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Chasse

La marmotte à la carte : la violence dans l'assiette

Comment un restaurant valaisan montre que passion cynégétique et éthique animale restent incompatibles.

Rédaction Wild beim Wild — 14 novembre 2025

Le cas récent d'un restaurant à Nendaz, qui proposait de la viande de marmotte (« Marmotte à la royale ») et s'est retrouvé submergé de réactions critiques en ligne, est bien plus qu'une anecdote locale.

C'est un symptôme. Le symptôme d'une société dans laquelle les animaux sauvages sont encore traités comme des ressources malgré la crise de la biodiversité, le réchauffement climatique et l'extinction permanente des espèces — comme une marchandise, une décoration sur les cartes des restaurants, un trophée de chasse.

Du point de vue d'une alimentation saine, le débat sur les « faux avis », les « shitstorms » ou les « atteintes à la réputation » n'est qu'un sujet secondaire. La question morale centrale est la suivante : pourquoi, en 2025, sert-on encore de la viande de marmotte ?

La normalisation de la violence — un schéma bien connu

Les associations de chasseurs, les restaurateurs et une partie du monde politique répètent depuis des années le même récit : la viande de gibier serait « naturelle », « régionale », « durable ». La chasse serait une « régulation des populations ». Et la consommation d'animaux sauvages serait une « tradition ». Mais la tradition ne légitime pas la violence. Et la « régulation des populations » est un euphémisme pour le meurtre routinier d'êtres sensibles, dont les habitats naturels ont été déséquilibrés en premier lieu par les interventions humaines.

La marmotte, un animal qui constitue des réserves de graisse pour l'hiver, vit en société, communique et émet des cris d'alarme pour son groupe, est réduite dans le discours à deux rôles :

  1. « nuisible » agricole
  2. curiosité culinaire

Ces deux rôles servent le même objectif : justifier la mise à mort.

De l'idylle alpine au coup de feu — la réalité derrière l'assiette

Derrière chaque plat de gibier se cache :

  • un animal qui n'a eu aucune chance de fuir
  • un tir qui n'est souvent pas mortel (des taux de blessures allant jusqu'à 50 % sont documentés)
  • un être vivant qui souffre dans une panique absolue
  • un écosystème perturbé (les parents sont tués, les jeunes meurent de faim dans les terriers)

Qu'un restaurant commercialise cela comme une «dégustation régionale» par le chef Adrien Lopez en attendant des applaudissements de ses clients est l'expression d'un dérapage éthique.

La résistance numérique

De nombreux avis négatifs – qu'ils soient justifiés ou non – sont apparus parce que des personnes ne peuvent tout simplement pas supporter l'image d'une marmotte dans une marmite.

Et il faut le dire clairement : ce malaise est sain. C'est un réflexe moral. Il montre que de plus en plus de personnes comprennent que la «dégustation de gibier» n'a rien de romantique, mais constitue un acte de violence.

La chasse de loisir fournit la marchandise. La gastronomie lui confère une mauvaise image. Ensemble, ils normalisent un système qui instrumentalise les animaux sauvages.

Qu'un restaurant se plaigne précisément parce qu'il a été critiqué en ligne révèle avant tout une chose :

La tolérance sociale envers l'exploitation animale diminue, et c'est une bonne chose.

  1. Les animaux sauvages ne sont pas des produits
    Peu importe à quel point c'est «régional» ou «traditionnel», une vie animale n'est pas un plat du menu.
  2. La chasse n'est pas de la protection de la nature, c'est de la violence
    Les dommages écologiques dépassent de loin les prétendus bénéfices.
  3. Le public devient plus sensible
    De plus en plus de personnes ne voient pas les marmottes, les chevreuils ou les cerfs comme du «gibier», mais comme des individus sensibles.
  4. La gastronomie doit assumer ses responsabilités
    Quiconque inscrit des animaux sauvages à sa carte doit s'attendre à des critiques – et pas seulement à cause des avis Google, mais en raison de questions éthiques fondamentales.

L'affaire de la marmotte est un signal d'alarme. Non pas parce qu'un restaurant a un problème d'image. Mais parce que nous devons nous demander pourquoi des animaux sont encore tués pour finir comme «spécialité» à une époque où des alternatives végétales existent.

L'indignation n'est pas un scandale. Le scandale, c'est que des marmottes sont encore abattues. Et c'est précisément cela qui devrait être au cœur de tout débat sérieux.

Vous pouvez aider tous les animaux et notre planète avec bienveillance. Choisissez la compassion dans votre assiette et dans votre verre. Go vegan.
En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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