8 avril 2026, 11:39

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Initiative populaire cantonale – Canton de Fribourg

«Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage» / «Für professionellen Wildtierschutz»

Initiative constitutionnelle rédigée de toutes pièces / Verfassungsinitiative in der Form des ausgearbeiteten Entwurfs

Fondée sur l'art. 41 de la Constitution du canton de Fribourg du 16 mai 2004 et sur la loi sur l'exercice des droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Remarque : Le canton de Fribourg est bilingue. Pour le dépôt, le texte de l'initiative doit être disponible en langue allemande et française. La version française doit être vérifiée par un juriste avant le dépôt.

Texte de l'initiative

Les soussignés, personnes ayant le droit de vote dans le canton de Fribourg, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Fribourg du 16 mai 2004 est complétée par les articles suivants :

Art. [nouveau] Gestion professionnelle de la faune sauvage

1 La pratique de la chasse par des personnes privées (chasse au brevet, chasse de loisir) est interdite sur l'ensemble du territoire du canton de Fribourg.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages incombent exclusivement à des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés, au service du canton.

3 L'abattage d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de protection contre les dangers ont été épuisées ou se sont révélées insuffisantes. Il requiert l'approbation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection des animaux et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations d'animaux sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces fauniques menacées et protégées

1 Le canton renonce à déposer des demandes de régulation préventive des populations d'espèces fauniques protégées au sens de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, en particulier du loup, du lynx, de l'ours, du castor, de la loutre, du chacal doré, de l'aigle royal, du grand harle et des autres espèces protégées par le droit fédéral.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et l'accompagnement scientifique de la présence des animaux sauvages.

3 Des mesures à l'encontre d'animaux sauvages individuels représentant une menace immédiate et grave pour des personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au strict minimum et mises en œuvre par le service cantonal compétent.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et vis-à-vis de la Confédération, pour la protection et la conservation des espèces sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans les deux ans suivant l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les permis de chasse existants s'éteignent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà acquittées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire.

Explications

1. Situation initiale

Dans le canton de Fribourg, canton bilingue à la frontière entre la Romandie et la Suisse alémanique avec environ 330’000 habitantes et habitants sur une superficie de 1’671 km², la chasse de loisir actuelle est un système qui ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune sauvage. Elle constitue l'exercice d'un passe-temps sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle, sans la chasse de loisir, l'équilibre écologique s'effondrerait est empiriquement réfutée depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (cf. le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).

La chasse de loisir est organisée dans le canton de Fribourg sous forme de chasse au permis. Des particuliers acquièrent un permis cantonal et chassent sans responsabilité territoriale fixe. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les titulaires de permis n'assument aucune responsabilité écologique, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux orientés principalement vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture (cf. la psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg ainsi que l'analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Parallèlement, de plus en plus d'espèces sauvages protégées sont soumises à des pressions au niveau fédéral. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Le castor peut être abattu depuis février 2025 sur demande cantonale. La pression politique sur d'autres espèces telles que le lynx, la loutre de rivière et le harle bièvre ne cesse de croître. Le canton de Fribourg est directement concerné par le retour du loup : la présence du loup est documentée dans les Préalpes fribourgeoises (Gruyère, Lac Noir). Le lynx est établi dans le canton. Le castor colonise la Sarine et ses affluents (cf. la analyse de la politique de chasse sur wildbeimwild.com et la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le canton de Fribourg a la possibilité d'envoyer ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces sauvages menacées au niveau cantonal. En tant que canton bilingue à la frontière linguistique, ce signal aurait une fonction de pont entre la Romandie et la Suisse alémanique.

2. Le modèle de référence : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, environ deux tiers des votants du canton de Genève se sont prononcés pour l'abolition de la chasse de loisir amateur. Avant l'interdiction, le grand gibier avait pratiquement disparu du canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait plus que quelques dizaines de chevreuils. Quelque 300 chasseurs de loisir relâchaient massivement des faisans, des perdrix et des lièvres pour la chasse de loisir.

Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

– La biodiversité a considérablement augmenté. Le nombre d'oiseaux aquatiques hivernants est passé de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres des champs et l'une des dernières populations de perdrix de Suisse.

– La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-chasse professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux. La population évolue à une densité compatible avec la surface forestière.

– En 2005, lors d'une nouvelle votation populaire, 90 % des électeurs genevois se sont prononcés pour le maintien de l'interdiction de la chasse de loisir. En 2009, une motion visant à la réintroduire a été rejetée au parlement cantonal par 70 voix contre 7.

– Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis en environ 600’000 francs pour le personnel (env. trois postes à plein temps, répartis sur une douzaine de chargés de l'environnement), 250’000 francs pour la prévention et 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2.40 francs par habitant et par an.

L'inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker, responsable de la gestion de la faune sauvage depuis 2001, qualifie l'interdiction de la chasse de loisir d'alternative financièrement la plus avantageuse pour le canton. Une présentation détaillée est disponible dans le dossier «Genève et l'interdiction de la chasse» sur wildbeimwild.com. Pour la partie francophone du canton, la proximité culturelle et linguistique avec Genève constitue un avantage particulier : l'expérience genevoise est immédiatement accessible.

L'efficacité du modèle genevois apparaît clairement dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum pour un tir sanitaire d'un sanglier. Un chasseur amateur dans le canton de Zurich a besoin de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres des champs à Genève est de 17,7 individus pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. Vérification des faits – Conseil d'État de Zurich).

3. Le concept : gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que chasse de loisir

L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle des gardes-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation en biologie et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations saines de faune sauvage, et non la maximisation des chiffres d'abattage (cf. l'analyse critique de la formation cynégétique sur wildbeimwild.com).

Principe d'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la translocation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection structurelles. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets afin d'empêcher les chevreuils et les lièvres d'en ronger l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que les pressions politiques ne diluent la gestion de la faune sauvage. L'initiative ancre l'obligation d'autorisation dans la constitution.

La régulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses études scientifiques le démontre : les populations de faune sauvage se régulent d'elles-mêmes dans la plupart des cas. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.

4. Pourquoi Fribourg ?

Le canton de Fribourg se prête particulièrement bien à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage, pour plusieurs raisons :

Canton-pont bilingue. Fribourg est bilingue : environ deux tiers de la population parlent français, un tiers allemand. L'initiative relie le débat de la Suisse alémanique à celui de la Suisse romande à la frontière linguistique. Dans la partie francophone du canton, l'expérience genevoise est culturellement et linguistiquement directement accessible. Dans le district germanophone de la Singine et dans le district du Lac, l'initiative peut s'appuyer sur les expériences de la série d'initiatives de Suisse alémanique. Fribourg est le seul canton, avec Berne et le Valais, à pouvoir servir de pont entre les régions linguistiques.

La politique du loup en Gruyère. Le loup est documenté dans les Préalpes fribourgeoises (Gruyère, Schwarzsee). Les abattages controversés de loups ont politisé le débat. L'initiative offre une réponse constitutionnelle : une gestion professionnelle de la faune sauvage plutôt que des abattages à motivation politique (cf. la politique du loup sur wildbeimwild.com).

Le lynx dans les Préalpes. Le lynx est présent dans le canton et régule naturellement la population de chevreuils. Une gestion professionnelle de la faune sauvage protège le lynx et valorise sa fonction écologique.

Le castor sur la Sarine. Le castor est documenté le long de la Sarine et de ses affluents. Depuis février 2025, il peut être abattu dans toute la Suisse sur demande cantonale. L'initiative protège le castor dans le canton (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).

6’000 signatures. Avec 330’000 habitants, 6’000 signatures représentent 1,8 pour cent de la population. La récolte peut être organisée efficacement à Fribourg, Bulle, Morat, Düdingen et Villars-sur-Glâne. La collecte doit être organisée dans les deux langues (cf. wildbeimwild.com sur la faune sauvage en zone urbanisée).

Chasse au brevet = changement de système simplifié. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale. Les patentes existantes s'éteignent et les taxes déjà versées sont remboursées au prorata.

Proximité avec Genève. Fribourg ne borde pas directement Genève, mais la proximité culturelle de la Romandie rend l'expérience genevoise immédiatement pertinente pour la partie francophone du canton. «Genève le fait depuis 50 ans» n'est pas ici une référence abstraite, mais un voisinage vécu.

5. Concernant le texte de l'initiative

Alinéa 1 – Interdiction de la chasse de loisir

L'interdiction de la chasse aux patentes par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin d'organiser l'exploitation cynégétique (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse – chasse aux patentes, chasse en régie de district et chasse d'État ou en régie – sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral. Contrairement aux cantons pratiquant la chasse en régie de district, Fribourg n'a pas à résilier de contrats de bail de chasse ni à indemniser des communes.

Alinéa 2 – Gestion professionnelle de la faune sauvage

À la place des chasseurs et chasseresses de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage professionnellement formés, au service du canton, assument l'ensemble des tâches relatives aux soins à la faune sauvage et, si nécessaire, à la régulation des populations. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Alinéa 3 – L'abattage comme ultima ratio

Un abattage n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont abattus chaque année par des gardes-faune (selon la statistique de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les individus directeurs étant explicitement épargnés.

Alinéa 4 – Commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de codécision et empêche que le Conseil d'État accorde des dérogations de manière autonome. L'intégration de la science assure des décisions fondées sur des données probantes (cf. wildbeimwild.com/jagd-fakten).

Alinéa 5 – Régulation naturelle et coexistence

La promotion de la coexistence englobe à Fribourg en particulier la sécurisation et la mise en réseau des corridors à faune sauvage le long de la Sarine et de ses affluents, la revalorisation écologique des paysages préalpins du Pays de Gruyère ainsi que la sensibilisation de la population au comportement à adopter vis-à-vis des animaux sauvages (cf. wildbeimwild.com à propos des animaux sauvages en zone habitée).

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, recruter des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission de la faune sauvage. L'Office des forêts et de la nature (WNA) existant peut servir de base institutionnelle.

6. Sur le deuxième article : protection des espèces sauvages menacées et protégées

Le deuxième article est particulièrement pertinent pour Fribourg. Le loup est présent dans les Préalpes. Le lynx est établi dans le canton. Le castor colonise la Sarine. La formulation «notamment» est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral et protège également les espèces qui reviendraient à l'avenir, en particulier la loutre, dont le retour en Suisse romande est attendu (cf. la politique relative au loup sur wildbeimwild.com).

7. Incidences financières : budget concret pour Fribourg

Le budget de référence genevois

À Genève, qui avec 282 km² est environ six fois plus petit que Fribourg et compte environ 500’000 habitants, le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élève à environ 1,2 million de francs par an : environ 600’000 francs pour le personnel, environ 250’000 francs pour la prévention et environ 350’000 francs pour l'indemnisation des dommages.

Extrapolation conservative pour Fribourg

Pour Fribourg, avec une superficie de 1’671 km² et environ 330’000 habitants, l'estimation des coûts suivante est délibérément conservative. Elle calcule généreusement et tient compte des régions préalpines (Gruyère, Lac Noir, Jaunbach), de la mise en place de la protection des troupeaux et de la gestion transitoire :

Coûts de personnel : 720’000 à 1’260’000 francs par an. Il faut entre 6 et 9 postes à plein temps. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte, charges sociales et frais accessoires de l'employeur inclus, environ 120’000 à 140’000 francs par an. Fribourg est six fois plus grand que Genève et topographiquement varié : Plateau au nord, Préalpes au sud (Gruyère, Lac Noir, Jaunbach). Le loup est documenté dans le canton et nécessite une gestion spécialisée des grands prédateurs.

Frais matériels : 150’000 à 260’000 francs par an. Équipement, véhicules, infrastructure de monitoring, matériel de protection des troupeaux, mesures de protection structurelles et communication publique en deux langues (allemand et français).

Indemnisation des dommages : 80’000 à 200’000 francs par an.

Investissement initial pour la protection des troupeaux : 400’000 à 700’000 francs.Investissement unique dans l'infrastructure de protection des troupeaux pour la Gruyère et la région du Lac-Noir sur trois à cinq ans : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, enclos de nuit, formation de bergers. Non nécessaire dans le Mittelland fribourgeois.

Coûts totaux : 950’000 à 1’720’000 francs par an (bruts).Cela correspond à environ 2.90 à 5.20 francs par habitant et par an.

Reproduction compensatoire et gestion de transition

La reproduction compensatoire – le taux de reproduction artificiellement élevé par la pression de la chasse – concerne également le canton de Fribourg. Après le changement de système, une gestion de transition ciblée sera nécessaire durant les trois à cinq premières années, déjà intégrée dans les effectifs de postes plus élevés (cf. études sur wildbeimwild.com).

Économies et financement compensatoire

À cela s'opposent des économies considérables : plus d'examens de chasse, plus de gestion des permis, plus de planification des tirs, plus de surveillance de la chasse. Un seul loup tué inutilement coûte à la collectivité environ 35’000 francs (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques).

Recettes supprimées

Avec l'abolition de la chasse de loisir, les taxes de permis estimées à 700’000 à 1’000’000 francs par an disparaissent. Cependant, les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice leur font face – accidents de gibier, dégâts de abroutissement liés à la chasse en forêt protectrice, charge administrative, interventions de police et de justice –, qui représentent un multiple de ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes n'existent plus depuis 1974 – sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs amateurs étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à plein temps font le même travail mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice fondée sur le jargon cynégétique ou la «expérience de la nature» mal comprise des chasseurs amateurs. Un calcul en coût complet le démontre : la chasse de milice coûte au contribuable bien plus qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs amateurs en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby des chasseurs amateurs combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative sur la biodiversité (63 pourcent de non). En 2020, la loi sur la chasse qu'il avait contribué à élaborer a échoué en votation (51,9 pourcent de non). En 2016, la fédération des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs amateurs au parlement ont majoritairement votécontre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs amateurs sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement en votation (cf. Fédération des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier coûts).

Les coûts nets supplémentaires devraient se situer entre 500’000 et 1’100’000 francs par an, ce qui correspond à environ 1.50 à 3.35 francs par habitant. Même calculé généreusement : c'est moins d'un café par personne et par an. Pour un canton disposant d'un budget global d'environ 4,3 milliards de francs (compte d'État 2024, AFF), cela représente moins de 0,03 pourcent (cf. Vérification des mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

8. Compatibilité avec le droit supérieur

Premier article : suppression de la chasse de loisir

L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons la réglementation du droit de chasser, du système de chasse, du territoire de chasse et de la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 LChP). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une objection de droit fédéral en plus de 50 ans.

Deuxième article : protection des espèces protégées

L'art. 7a LChP permet aux cantons la régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Y renoncer ne contrevient ni au droit fédéral ni à la Convention de Berne.

Unité de la matière

L'initiative respecte l'unité de la matière, car toutes les dispositions des deux articles concernent la gestion cantonale de la faune sauvage et la protection des animaux sauvages.

9. Anticipation des objections prévisibles

«Fribourg possède des Préalpes et une économie alpestre – le modèle genevois n'est pas adapté»

Les faits : Genève dispose également d'un arrière-pays rural avec viticulture et agriculture. La plus grande partie du canton de Fribourg est constituée du Plateau (district du Lac, district de la Singine, Broye) et est directement comparable à Genève. Les Préalpes (Gruyère) sont moins densément peuplées avec moins de zones de conflit. L'économie alpestre nécessite une protection professionnelle des troupeaux, et non la chasse de loisir. La protection des troupeaux est déjà assurée aujourd'hui par des professionnels et non par des chasseurs amateurs (cf. Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg).

Formule communicative condensée : «Le Plateau fribourgeois est le même paysage que Genève. Et dans les Préalpes, il faut une protection professionnelle des troupeaux, pas la chasse de loisir.» / «Le Plateau fribourgeois est le même paysage que Genève. Et dans les Préalpes, il faut une protection professionnelle des troupeaux, pas la chasse de loisir.»

«Le loup a besoin de la chasse de loisir»

Les faits : Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans. Une gestion professionnelle de la faune sauvage permet au loup d'exercer sa fonction écologique, tout en protégeant les troupeaux d'animaux de rente grâce à une prévention professionnelle.

Formule communicative condensée : «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.» / «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe. Genève le prouve depuis 50 ans.»

«Les coûts augmentent – c'est finalement le contribuable qui paie»

Les faits : 1.50 à 3.35 francs par habitant et par an. En dessous ou au niveau de Genève. Genève le fait depuis 50 ans, avec 2.40 francs par habitant, et 90 pourcent de la population veut le conserver.

Formule communicative condensée : «Environ 2 francs par personne et par an. Comparable à Genève. Et 90% des Genevois veulent le garder.» / «Environ 2 francs par personne et par an. Comparable à Genève. Et 90% des Genevois veulent le garder.»

10. Résumé

Cette initiative donne à la population fribourgeoise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection globale des espèces sauvages menacées. Le premier article suit le modèle genevois éprouvé depuis plus de 50 ans et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune sauvage. Le deuxième article protège en particulier le loup en Gruyère, le lynx dans les Préalpes et le castor sur la Sarine. En tant que canton bilingue situé à la frontière linguistique, Fribourg joue un rôle de pont unique : l'initiative relie l'expérience genevoise de la Romandie au débat de la Suisse alémanique.

Comité d'initiative «Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage» / «Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité conformément au droit cantonal, domiciliés dans le canton de Fribourg)

Adresse de contact : [Adresse du comité]

Annexe : Documentation complémentaire

Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot – Présentation complète de la gestion de la faune sauvage à Genève depuis 1974.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien – Collection d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations d'animaux sauvages.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/jagd-in-der-schweiz – Vue d'ensemble continuellement mise à jour sur la politique cynégétique suisse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Fribourg : wildbeimwild.com – Psychologie der Hobby-Jagd im Kanton FR – Analyse spécifique au canton.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd – Articles transversaux.

Animaux sauvages en zone habitée : wildbeimwild.com/category/wildtiere-im-siedlungsgebiet – Coexistence entre l'être humain et les animaux sauvages.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen – Vérification des faits.

Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville – Le modèle pour l'ensemble de la série d'initiatives.

Note sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative en langue allemande et française à la chancellerie d'État du canton de Fribourg pour examen préalable, avant le début de la récolte de signatures. 6’000 signatures valables sont requises pour l'aboutissement de l'initiative. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur l'exercice des droits politiques.

Briefing stratégique à l'intention des militantes et militants

Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» – Canton de Fribourg Document de travail interne – État mars 2026

Résumé

Fribourg est le canton charnière stratégique de la série d'initiatives. En tant que canton bilingue à la frontière des langues, il relie l'expérience genevoise de la Romandie au débat alémanique. La proximité culturelle et linguistique avec Genève rend l'expérience genevoise immédiatement accessible dans la partie francophone du canton. 6’000 signatures pour 330’000 habitants sont réalisables. Les coûts par habitant sont égaux ou inférieurs au niveau genevois. Le changement de système vers la chasse à patente est administrativement simple. Le loup, le lynx et le castor sont présents dans le canton.

1. Pourquoi précisément Fribourg ?

Canton charnière bilingue. Relie la Romandie et la Suisse alémanique. L'expérience genevoise est culturellement proche dans la partie francophone.

Politique relative au loup dans le Gruyère. Loup documenté dans les Préalpes. Le paragraphe sur la protection des espèces mobilise.

6’000 signatures pour 330’000 habitants. 1,8 pourcent. Réalisable.

Chasse à patente = changement de système simplifié. Pas de contrats de bail, pas d'indemnisation communale.

Proximité avec Genève. «Genève le fait depuis 50 ans» n'est pas ici une référence abstraite.

2. Les leçons de Zurich : ce que nous ferons différemment

Titre positif. «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage» / «Pour une gestion professionnelle de la faune sauvage».

Calcul budgétaire concret. Environ 2 francs par habitant. Comparable à Genève.

Assurer le soutien des partis tôt. Associer tôt le PS, les Verts, le PVL et le Centre gauche dans les deux régions linguistiques.

Campagne bilingue. Matériaux en allemand et en français dès le début.

3. Analyse des opposants et réponses préparées

Contre-argument 1 : «Fribourg a des Préalpes et une économie alpestre»

Les faits : Le Moyen-Pays fribourgeois est le même paysage que Genève. Dans les Préalpes, il faut une protection professionnelle des troupeaux, pas des chasseurs de loisir.

Formule de communication courte : «Le Moyen-Pays fribourgeois, c'est Genève. Les Préalpes ont besoin de protection des troupeaux, pas de chasseurs de loisir.»

Contre-argument 2 : «Le loup a besoin des chasseurs de loisir»

Les faits : Le loup régule. Les chasseurs de loisir perturbent. Genève le prouve depuis 50 ans.

Formule de communication courte : «Le loup régule. Les chasseurs de loisir perturbent.» / «Le loup régule. La chasse de loisir perturbe.»

Contre-argument 3 : «Les coûts augmentent»

Les faits : Environ 2 francs par habitant et par an. Comparable à Genève.

Formule de communication courte : «Environ 2 francs. Genève le fait depuis 50 ans.» / «Environ 2 francs. Genève le fait depuis 50 ans.»

4. Stratégie de communication : les trois messages clés

«Genève montre l'exemple depuis 50 ans.» / «Genève le fait depuis 50 ans.»

«Professionnel plutôt qu'amateur.» / «Professionnel au lieu de loisir.»

«Environ 2 francs par personne et par an.» / «Environ 2 francs par personne et par an.»

5. Calendrier et prochaines étapes

PhaseContenuCalendrier
Constitution du comité & examen préalable du texteFaire appel à une juriste ou un juriste ; traduction en français ; membres du comité domiciliés dans le canton de FR issus des deux régions linguistiquesMois 1–4
Dépôt pour examen préalableChancellerie d'État de Fribourg (texte en allemand et en français)Mois 4–5
Publication & début de la récolte de signaturesObjectif : 7’500+ signatures en guise de marge ; récolte dans les deux languesMois 5
Contacts avec les partis & construction de la coalitionPS, Verts, PVL ; Pro Natura Fribourg ; BirdLife Fribourg ; WWF ; Fondation Franz WeberMois 1–12
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleAprès le délai de récolte
Débat au Grand ConseilAncrage parlementaire ; relations médias bilinguesMois suivants
Campagne de votationMobilisation bilingue, expérience genevoise, argument du loupAvant le vote

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte modèle de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté à la situation du canton de Fribourg.

Vérification des faits : les affirmations du lobby des chasseurs de loisir

La brochure « La chasse en Suisse protège et profite » de JagdSchweiz se lit comme une brochure publicitaire – mais les affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits à l'épreuve des faits, de la « mission d'État » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits – brochure JagdSchweiz →