20 mai 2026, 18:22

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Chasse

Après Berne et Lucerne : Bâle remet en question la chasse au renard

Au Grand Conseil bâlois, une intervention exige un examen scientifique de la chasse au renard et fait référence au canton de Genève, qui se passe de chasse de loisir depuis plus de cinquante ans.

Rédaction Wild beim Wild — 20 mai 2026

Dans les deux Bâle, 679 renards roux ont été tirés durant la saison de chasse 2024, dont 676 dans le canton de Bâle-Campagne.

À l'échelle suisse, environ 20'000 de ces prédateurs ont été abattus durant la même période. La députée Basta au Grand Conseil Brigitta Gerber a déposé une question écrite à ce sujet et demande un examen de «l'état des preuves scientifiques» concernant la chasse au renard. Selon elle: si la population était consciente de ces preuves, la chasse de loisir au renard dans son ampleur actuelle ne trouverait guère de soutien.

L'Office des forêts et de la faune des deux Bâle ne veut pas anticiper l'affaire politique en cours, mais souligne qu'une grande partie des animaux sont tirés pour cause de maladie. C'est précisément cet argument qui est au cœur du litige. Le canton de Lucerne, seul canton suisse à tenir une statistique des maladies chez le renard, n'a recensé durant la saison de chasse 2018/19, parmi 2'217 animaux tirés, que 39 renards malades, soit 1,76 pour cent. Près de 98 pour cent étaient en bonne santé et ont été éliminés aux frais des contribuables.

Ce que montre la recherche sur la chasse au renard

Depuis plus de trente ans, au moins 18 études en biologie de la faune sauvage démontrent que la chasse au renard ne réduit ni durablement les populations ni n'endigue les maladies. Les territoires libérés sont aussitôt occupés par immigration, et les populations chassées réagissent par des taux de natalité plus élevés. Dans le Parc national bavarois, où les renards ne sont pas chassés, la taille des portées est d'environ 1,7 petit par renarde, alors qu'elle est environ trois fois supérieure dans les territoires intensément chassés. Même l'abattage de trois quarts d'une population est compensé dès l'année suivante. Cette autorégulation est documentée en détail dans un dossier qui lui est consacré.

L'argument sanitaire ne résiste pas non plus à l'examen. La rage a été éradiquée en Suisse grâce à des appâts vaccinaux, et non au fusil. Concernant l'échinococcose du renard, une étude de quatre ans dans la région de Nancy a montré l'inverse de ce qui était attendu: malgré une pression de chasse augmentée de 35 pour cent, la population n'a pas diminué, et le taux d'infestation dans la zone test est passé de 40 à 55 pour cent. En revanche, sont considérés comme efficaces les appâts vermifuges, qui ont réduit le risque d'infection de 97 à 99 pour cent dans l'arrondissement bavarois de Starnberg. À cela s'ajoute qu'un renard dévore chaque année des milliers de souris, principaux hôtes des tiques. Qui décime ce chasseur de souris augmente tendanciellement le risque de borréliose et de méningo-encéphalite à tiques (FSME).

Genève et le Luxembourg en apportent la preuve pratique

Le canton de Genève a aboli la chasse de milice en 1974 par votation populaire. Depuis lors, des gardes-faune professionnels régulent les populations sauvages ; lors de la dernière saison, aucun renard n'a été abattu pour le plaisir. L'ensemble de la gestion de la faune coûte environ un million de francs par an, soit l'équivalent d'une tasse de café par habitant. La biodiversité a augmenté depuis 1974, les populations d'ongulés sont stables et les dégâts causés par la faune se situent, dans la moyenne pluriannuelle, au niveau de cantons comparables pratiquant la chasse de loisir. C'est précisément ce que souligne aussi Gerber : « Genève mène une gestion de la faune excellente et fructueuse depuis plus de 40 ans. »

Le Luxembourg protège le renard depuis 2015 toute l'année. Aucune explosion des effectifs n'a eu lieu, et le taux d'infestation par l'échinocoque a même sensiblement diminué. Dans le Parc national suisse, toute chasse est interdite depuis 1914, sans qu'aucune espèce animale n'ait disparu. L'argument fréquemment entendu selon lequel le modèle genevois serait une exception non transposable ne tient pas au vu de ces constats.

Partie d'une vague à l'échelle suisse

L'initiative bâloise n'est pas isolée. Les deux Bâle font partie des cantons pratiquant la chasse à territoire, où des sociétés de chasse louent leurs réserves. Parallèlement à l'interpellation au Grand Conseil, le gouvernement de Bâle-Campagne est saisi d'une pétition du juriste lucernois Pascal Wolf, qui a déposé des démarches similaires dans plus de douze cantons. L'office des deux Bâle a annoncé une prise de position pour juin 2026.

Ailleurs, la réaction des autorités est décevante. Le Conseil-exécutif bernois a rejeté le 6 mai 2026 une motion transpartisane qui proposait de tester un renoncement à la chasse au renard accompagné scientifiquement. C'est désormais le Grand Conseil qui tranchera, vraisemblablement lors de la session d'automne 2026. Dans le canton de Lucerne, la commission compétente a rejeté la pétition de Wolf sans audition. La question que pose Gerber à Bâle reste donc aussi actuelle que sans réponse : la chasse au renard remplit-elle réellement les objectifs qu'on lui attribue ?

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons vérifications de faits, analyses et reportages de fond.

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