Surfaces de biodiversité pour l'eau potable supprimées
IP Suisse et Bio Suisse, qui représentent 50 % de nos agricultrices et agriculteurs, auraient salué les surfaces de biodiversité à hauteur de 3,5 % des surfaces cultivées, promises au peuple à la place de l'initiative pour une eau potable propre et de l'initiative pour une sortie du glyphosate afin de «réduire le risque lié à l'utilisation de produits phytosanitaires» et ainsi garantir «une eau propre».
Ces surfaces de promotion de la biodiversité ont été supprimées suite à l'adoption de la motion 22.3819 du conseiller national Jean-Pierre Grin.
Un recul sévère pour une alimentation et un approvisionnement en eau potable sûrs et tournés vers l'avenir en Suisse.
Les agricultrices et agriculteurs dépendent du savoir-faire et du soutien pour apprendre à remplacer les pesticides par davantage de biodiversité au-dessus et dans le sol. La culture du colza en est un exemple. Elle est tributaire d'«insecticides d'une toxicité inimaginable», qui seront bientôt interdits.
Dans les champs de colza, on favorise désormais une plus grande biodiversité grâce aux cultures mixtes, et donc une protection naturelle des plantes, afin de remplacer les pesticides. «Grâce à des sous-semis de trèfle et d'autres plantes comme les lentilles, le sarrasin ou les gesses ainsi qu'à des bandes de navette en bordure de champ, il est possible de repousser les ravageurs du colza et d'attirer ciblément les auxiliaires»,décrit la NZZ, expliquant comment les cultures mixtes doivent remplacer les «insecticides d'une toxicité inimaginable» dans la culture du colza.
Les cultures mixtes garantissent également des rendements sûrs et plus élevés. Là où dominent de vastes surfaces plantées de manière monotone, la diversité et la quantité des organismes utiles sont nettement réduites. Ce qui finit par avoir également un impact négatif sur les rendements agricoles, écrit Agroscope.
Entre 2005 et 2023, 209 substances actives autrefois autorisées pour les pesticides ont dû être retirées en raison de la pollution des eaux, de dommages sanitaires et environnementaux.
Même si ces pesticides sont aujourd'hui interdits, leurs résidus continuent de se trouver dans notre eau potable. Un million de personnes en Suisse consomment de l'eau contaminée par des pesticides dépassant la valeur limite autorisée.
Une fois pollué, le niveau phréatique, dont proviennent 80% de notre eau potable, met des années, voire des décennies, à se renouveler.
Notre initiative populaire «Pour une alimentation sûre – en renforçant la production indigène durable, en favorisant les aliments d'origine végétale et en garantissant une eau potable propre» veille également à ce que les bases de production de l'agriculture – biodiversité et fertilité des sols – soient assurées.
Ces «services gratuits de la nature» permettent une protection naturelle des plantes, remplaçant ainsi les pesticides, assurant des rendements plus élevés et sûrs dans l'agriculture ainsi qu'une eau potable propre. Aujourd'hui, ils sont détruits par les pesticides, les excès de lisier et les gaz ammoniacaux azotés toxiques issus de l'élevage.
Veuillez soutenir l'initiative «Pour une alimentation sûre», la voix forte du peuple !
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