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Chasse

Chasse à l'ours polaire : jusqu'à 1 000 abattages par an menacent l'espèce

Pro Wildlife alerte : outre la crise climatique, la chasse à l'ours polaire, avec jusqu'à 1'000 abattages annuels, menace la survie des quelque 26'000 individus restants.

Rédaction Wild beim Wild — 8 décembre 2019

L'ours polaire ne souffre pas seulement de la fonte des glaces. Pro Wildlife tire la sonnette d'alarme face aux nouvelles données de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) : outre la crise climatique, la chasse à l'ours polaire, qui représente entre 800 et 1’000 animaux par an, menace l'espèce.

Chasse aux trophées malgré des populations décimées

Au Canada, les quotas d'abattage ont même été augmentés dans certaines régions, malgré des populations déjà décimées. Des organisateurs allemands de voyages de chasse proposent également aux chasseurs de trophées des abattages pour environ 40’000 euros. Depuis 1989, des chasseurs de loisir allemands ont importé au total 98 trophées de chasse et 558 peaux entières d'ours polaires. «La chasse à l'ours polaire à des fins commerciales et pour les trophées doit enfin être stoppée, compte tenu des populations décimées et des sombres pronostics»,La chasse à l'ours polaire à des fins commerciales et pour les trophées doit enfin être stoppée, compte tenu des populations décimées et des sombres pronostics», exige Daniela Freyer de Pro Wildlife.

Selon une estimation de l'UICN, environ 26’000 ours polaires subsistent encore, répartis en 19 régions distinctes. Les scientifiques estiment que la seule perte d'habitat due au réchauffement climatique réduira les populations d'ours polaires de plus de 30 % d'ici 2050. Des études montrent que les ours polaires vivant dans la partie méridionale de leur aire de répartition sont déjà en mauvaise condition physique, que le taux de reproduction est en baisse et que la mortalité des jeunes est élevée. Selon l'UICN, les effectifs sont en déclin dans quatre régions. Dans la baie d'Hudson occidental, la population a même été réduite de 18 % entre 2011 et 2016. La chasse y continue néanmoins. Le quota d'abattage y a même été multiplié ces dernières années. Des populations minuscules de seulement 200 individus, ainsi que celles dont l'évolution est inconnue, continuent également d'être chassées.

Le Canada, plaque tournante du commerce de l'ours polaire

Le Canada est le seul pays à autoriser la chasse pour le commerce commercial de fourrures ainsi que l'abattage d'animaux par des chasseurs de trophées étrangers. De 1970 à 2016, environ 26’500 ours polaires ont été tués au Canada par des autochtones et des chasseurs de gros gibier. Rien que ces dix dernières années, près de 3’000 fourrures, trophées de chasse, crânes, corps entiers et descentes de lit en ours polaires ont été commercialisés dans le monde entier. L'Europe constitue un marché important pour les fourrures, et une grande partie des chasseurs de trophées provient également de l'Union européenne. Ces dernières années, le commerce et l'importation de trophées connaissent en outre un essor considérable en Chine.

«De riches chasseurs amateurs traquent cruellement les géants blancs en motoneige, en quad et en bateau. Quand on pense que les ours polaires sont déjà gravement menacés par le changement climatique, chaque animal abattu représente un tribut de sang irresponsable.»

Daniela Freyer

Une sélection contre nature menace l'espèce

Ce qui est également fatal pour la survie des ours polaires, c'est que les chasseurs de trophées et les marchands de fourrures pratiquent une sélection contre nature, car ils ciblent les animaux les plus grands et les plus forts restants lors de la chasse à l'ours polaire. Ce sont précisément ces animaux sauvages qui auraient les meilleures chances de survie dans la nature et qui sont particulièrement importants pour la capacité de survie et d'adaptation de l'espèce. «Outre une protection climatique cohérente, Pro Wildlife réclame l'interdiction du commerce des ours polaires et l'arrêt de l'importation de trophées de chasse afin de sauver les ours polaires», déclare la porte-parole de Pro Wildlife.

Les tentatives d'interdire le commerce des produits dérivés de l'ours polaire ont déjà échoué à deux reprises lors de conférences de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces sauvages face à l'opposition du Canada et de l'UE.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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