6 juin 2026, 19:52

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Criminalité & chasse

Pourquoi la chasse de loisir ne protège pas la population, mais la met en danger

Depuis des générations, la chasse de loisir nous vend une promesse : elle régulerait la nature, maintiendrait les populations en bonne santé et protégerait ainsi la population des maladies.

Rédaction Wild beim Wild — 21 mai 2026
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Cela semble responsable.

Mais la science moderne dresse un tout autre tableau. En plusieurs points, cet argument de protection se retourne en son contraire. Quiconque veut réellement protéger la population doit préserver les prédateurs au lieu de les abattre.

1. Tiques : tuer les renards, c'est cultiver le risque de borréliose

Les renards mangent chaque année des milliers de souris, et ce sont précisément ces rongeurs qui constituent les principaux hôtes des tiques. Une étude du biologiste néerlandais Tim Hofmeester l'a montré : là où vivent de nombreux prédateurs, nettement moins de tiques sont porteuses de l'agent de la borréliose, car les souris se cachent plus souvent et sont moins fréquemment infestées par les larves de tiques. Là où le renard disparaît, ce n'est donc pas seulement le nombre de souris qui augmente, mais aussi le risque d'infection pour l'être humain. Pour rappel : en Suisse, selon l'Office fédéral de la santé publique, on estime que 6’000 à 12’000 personnes contractent chaque année la borréliose. Plus à ce sujet dans l'article «Les renards, alliés dans la lutte contre la borréliose».

2. Échinococcose alvéolaire : la chasse propage ce qu'elle prétend combattre

L'exemple le plus frappant est fourni par une étude de quatre ans menée autour de la ville française de Nancy. Malgré une pression de chasse accrue de 35 pour cent et 776 renards abattus, la population n'a pas diminué, et la prévalence de l'échinococcose alvéolaire est passée de 40 à 55 pour cent, tandis qu'elle restait stable dans la zone témoin. La raison : dans les territoires vidés par les tirs, de jeunes renards viennent s'installer, et ceux-ci excrètent particulièrement beaucoup d'œufs de ténia. La chasse de loisir aggrave donc précisément le danger qu'elle prétend conjurer. Détails dans le «Vérification des faits sur l'échinococcose alvéolaire».

3. Plomb dans le gibier : la chasse empoisonne la chaîne alimentaire

Alors que la chasse de loisir met en garde contre les parasites, elle introduit elle-même un métal lourd hautement toxique dans notre alimentation. Les projectiles contenant du plomb se fragmentent à l'impact, des éclats infimes pénètrent profondément dans la viande et y sont à peine décelables. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques classe le sanglier, le chevreuil et le cerf parmi les aliments les plus contaminés par le plomb. Pour le plomb, il n'existe aucune dose sans danger. La recommandation des autorités est donc sans équivoque : les enfants, les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer ne devraient pas consommer de gibier abattu avec de la munition au plomb. Les plus touchés sont précisément les gros consommateurs, à savoir les chasseurs de loisir et leurs familles.

4. Le mythe de la régulation : tuer ne réduit pas les populations

Le prétendu argument central de la chasse de loisir est biologiquement réfuté. Les populations de renards fortement chassées compensent les pertes par des taux de naissance plus élevés et par l'immigration. Une étude française à long terme montre qu'une chasse intensive tend plutôt à faire augmenter la population et accroît le risque d'infection d'environ 15 pour cent. Qui tire récolte à long terme davantage de renards, et non moins. La « régulation » constitue ainsi un cercle qui s'autoalimente.

5. Cela fonctionne aussi sans effusion de sang, et de manière plus efficace

Que la protection de la santé fonctionne sans fusil est démontré depuis longtemps. La rage terrestre a été vaincue grâce à des appâts vaccinaux ; la Suisse en est considérée comme exempte depuis des décennies. Contre l'échinococcose alvéolaire, des appâts vermifuges sont efficaces : dans les zones traitées, la prévalence au printemps est passée de 13,3 à 2,2 pour cent. Et le contrôle le plus efficace des souris et des tiques est assuré par le renard lui-même, gratuitement et 24 heures sur 24.

Conclusion

La promesse de protection de la chasse de loisir se brise à chacun de ses maillons. Elle ne réduit pas les populations, elle augmente l'infestation par le ténia, elle favorise les tiques et la borréliose, et elle introduit du plomb dans notre alimentation. La protection de la population a un tout autre visage. Elle s'appelle : protéger les prédateurs, miser sur des méthodes éprouvées et sans effusion de sang, et mettre fin à la chasse de loisir là où elle nuit plus qu'elle ne profite. Plus d'informations sur nos revendications dans le Dossier sur la critique de la chasse et sur la loi sur la chasse.

Sources

  • Comte, S., Umhang, G., Raton, V., Raoul, F., Giraudoux, P., Combes, B., Boué, F. (2017): Echinococcus multilocularis management by fox culling: an inappropriate paradigm. Preventive Veterinary Medicine 147, 178 à 185. Consulter l'étude
  • Hofmeester, T. R., Jansen, P. A., Wijnen, H. J., Coipan, E. C., Fonville, M., Prins, H. H. T., Sprong, H., van Wieren, S. E. (2017): Cascading effects of predator activity on tick-borne disease risk. Proceedings of the Royal Society B 284: 20170453. Voir l'étude
  • Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) : Contamination du gibier par le plomb due à l'utilisation de munition au plomb à la chasse. Voir la prise de position
En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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