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Chasse

Le bien-être animal négligé, même en temps de Covid

«La pandémie de Covid renforce la tendance à une consommation durable.» «Régionalité et éthique : le Covid pousse les consommateurs à repenser leurs habitudes.»

Rédaction Wild beim Wild — 31 mai 2021

Quiconque pense que l'évolution des comportements de consommation a également profité aux animaux se trompe.

Les produits bien-être animal, et donc les animaux en général, n'ont pas pu tirer parti des tendances telles que le bio, le régional, l'équitable et le durable. C'est ce que montre clairement la statistique des labels 2021 de la Protection Suisse des Animaux PSA . La statistique des labels PSA examine comment évoluent les chiffres de vente sur les marchés des labels (bio inclus) et surtout quel impact cela a sur le nombre d'animaux élevés dans des conditions respectueuses de leur bien-être. Avec l'analyse «marché global», le nouveau rapport présente une vue d'ensemble de l'évolution générale des marchés des labels. Les produits bio ont pu progresser de manière supérieure à la moyenne dans la plupart des segments, mais pas dans celui de la viande. Une sortie de niche n'est pas en vue. Pour l'ensemble du marché des labels de viande (bio inclus), l'évolution des chiffres de vente a été laborieuse, voire en recul. La stagnation dans la production respectueuse des animaux n'est pas surmontée.

Pour les bovins (vaches et veaux inclus), la part des labels a stagné à environ un tiers ; pour les porcs, elle a nettement reculé à un peu plus de 31 % ; pour les poulets d'engraissement, elle s'est établie à un faible niveau de 8 % et pour les agneaux, elle a chuté à 11 %. L'évolution a été plus positive, bien que modeste, sur le marché du lait, avec une part de labels d'environ 15 %. En revanche, le marché des œufs a connu une évolution très encourageante. La part des poules pondeuses en plein air et en élevage bio atteint 84,5 %. 83 millions d'animaux ont été abattus en Suisse l'année passée dans les principales catégories (bovins, porcs, agneaux, volailles). Parmi eux, seuls 10 millions, soit 12,2 %, étaient des animaux labellisés ou bio.

Sur la base des résultats de la statistique des labels 2021, la Protection Suisse des Animaux PSA réaffirme sa demande de priorisation des marchés des labels. Les acteurs du marché, le commerce de détail et la restauration, doivent promouvoir la vente de produits labellisés tout en réduisant les différences de prix artificiellement élevées entre le segment standard et le segment label. La Confédération doit intervenir de manière régulatrice dans la direction d'une production alimentaire durable et respectueuse du bien-être animal, et créer des conditions-cadres qui favorisent le produit durable ou respectueux des animaux. Des signaux clairs en faveur d'un meilleur bien-être animal sont nécessaires de la part de tous les acteurs.

Les consommatrices et les consommateurs portent également une part de responsabilité dans l'amélioration du bien-être animal dans les étables. Ce n'est pas en faisant la chasse aux bonnes affaires dans les pays limitrophes, mais en achetant des produits suisses — non issus d'origine animale — que le tant vanté changement de mentalité vers la régionalité, l'éthique et la durabilité dépasse le simple effet d'annonce.

Conclusion:

Seulement 12,2 % des 83 millions d'animaux abattus en Suisse dans les catégories principales sont commercialisés en tant qu'animaux labellisés (bio inclus). Malgré des conditions favorables (fermetures des frontières, modification des habitudes d'achat), les animaux des catégories viande et poulet n'ont pas pu en bénéficier. Pratiquement partout, les chiffres ont évolué dans la mauvaise direction. Le recul a été le plus marqué chez les porcs et les veaux. Dans le domaine de l'engraissement de poulets de chair respectueux des animaux, la part de marché est également restée pratiquement inchangée à un niveau bas. La situation a été réjouissante pour les œufs : les œufs bio et de plein air sont très demandés. Dans le segment du lait label, moins de 15 % des vaches laitières sont encore élevées sous un label bien-être animal. Même si nettement plus de vaches laitières sont élevées dans des conditions respectueuses des animaux, la situation reste insatisfaisante. Car ce n'est que lorsque davantage de produits respectueux des animaux tels que légumes, céréales et fruits trouveront le chemin des consommatrices et consommateurs sous un label à valeur ajoutée que les producteurs pourront couvrir leurs prestations supplémentaires grâce à la prime label.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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