Épisode de podcast : Les animaux sauvages entre protection et chasse
Wild beim Wild – là où la communication de la chasse rencontre les faits et y laisse le plus souvent des plumes.
Photo : Instagram @Feusl
Pip : Bienvenue chez Wild beim Wild — là où la chasse de loisir, la protection des espèces et, à l'occasion, un journaliste à scandale se rencontrent.
Mara : La rédaction de Wild beim Wild a couvert un large éventail de sujets ces derniers jours : un scandale médiatique aux ramifications avec le lobby de la chasse, des tirs illégaux de lynx et un déséquilibre de protection dans la région frontalière, ainsi que des données à long terme issues de zones protégées sans chasse et des histoires d'espèces, du hérisson au bison d'Europe.
Pip : Une assiette bien remplie — commençons par le scandale.
Critique de la chasse, réseaux de lobbying et commerce de trophées
Mara : Au centre se trouve l'affaire Dominik Feusi : rédacteur en chef adjoint du «Nebelspalter», chasseur de loisir, désigné rédacteur du Palais fédéral de la NZZ — et désormais confronté à un scandale de plagiat et à un échange de courriels divulgué.
Pip : L'échange de courriels est ce qui est réellement explosif. Dans le jargon d'un partisan de la ligne dure, Feusi écrivit au fonctionnaire de la chasse Hanspeter Egli : "Il lancera encore plus de plaintes. L'objectif est que Sonnthal soit complètement réduit au silence. […] Plus il y a de plaintes, plus vite il disparaîtra de la circulation."
Mara : C'est un abus coordonné de la justice comme instrument d'intimidation — un déferlement de plaintes pénales pour épuiser financièrement et psychiquement le critique de la chasse Carl Sonnthal. Feusi recommanda en outre à l'association JagdSchweiz de prendre le même avocat, à savoir le conseiller aux États PLR Thierry Burkhart.
Pip : Un journaliste qui aurait dû rendre compte des entrelacements au Palais fédéral a instrumentalisé précisément ces entrelacements. C'est la pointe la plus amère de l'affaire.
Mara : La tactique d'intimidation a complètement échoué. Le tribunal pénal du Tessin a acquitté l'IG Wild beim Wild sur tous les points. Le juge Siro Quadri a retenu que la critique fondée sur des faits à l'encontre de la chasse de loisir est une expression d'opinion juridiquement admissible relevant de l'intérêt public.
Pip : Et Feusi ? Son contrat avec la NZZ a été résilié avant même qu'il n'ait travaillé un seul jour. Son départ a, selon le rapport, provoqué une autre fissure : le chef du Palais fédéral Fabian Schäfer avait déjà quitté la NZZ lorsque le transfert de Feusi a été rendu public — un schéma structurel qui se dessine de plus en plus à la NZZ sous Eric Gujer.
Mara : Parallèlement, le rapport sur le nouveau président des chasseurs à patente grisons Benjamin Hefti montre un schéma similaire : il veut filtrer les critiques selon des critères qu'il fixe lui-même et a lui-même confirmé dans son portrait préférer régler les questions «en coulisses». Son prédécesseur Tarzisius Caviezel, dont le départ fait l'objet d'un rapport distinct, laisse derrière lui une association qui se conçoit comme partenaire d'exécution d'une politique de tir — pour le loup comme ailleurs.
Mara : Au sujet du commerce de trophées : l'Allemagne a enregistré en 2025 à elle seule 679 procédures d'importation de trophées de chasse d'espèces protégées au niveau international — dont 60 girafes, 28 lions et 20 éléphants d'Afrique. Aucune demande n'a été rejetée. 96,2 pour cent des trophées de lions provenaient d'élevages, donc de chasse en enclos.
Pip : Quiconque défend cela comme une tradition inoffensive ignore ce qui se cache derrière les quotas de tir — et cela ne vaut pas seulement pour l'Allemagne.
Mara : À propos de la contradiction entre le sauvetage des faons de chevreuil et leur tir : alors que des pilotes de drones bénévoles et des organisations de protection animale ont sauvé plus de 6'400 faons en 2025, la statistique fédérale officielle fait état pour la même période de plus de 10'000 faons abattus. La force motrice derrière le sauvetage n'est pas la chasse de loisir, mais une alliance entre la science, l'agriculture et la protection animale.
Pip : Et le fonctionnaire de la chasse français Willy Schraen a involontairement résumé le débat : interrogé sur le fait de savoir si tuer lui procurait du plaisir, il a simplement répondu — «La réponse est oui. J'aime tuer des animaux dans le cadre de la chasse.»
Mara : Ce n'est pas une exception, mais un aveu : l'alimentation comme justification disparaît selon ses propres dires — ce qui reste, c'est le plaisir. Cela rejoint des résultats de recherche qui décrivent la chasse majoritairement comme une activité de loisir, dans laquelle l'acte de tuer est idéalisé comme un service rendu à la nature.
Pip : Du plaisir de tuer aux conséquences pour les prédateurs — c'est le prochain théâtre des opérations.
Les prédateurs sous pression : lynx, loup et cormoran
Mara : À l'automne 2024, un lynx mort a été retrouvé près de Saint-Claude. Une expertise médico-légale a révélé que l'animal avait été tué par balle — un chasseur de loisir est considéré comme suspect.
Pip : Pour une population de toute façon réduite et génétiquement vulnérable, chaque individu compte. Et ce cas n'est pas isolé : en Alsace, une femme a été condamnée à trois mois avec sursis pour avoir tué à coups un jeune lynx, et des organisations de protection animale ont reçu plus de 30'000 euros de dédommagement. En Suisse, un triple tir de lynx par un garde-faune professionnel a coûté une amende à quatre chiffres.
Mara : Cet écart de protection est fatal pour les populations transfrontalières — le lynx Juro, qui a migré en mars via un suivi GPS de la Forêt-Noire méridionale en traversant le Rhin jusqu'en Suisse, illustre précisément cela : les animaux ne connaissent pas de frontières, mais les poursuites pénales, si.
Pip : Sur le loup : le rapport de l'OFEV concernant la troisième période de régulation constate que 77 loups ont été abattus — et que le nombre de meutes continue malgré tout d'augmenter. En Valais, les chasseurs de loisir munis d'une autorisation valable ont pu y participer. Dans le nord du Burgenland, un rapport WWF-BirdLife documente 57 cas de criminalité illégale contre la faune depuis 2017 — les rapaces étant les principales victimes, la chasse de loisir au petit gibier servant de toile de fond structurelle.
Mara : Et neuf États de l'UE demandent l'abaissement du statut de protection du grand cormoran afin de permettre une saison de chasse régulière — alors que des études scientifiques montrent qu'aucun dommage notable aux populations de poissons ne se produit dans les eaux naturelles. Un précédent au signal lourd de conséquences pour le loup, le lynx et le castor.
Pip : Des prédateurs aux zones protégées, qui montrent ce qui est possible sans eux.
Protection de la nature : ce qui prospère lorsque la chasse de loisir est absente
Mara : Dix grandes zones protégées européennes, analysées sur une superficie totale de 2'587 kilomètres carrés, livrent un constat clair : "Les populations sauvages se régulent de manière stable sans quotas de tir. Les habitats se rétablissent. Les prédateurs reviennent et assument des fonctions écologiques."
Pip : Ce n'est plus de la théorie — le Parc national suisse le démontre depuis plus de 110 ans, le canton de Genève depuis 1974. Des lièvres à des niveaux record, des animaux sans crainte non naturelle, aucune population qui explose.
Mara : En même temps, le canton de Schwyz ouvre pour la première fois la chasse au sanglier à partir de l'automne 2026 — sans justification biologique — et forme systématiquement les chasseurs de loisir en vue de futures régulations de prédateurs. Ceux qui profitent de l'absence de loups devraient décider de leur abattage : un conflit d'intérêts que les prescriptions n'abordent pas.
Pip : Concernant le projet de bison dans le Thal, l'association maintient son objectif malgré le refus de terrains de deux communes : semi-liberté à partir de 2027, sur désormais 6,4 au lieu de 12 kilomètres carrés. C'est justement une partie de la communauté régionale des chasseurs de loisir qui figure parmi les freins — face au retour d'une espèce jadis indigène.
Mara : L'énergie éolienne dans le Jura soleurois, les pigeons urbains à Bâle, Zurich et Berne, le hérisson sur la Liste rouge, un point de bascule arctique dans le bilan des nitrates avec des conséquences pour toute la chaîne alimentaire marine — tout cela montre : la pression sur les animaux sauvages et leurs habitats provient de nombreux côtés à la fois.
Pip : Et parfois, comme à Berne avec les pigeons de ville, la volonté politique suffit à faire baisser la population de 10'000 à 1'500 — sans tuer un seul animal.
Mara : Ce qui relie cette semaine : qu'il s'agisse du lynx, du bison ou du faon, la question de savoir qui écrit les règles du jeu décide du sort des animaux.
Pip : Et celui qui écrit les règles du jeu ne devrait peut-être pas en même temps coordonner les plaintes pénales contre les arbitres. À la prochaine épisode.
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