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Chasse

Pas de tests d'alcoolémie pour les chasseurs de loisir fribourgeois

Le Grand Conseil fribourgeois a rejeté le 23.5.2025 une motion qui demandait l'introduction d'une limite de consommation d'alcool pour les chasseurs de loisir. Le texte s'inspirait du modèle des cantons de Neuchâtel et Zurich.

Rédaction Wild beim Wild — 23 mai 2025

La demande a été rejetée par 61 voix contre 31, avec 5 abstentions.

Le texte intitulé « Qui part à la chasse avec un verre de trop perd sa place » émanait du député du Parti socialiste Grégoire Kubski et visait à fixer des sanctions « appropriées » ainsi qu'une norme pour la consommation de stupéfiants et de certains médicaments aux effets similaires.

Le taux d'alcoolémie avait été fixé à 0,5 pour mille selon les indications. La mesure était soutenue par le Conseil d'État.

Ces aspects auraient pu être intégrés dans la révision de la loi sur la chasse et la protection des mammifères, des oiseaux sauvages et de leurs biotopes (LCha) prévue pour cette année. La motion s'inspirait du modèle des cantons de Neuchâtel et Zurich et se fondait également sur la littérature scientifique relative au maniement des armes.

Des clichés avant tout

« Depuis l'an 2000, la Suisse enregistre en moyenne 297 accidents de chasse par an, dont trois mortels », déclare Grégoire Kubski. L'argumentation du motionnaire n'a toutefois pas convaincu la majorité de droite au Grand Conseil.

Selon l'UDC, il n'est pas nécessaire de légiférer pour chaque mesure du quotidien, a déclaré le député Eric Barras. Son collègue de parti Bernard Bapst, lui-même chasseur de loisir , a regretté une « demande discriminatoire fondée sur des stéréotypes ». « Pourquoi la chasse et non le port d'armes en général ? », a-t-il demandé.

Le Centre a également rejeté le texte en majorité. « La chasse a évolué », a expliqué son député François Genoud pour justifier ce choix. Le même constat a été dressé par le groupe PLR-PVL, pour qui la demande est « inutile », comme l'a déclaré sa présidente Antoinette de Weck.

Un ton différent du côté gauche, avec un soutien unanime. La députée du Parti socialiste, Marie Levrat, a mis en évidence les risques, et non les chasseurs de loisir. Le député des Verts, Laurent Bronchi, a souligné la nécessité de « rendre officiel un bon comportement dans un environnement qu'il a lui-même vécu ».

Soutien de l'État

Le Conseil d'État, par la voix du ministre de l'Agriculture et des Forêts, Didier Castella, a partagé l'avis de l'auteur de la motion. « La pratique de la chasse, qui nécessite l'utilisation d'armes à feu puissantes, est incompatible avec une consommation excessive ou inappropriée d'alcool », a constaté le gouvernement dans sa réponse.

« Outre la réduction des risques pour les tiers, le bien-être des animaux doit également être pris en compte dans cette affaire, car une consommation excessive d'alcool altère la précision du tir et augmente la probabilité de blessures et de souffrances inutiles de l'animal ciblé », a souligné l'exécutif.

Le Conseil d'État a également rappelé qu'à son avis « la grande majorité des chasseurs de loisir se comporte de manière responsable et renonce à la consommation d'alcool pendant la chasse. » Il estime néanmoins qu'il est « juste de fixer une limite de consommation pour une activité impliquant des armes à feu ».

Du point de vue de l'IG Wild beim Wild, la limite pour le maniement d'armes sous l'influence de l'alcool chez les chasseurs de loisir doit être fixée de manière conséquente à 0,0 pour mille d'alcoolémie La même règle s'applique à la garde de la faune ainsi qu'au service militaire et policier, et ce pour de bonnes raisons. Nul ne peut manier ou tirer avec une arme à feu en état d'ivresse.

La chasse de loisir est destinée à tuer des animaux. Quiconque porte une arme dans ce cadre assume une responsabilité particulière envers les êtres humains et les animaux. L'alcool ou les drogues sont incompatibles avec cette activité. Les personnes souffrant d'une dépendance à l'alcool ou aux drogues doivent immédiatement perdre leur permis de chasse– et de port d'armes.

Après des accidents de chasse, des tests d'alcoolémie obligatoires doivent impérativement être introduits. De plus, à l'instar des Pays-Bas, des expertises médico-psychologiques régulières pour les chasseurs de loisir ainsi qu'une limite d'âge supérieure contraignante sont nécessaires.

Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est celui des 65 ans et plus. C'est précisément dans ce groupe que l'on observe davantage de limitations liées à l'âge concernant la vue, la concentration, la capacité de réaction, ainsi que des lacunes en matière de formation et d'entraînement. Par ailleurs, il est connu que certains consomment de l'alcool pour avoir prétendument le doigt plus stable. D'autres renoncent à l'alcool, mais ne sont pourtant plus en mesure de faire face aux exigences physiques.

Les nombreux tirs manqués, les recherches au sang et les immenses souffrances animales qui en découlent s'expliquent difficilement autrement.

Pour en savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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