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Animaux sauvages

Laissez pousser le gazon

Tondre moins souvent attire les abeilles sauvages et les papillons. Des millions de propriétaires de jardins peuvent se détendre et laisser la tondeuse plus souvent au garage. Tondre moins fréquemment aide les insectes. «Le fait que la coupe verte impeccable soit dépassée est démontré par la toute dernière étude scientifique de l'USDA Forest Service à Washington«, déclare Eva Goris, porte-parole de la Deutsche Wildtier Stiftung. L'institut de recherche américain

Rédaction Wild beim Wild — 17 avril 2018

Tondre moins souvent attire les abeilles sauvages et les papillons.

Des millions de propriétaires de jardins peuvent se détendre et laisser la tondeuse plus souvent au garage. Tondre moins fréquemment aide les insectes.

«Le fait que la coupe verte impeccable soit dépassée est démontré par la toute dernière étude scientifique de l'USDA Forest Service à Washington», déclare Eva Goris, porte-parole de la Deutsche Wildtier Stiftung. L'institut de recherche américain confirme ce que de nombreux défenseurs des espèces dénoncent depuis longtemps : un gazon soigné affaiblit la biodiversité dans le jardin. Dites donc adieu à votre pelouse à l'anglaise !

Les jardins comme refuges pour les animaux sauvages

Il y a moins de papillons dans nos paysages, moins d'abeilles, de bourdons et autres insectes — leur disparition est préoccupante. Beaucoup de personnes ont cette impression depuis un moment déjà. Elles s'étonnent de voir les pare-brise rester propres même lors de longs trajets en voiture, et de ne plus apercevoir un seul papillon voltigeant dans les prairies.

Les jardins pourraient constituer de petits refuges pour les animaux sauvages : pour les insectes, les oiseaux, les hérissons. De nombreux propriétaires préfèrent pourtant des pelouses tondues ras, des plantes d'accompagnement exotiques, ou n'plantent rien du tout et transforment les parterres en déserts de pierres. Pourtant, quelques mesures simples suffiraient à augmenter considérablement la diversité et le nombre d'abeilles sauvages, par exemple.

«Quand on laisse pousser le gazon, la surface attire en peu de temps les abeilles sauvages et les papillons comme par magie», explique Goris. Des plantes comme le lotier corniculé ou le pissenlit constituent par exemple une source de nourriture vitale pour les pollinisateurs. «Une fois que la diversité des insectes a augmenté grâce à la croissance du gazon, d'autres hôtes utiles ne tardent pas à s'installer. En plus des oiseaux qui se nourrissent de larves, de coléoptères et de vers, des animaux sauvages comme les hérissons et les coccinelles viennent au jardin.»

Un conseil en prime : ceux qui souhaitent embellir visuellement leur espace vert et offrir aux pollinisateurs une source de nourriture savoureuse tout au long de l'année peuvent aménager une prairie de fleurs sauvages. Pour savoir quels visiteurs viendront alors au jardin, consultez le guide des abeilles sauvages.

Disparition des insectes : il est déjà midi

L'abeille domestique n'est qu'un indicateur d'un phénomène mondial : la disparition des insectes. «Pour nos insectes volants, il est depuis longtemps non plus cinq heures moins le quart, mais midi», déclare Michael Strauch, responsable des projets de protection des espèces au sein du département de protection de la nature de Haute-Autriche.

Il faut que les gens comprennent une bonne fois pour toutes qu'une pelouse à l'anglaise est aussi nourrissante pour une abeille qu'une surface en béton !

C'est ce que montre la perte de «biomasse». Elle est perceptible par quiconque fait aujourd'hui un trajet en voiture à travers la campagne. Contrairement à ce que l'on observait il y a encore 20 ans, on trouve à peine des insectes écrasés sur le pare-brise même après un long trajet. La disparition de la biomasse est illustrée par un exemple venu de Krefeld (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Des entomologistes y avaient installé un piège à insectes dans une prairie en 1989. Ils y avaient capturé des insectes représentant une masse totale de 1’400 grammes. Lorsqu'ils ont répété l'expérience en 2013, il n'en restait plus que 300 grammes.

De nombreuses espèces d'abeilles sauvages, tout comme d'autres insectes, ont vu leurs populations fortement diminuer ces dernières années. Outre l'intensification de l'agriculture, les pesticides, la pollution azotée, les modifications des habitats et la pollution lumineuse, la disparition des sources de nourriture dans les jardins est considérée comme une cause potentielle.

«Au cours des 20 dernières années, la quantité totale d'insectes volants a diminué de 80 pour cent», déclare Arno Aschauer, chargé de la protection des espèces au WWF Autriche.

Or, 80 pour cent de nos 3’000 plantes sauvages et cultivées sont pollinisées par les abeilles et autres insectes volants. «Si elles disparaissent, nous aurons dans l'arboriculture fruitière des conditions similaires à celles de la Chine, où l'on doit désormais polliniser les cultures à la main», prévient Gerald Neubacher du département cantonal de protection de la nature. En savoir plus sur la biodiversité et sur Environnement et protection de la nature.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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