de la division Qualité des eaux de l'Office de l'eau et de l'énergie, à l'agence de presse Keystone-SDA.

L'utilisation du PFOS est interdite en Suisse depuis 2011, à quelques exceptions près. Pour certaines applications, le PFOS reste autorisé, par exemple dans certains vernis et revêtements, dans les fluides hydrauliques destinés à l'aviation, ainsi que dans les mousses extincteurs mis sur le marché avant 2011.

Une source mystérieuse

La provenance des PFOS dans les ruisseaux reste donc douteuse, selon Leib. Dans quatre des cinq ruisseaux, la concentration de PFOS dépassait les valeurs en dessous desquelles le produit chimique est considéré comme inoffensif. Dans le Wagnerbach, les valeurs étaient si élevées qu'il faudrait absolument en rechercher la source. Il pourrait éventuellement provenir de décharges ou de sites d'extinction d'incendie où de l'ancienne mousse extinctrice a encore été utilisée.

Les pesticides et autres substances auraient pu parvenir dans les ruisseaux par différentes voies. Par exemple, la pluie pourrait avoir lessivé des produits phytosanitaires récemment épandus, ou des résidus de pesticides auraient pu être éliminés de manière inappropriée. Des raccordements défectueux ou des déversements du réseau d'assainissement lors de fortes pluies entrent également en ligne de compte.

Les insecticides notamment sont toxiques pour les organismes vivant dans le ruisseau, même en infimes quantités. Les polluants persistants pourraient toutefois aussi s'accumuler dans la chaîne alimentaire et causer des dommages bien au-delà des ruisseaux.

Identifier et éliminer les causes

Les spécialistes de l'Office des eaux et de l'énergie souhaitent désormais identifier et éliminer les causes dans les cas de forte pollution. Le problème dépasse cependant probablement les cinq ruisseaux analysés : l'Office des eaux et de l'énergie avait déjà contrôlé en 2011 l'état biologique de 78 ruisseaux du canton et constaté des déficits.

Plusieurs raisons peuvent en être à l'origine, comme un apport excessif en nutriments, des températures de l'eau trop élevées ou justement des polluants. L'analyse détaillée de la campagne de mesures présentée devrait permettre d'éclairer le rôle des polluants.

Une part importante des petits ruisseaux du canton traverse des zones agricoles et des zones d'habitation, depuis lesquelles des pesticides et d'autres substances pourraient s'infiltrer dans les cours d'eau . Il serait important de sensibiliser les agriculteurs, mais aussi les jardiniers professionnels et amateurs à l'utilisation correcte des produits phytosanitaires, indiquait le communiqué.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu contribues à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don