Comment l'Umwelt Arena Spreitenbach légitime la maltraitance animale
À Spreitenbach AG, le conflit autour du salon de chasse prévu dans l'Umwelt Arena devient de plus en plus un cas d'école sur la façon dont les institutions déplacent leurs responsabilités.
Le déclencheur a été une pétition contre «la maltraitance animale à l'Umwelt Arena Spreitenbach», qui ne se dirige pas seulement contre le salon de chasse de loisir, mais explicitement aussi contre les univers de salon qui y sont liés comme la pêche sportive et la terrariophilie.
En peu de temps, selon les reportages de nau.ch, environ 850 e-mails de protestation sont parvenus à la commune. Le conseil municipal a réagi en déposant plainte pénale. Selon l'administrateur Patrick Geissmann, le fonctionnement administratif ordinaire aurait été considérablement entravé par ce déluge d'e-mails, la plainte ne visant pas le contenu mais la forme et la fréquence des prises de contact.
Selon l'IG Wild beim Wild, il est techniquement possible pour toute administration de filtrer ou de désactiver les e-mails selon l'expéditeur, le domaine, le fournisseur ou d'autres critères. Un grand nombre de courriers similaires ne constitue donc pas une entrave insurmontable au fonctionnement administratif, mais fait partie aujourd'hui de la gestion habituelle de la communication citoyenne numérique. Chaque citoyenne et chaque citoyen peut l'effectuer en quelques clics sur son propre ordinateur.
Ainsi, une logique administrative passe au premier plan, tandis que la critique de fond du profil du salon reste écartée. C'est précisément cette lacune qui est politiquement explosive : sur le territoire communal se déroule un événement qui présente l'exploitation animale comme loisir et consommation, mais la réaction visible s'adresse principalement contre la protestation. Qu'une commune ne puisse souvent intervenir légalement que sur les autorisations, les conditions, la sécurité, la circulation et l'ordre, mais pas sur une évaluation éthique, explique la retenue formelle. Cela n'explique cependant pas pourquoi le seuil de criminalisation de la protestation est atteint plus rapidement que celui du débat public sur la souffrance animale.
De telles réactions échappent à la responsabilité immédiate et ne sont pas rarement sanctionnées par la population qu'à un moment ultérieur lors d'événements électoraux.
Le conflit s'intensifie davantage parce qu'il ne s'agit justement pas « seulement » de chasse de loisir. Qui examine les programmes de l'Umwelt Arena y voit régulièrement une thématique commune : chasse de loisir, pêche sportive et terrariophilie sont mises en scène comme des mondes de loisirs légitimes.La pétition et l'enquête d'accompagnement de wildbeimwild.com remettent en question précisément cette thématique commune et désignent l'Umwelt Arena comme plaque tournante d'un format qui traduit violence et exploitation envers les animaux en logique événementielle.
La terrariophilie est particulièrement délicate. La Protection Suisse des Animaux PSA arrive, sur la base d'une enquête sur la détention de reptiles et d'extrapolations, à la conclusion qu'il faut compter en Suisse sur plus de 60’000 détentions de reptiles constitutives de maltraitance animale et donc punissables. Ce chiffre n'est pas un écran de fumée, mais un contexte : la terrariophilie n'est pas un « loisir comme les autres », mais un domaine avec des dysfonctionnements systémiques, où les exigences légales minimales ne sont souvent pas respectées.
Et puis vient la phrase qui marque le point zéro moral.Le directeur Ivan Skender est cité avec cette déclaration : « L'Arena ne se conçoit pas comme une instance morale, mais comme un lieu de discours et de formation d'opinion. »
Cette formule sonne comme de l'ouverture, mais constitue dans la pratique un transfert de responsabilité. Une institution qui porte la durabilité et l'éducation environnementale comme marque décide activement quels contenus elle loue, promeut et légitime. Ce n'est pas neutre. Qui permet la chasse de loisir, la pêche sportive et la terrariophilie comme expérience de salon crée un cadre qui normalise et commercialise la souffrance animale. « Discours » devient un bouclier derrière lequel l'évaluation éthique est externalisée, alors que c'est précisément cette évaluation qui constitue le cœur du conflit sociétal.
De plus, la commune souligne qu'elle n'est ni organisatrice ni n'a accordé d'autorisation. Un point qui, de son point de vue, serait présenté de manière trompeuse dans la pétition.
Les communes ont des leviers indirects si elles souhaitent les utiliser. Par exemple via l'examen strict des autorisations et conditions, des autorisations publicitaires et d'affichage dans l'espace public, des concepts de circulation, des exigences de sécurité, des prescriptions de protection des animaux et alimentaires pour les produits animaux, ainsi que la coopération avec la police et les services cantonaux. Ces instruments sont réels et n'ont pas été présentés de manière trompeuse dans la pétition.
Pour la protection des animaux concrètement, cela signifie : la commune peut exiger dans son autorisation d'événement que lors d'une manifestation avec des animaux, la déclaration cantonale ait eu lieu et que toutes les prescriptions soient respectées. L'exécution des prescriptions de protection des animaux elle-même relève alors des services cantonaux spécialisés compétents, mais la commune peut exercer une pression « en amont » via les conditions d'autorisation pour que cela fonctionne proprement.
L'IG Wild beim Wild remplit ici sa mission journalistique et de société civile, rendre visibles les dysfonctionnements et lancer des débats, tandis que les signaux provenant de Spreitenbach depuis des années montrent comment les décisions institutionnelles marginalisent systématiquement la protection des animaux, au lieu de la traiter sérieusement.
Le cas de Spreitenbach montre ainsi moins une dispute sur des mails individuels, mais un schéma structurel : la protestation est problématisée comme une perturbation, tandis que la normalisation de la maltraitance animale comme format événementiel vaut comme « marché d'opinions » légitime.
Une Umwelt Arena qui se déclare non compétente, et une commune qui répond juridiquement à la protestation, produisent ensemble un signal qui agit au-delà de Spreitenbach.
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