08.10.2026, 10:00

Rechercher

Criminalité & Chasse

Pourquoi la chasse de loisir ne protège pas la population, mais la met en danger

Depuis des générations, la chasse de loisir nous vend une promesse : elle réguleralait la nature, maintiendrait les populations en bonne santé et protégerait ainsi la population contre les maladies.

Rédaction Wild beim Wild · 21 mai 2026
Audio de l'article

«Dans la forêt résonne une vieille promesse»

0:00 -0:00
Toutes les chansons

Cela paraît responsable.

Mais la science moderne dresse un tout autre tableau. Sur plusieurs points à la fois, cet argument protecteur se révèle être tout le contraire. Qui veut vraiment protéger la population doit préserver les prédateurs, au lieu de les abattre.

1. Tiques : qui tue les renards favorise le risque de borréliose

Les renards mangent chaque année des milliers de souris, et ce sont précisément ces rongeurs qui sont les hôtes les plus importants des tiques. Une étude du biologiste néerlandais Tim Hofmeester a montré que là où vivent de nombreux prédateurs, nettement moins de tiques sont porteuses de l'agent pathogène de la borréliose, car les souris se cachent plus souvent et sont moins fréquemment infestées par les larves de tiques. Là où le renard disparaît, ce n'est donc pas seulement le nombre de souris qui augmente, mais aussi le risque d'infection pour l'être humain. Pour rappel : en Suisse, selon l'Office fédéral de la santé publique, environ 6'000 à 12'000 personnes contractent chaque année la borréliose. Plus de détails dans l'article «Les renards, alliés dans la lutte contre la borréliose».

2. Échinococcose alvéolaire : la chasse propage ce qu'elle prétend combattre

L'exemple le plus parlant provient d'une étude de quatre ans menée autour de la ville française de Nancy. Malgré une pression de chasse accrue de 35 pour cent et 776 renards abattus, la population n'a pas diminué, et la prévalence de l'échinococcose alvéolaire est passée de 40 à 55 pour cent, alors qu'elle est restée stable dans la zone témoin. La raison : dans les territoires vidés par la chasse, de jeunes renards migrent, qui excrètent particulièrement beaucoup d'œufs de ténia. La chasse de loisir aggrave donc précisément le danger qu'elle prétend combattre. Détails dans le «vérification des faits sur l'échinococcose alvéolaire».

3. Plomb dans le gibier : la chasse empoisonne la chaîne alimentaire

Alors que la chasse de loisir met en garde contre les parasites, elle introduit elle-même un métal lourd hautement toxique dans notre alimentation. Les projectiles contenant du plomb se fragmentent à l'impact, et de minuscules éclats pénètrent profondément dans la chair, où ils sont à peine détectables. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques classe le sanglier, le chevreuil et le cerf parmi les aliments les plus fortement contaminés par le plomb. Il n'existe pas de dose sans danger pour le plomb. La recommandation des autorités est donc sans équivoque : les enfants, les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer ne devraient pas consommer de gibier tué avec de la munition au plomb. Les plus touchés sont justement les grands consommateurs, c'est-à-dire les chasseurs de loisir et leurs familles.

4. Le mythe de la régulation : tuer ne réduit pas les populations

L'argument prétendument central de la chasse de loisir est réfuté sur le plan biologique. Les populations de renards fortement chassées compensent les pertes par des taux de natalité plus élevés et par l'immigration. Une étude française de longue durée montre qu'une chasse intensive fait plutôt augmenter la population et accroît le risque d'infection d'environ 15 pour cent. Qui tire récolte à long terme plus de renards, pas moins. La « régulation » est ainsi un cercle vicieux qui s'auto-alimente.

5. Il est possible d'agir sans effusion de sang, et c'est plus efficace

Il est démontré depuis longtemps que la protection de la santé fonctionne sans fusil. La rage terrestre a été vaincue grâce aux appâts vaccinaux, et la Suisse est considérée comme indemne depuis des décennies. Contre l'échinocoque du renard, les appâts vermifuges sont efficaces : dans les zones traitées, la prévalence au printemps est passée de 13,3 à 2,2 pour cent. Et le meilleur contrôle des souris et des tiques est assuré par le renard lui-même, gratuitement et vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Conclusion

La promesse de protection de la chasse de loisir s'effondre à chaque maillon. Elle ne réduit pas les populations, elle augmente l'infestation par le ténia, elle favorise les tiques et la borréliose, et elle introduit du plomb dans notre alimentation. La protection de la population, c'est autre chose. Cela signifie : protéger les prédateurs, miser sur des méthodes non létales éprouvées et mettre fin à la chasse de loisir là où elle fait plus de mal que de bien. Pour en savoir plus sur nos revendications, consultez le Dossier sur la critique de la chasse et au Loi sur la chasse.

Sources

  • Comte, S., Umhang, G., Raton, V., Raoul, F., Giraudoux, P., Combes, B., Boué, F. (2017) : Echinococcus multilocularis management by fox culling: an inappropriate paradigm. Preventive Veterinary Medicine 147, 178 à 185. Consulter l'étude
  • Hofmeester, T. R., Jansen, P. A., Wijnen, H. J., Coipan, E. C., Fonville, M., Prins, H. H. T., Sprong, H., van Wieren, S. E. (2017): Cascading effects of predator activity on tick-borne disease risk. Proceedings of the Royal Society B 284: 20170453. Voir l'étude
  • Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) : contamination au plomb du gibier due à l'utilisation de munitions au plomb lors de la chasse. Voir la prise de position

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Braconnage et criminalité liée à la chasse en Suisse nous documentons les cas, les questions juridiques et les schémas récurrents. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

Soutiens notre travail

Grâce à ton don, tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant →