8 avril 2026, 05:20

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Droits des animaux

La Roumanie interdit l'élevage d'animaux à fourrure

L'organisation de protection animale Humane Society International/Europe salue cette décision historique du parlement roumain, obtenue après près de deux ans de négociations et de campagnes intensives. La Roumanie est le 22e pays en Europe à interdire l'élevage d'animaux à fourrure. En Allemagne, il n'existe toujours pas d'interdiction des fermes d'élevage d'animaux à fourrure.

Rédaction Wild beim Wild — 23 octobre 2024

Humane Society International/Europe (HSI/Europe) célèbre le 22.10.2024 une victoire monumentale pour la protection animale en Roumanie.

À midi, heure locale (11 heures HEC), le parlement roumain a voté à une écrasante majorité en faveur d'une interdiction de l'élevage de chinchillas et de visons, les deux seules industries de la fourrure du pays. Cette décision historique est le fruit de près de deux ans de débats politiques et de campagnes intensives menées par l'organisation internationale de protection animale HSI/Europe, son équipe roumaine sur le terrain ainsi que d'autres groupes de défense des animaux. La Roumanie devient ainsi le 22e pays en Europe à interdire l'élevage d'animaux à fourrure. L'organisation y voit une étape importante pour sa campagne mondiale visant à mettre fin à l'élevage et à l'abattage cruels d'animaux destinés à la mode en fourrure.

Andreea Roseti, directrice nationale de HSI/Europe en Roumanie, déclare : «Nous nous réjouissons vivement de cette décision historique en Roumanie. Cette étape législative représente une évolution importante dans la protection animale roumaine et témoigne de l'engagement croissant des citoyennes et citoyens roumains en faveur du bien-être animal. Les animaux ne sont pas des marchandises que l'on peut élever et tuer pour notre mode. Nous espérons que cette loi nous rapprochera d'une interdiction à l'échelle de l'UE de l'élevage d'animaux à fourrure.»

Une enquête undercover révèle des conditions choquantes

L'origine de la proposition de loi repose sur une enquête undercover menée par HSI/Europe en 2022, qui a mis au jour les conditions cruelles régnant dans les fermes à fourrure en Roumanie. Les images montrent de jeunes chinchillas dans de petites cages grillagées et sales, tués dans des chambres à gaz improvisées ou par dislocation cervicale. La souffrance animale dans l'industrie de la fourrure est systématique et bien documentée.

Après que la Chambre des députés a adopté le projet de loi aujourd'hui, la loi entrera en vigueur après sa promulgation à partir du 1er janvier 2027 et interdira l'élevage d'animaux à fourrure en Roumanie. HSI/Europe ne s'attend à aucun retard dans la promulgation par le président Klaus Iohannis ni dans la publication au Journal officiel.

L'Allemagne envoie un mauvais signal

Contrairement à la majorité des États membres de l'UE, l'Allemagne n'a toujours pas engagé de processus d'interdiction des fermes à fourrure. Certes, aucune ferme à fourrure n'est plus exploitée en Allemagne depuis 2019, mais cela est dû à des normes de bien-être animal plus strictes qui ont rendu l'élevage d'animaux à fourrure non rentable.

Sylvie Kremerskothen Gleason, directrice nationale de HSI/Europe en Allemagne, déclare à ce sujet : «HSI/Europe réclame une interdiction légalement ancrée des fermes à fourrure également en Allemagne, afin de garantir que les animaux sauvages ne soient plus jamais détenus et tués pour la production de fourrure. Cela enverrait en outre un signal clair en faveur d'une interdiction des fermes à fourrure à l'échelle européenne. L'échec d'une interdiction au niveau de l'UE constituerait un sérieux revers si l'on se contentait d'introduire des normes de bien-être animal renforcées sur le modèle allemand, difficiles à contrôler dans la pratique et laissant de nombreuses failles.»

Toute forme de normes de bien-être animal pour l'élevage d'animaux à fourrure suggère par ailleurs qu'il existerait une pratique «humaine» de détenir et de tuer des animaux pour la production de fourrure. Or, la production de fourrure n'est par nature pas humaine.

Faits sur l'industrie de la fourrure

Dix millions d'animaux souffrent et meurent chaque année dans le commerce mondial de la fourrure, la plupart étant élevés dans des cages en batterie dépouillées sur des fermes à fourrure. L'élevage d'animaux à fourrure est désormais interdit dans 22 pays européens. Des visons sur près de 500 fermes à fourrure dans 13 pays d'Europe et d'Amérique du Nord ont été infectés par le COVID-19, et le virus de l'influenza aviaire hautement pathogène A(H5N1) a été détecté jusqu'à présent dans 72 fermes à fourrure. Des millions de visons, renards arctiques, renards roux et chiens viverrins ont été abattus pour des raisons de santé publique. Le mouvement pour les droits des animaux remporte des succès législatifs croissants contre l'industrie de la fourrure.

Dix marques de mode en Roumanie se sont engagées à devenir sans fourrure après avoir collaboré avec HSI/Europe. Elles rejoignent les près de 1’600 marques de mode, détaillants et créateurs dans 25 pays à travers le monde faisant partie du programme Fur Free Retailer, dont Gucci, Moncler, Prada, Adidas, H&M et Zara.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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