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Loi sur la chasse

Motion suisse pour une interdiction d'importation des trophées de chasse

Les trophées de chasse provenant d'espèces animales protégées au niveau international ne devraient plus pouvoir être importés en Suisse. C'est ce que demandent 42 membres du Conseil national, toutes factions confondues, au moyen d'une motion.

Rédaction Wild beim Wild — 4 juin 2019

La Suisse est État dépositaire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Convention CITES). Elle s'engage fortement dans ce cadre pour une meilleure protection des espèces menacées et bénéficie d'une grande crédibilité, écrit le Conseil fédéral dans sa prise de position publiée lundi.    

Des chasseurs de loisir — dont quelque 1500 Suisses par an — parcourent le globe pour abattre des animaux rares et en ramener les trophées chez eux. Lors de ces chasses à l'étranger, des armes et des méthodes sont utilisées dont l'usage est interdit en Suisse pour des raisons de protection des animaux (arcs, hélicoptères).

Des chiffres (2013) indiquent que, dans les huit pays africains disposant de la plus importante industrie de chasse aux trophées, seulement 1,8 pour cent des revenus touristiques sont générés par cette activité, et seulement 0,9 pour mille de ces revenus bénéficient à la protection des espèces. À cela s'opposent des expropriations foncières, des abattages illégaux, des actes de cruauté envers les animaux ainsi que de la contrebande réalisée sous couvert de la chasse aux trophées.

En raison d'une gestion insuffisante des populations d'animaux sauvages dans de nombreux pays de destination, de la corruption et du braconnage, la chasse aux trophées ne peut pas être justifiée — elle fait le plus souvent partie du problème ! Une dérive du tourisme cynégétique est celle des « canned hunts » : des animaux sauvages sont élevés pour le plaisir de la chasse, les jeunes sont séparés de leurs mères très tôt et exploités comme attractions pour les visiteurs, tandis que les adultes sont lâchés dans des enclos de chasse pour être abattus ! 90 pour cent des lions tués en Afrique du Sud proviennent de tels établissements de chasse. Les rhinocéros et les éléphants traversent la pire crise de braconnage de leur histoire :Le crime organisé s'en prend aux derniers représentants de ces espèces.

L'association militante JagdSchweiz ne s'oppose pas non plus aux chasses aux trophées décadentes pratiquées en Suisse et à l'étranger, et en fait au contraire activement la promotion, notamment dans ses publications imprimées.

Apparemment, ces chasseurs amateurs ne sont ni bien formés, ni dotés d'une hygiène morale saine.

En particulier en ce qui concerne la chasse et les chasseurs amateurs, il est essentiel que la population y regarde de très près. Nulle part ailleurs on ne manipule autant avec des contre-vérités et des fake news.La violence et le mensonge sont les deux faces d'une même pièce.Depuis des décennies, la chasse de loisir n'est rien d'autre qu'un chantier permanent et coûteux, un patchwork et une source de conflits pour la politique, la sylviculture et l'agriculture, les administrations, la justice, les caisses maladie, les assurances, les organisations de protection des animaux, de l'environnement et de la nature, la police, la Confédération, les médias, etc.

Toute autre association avec autant d'énergie criminelle aurait depuis longtemps été dans le collimateur du Ministère public de la Confédération !

Les infractions pénales actuelles des chasseurs amateurs en Suisse sont répertoriées ici :Lien

Seule une interdiction totale du commerce de tous les produits issus du rhinocéros et de l'éléphant peut encore mettre fin à cette folie. La chasse aux trophées sur les grands prédateurs, qui sont naturellement rares et dont les populations s'autorégulent, est également inacceptable. Cela vaut tout particulièrement pour des espèces comme l'ours polaire ou le guépard, déjà fortement menacées par la perte de leur habitat naturel !

Une mesure unilatérale ne serait pas conforme à la Convention CITES, selon laréponse du Conseil fédéraldu 29.5.2019. Une chasse aux trophées bien gérée par les autorités constituerait une forme d'utilisation durable de la biodiversité. Elle pourrait en outre contribuer à garantir les moyens de subsistance des populations locales.    

La conseillère nationale PVL Isabelle Chevalley (VD) n'y croit pas. Beaucoup des animaux concernés vivent dans des pays très pauvres, écrit-elle dans l'exposé des motifs de sa motion du 21.3.2019. Pour ces pays, le gain financier qu'ils pourraient tirer de telles chasses représente une tentation.    

À cela s'ajoutent des problèmes liés à la corruption. Les permis d'exportation de trophées ne pourraient donc pas garantir que la chasse ne nuise pas aux espèces concernées, écrit Chevalley.

En savoir plus sur la chasse de loisir :Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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