30 mai 2026, 04h52

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Éducation

L'interdiction de chasse à l'essai : pourquoi ces 10 zones protégées européennes prospèrent sans chasseurs de loisir

Sur 2'587 km², la nature se régule sans quotas de tir. Les données de dix grandes zones protégées en apportent la preuve.

Rédaction Wild beim Wild — 30 mai 2026

2’587 kilomètres carrés, dix pays, un constat : là où la chasse de loisir est interdite, la nature se régule elle-même.

Des études scientifiques à long terme menées dans de grandes zones protégées européennes montrent ce qui se passe lorsque l'homme se retire. Quiconque remet en question la chasse de loisir récolte généralement des prophéties apocalyptiques de la part des associations de chasse. Les données provenant de dix grandes zones protégées en Suisse, en Allemagne, en Autriche et en Italie dressent un autre tableau.

Nous avons analysé les données.

Le résultat : sur une superficie totale de 2’587 kilomètres carrés – une surface trois fois plus grande que Berlin – la nature se régule elle-même avec succès.

Les pionniers : Genève et le Parc national suisse

L'exemple le plus connu se trouve en Suisse romande. Depuis que la population du canton de Genève a interdit la chasse de loisir par votation populaire en 1974, la région (282 km²) s'est transformée en un paradis naturel. Contrairement à tous les avertissements, les populations sauvages n'ont pas explosé. Les chevreuils régulent tout naturellement leurs taux de natalité en fonction de l'offre alimentaire. Le lièvre, presque exterminé, atteint ici des densités record, et les animaux ont perdu leur crainte non naturelle. Ils sont de nouveau actifs en journée et observables par les humains.

Les fusils se taisent encore plus longtemps dans le Parc national suisse aux Grisons. Depuis plus de 110 ans (fondé en 1914), une absence totale de chasse règne ici sur 170 kilomètres carrés. La plus ancienne zone protégée des Alpes prouve empiriquement que les populations de cerfs et de chamois se maintiennent en bonne santé d'elles-mêmes, à travers les hivers rigoureux et les facteurs dépendant de la densité.

Allemagne et Autriche : protection des processus au lieu de la chasse au trophée

Dans les grands parcs nationaux allemands comme la Forêt de Bavière (249,5 km²) et le Hainich (75 km²), le principe « laisser la nature être nature » est appliqué de manière conséquente. Dans le Hainich, la chasse est totalement interdite sur plus de 90 pour cent de la surface. Le résultat ? L'une des plus fortes densités de chat sauvage européen, espèce menacée d'extinction, qui a besoin du calme absolu des forêts de bois mort non perturbées pour élever ses petits. Dans la Forêt de Bavière, on observe en revanche qu'après l'arrêt de la chasse, le retour du lynx et du loup assure sans faille la prédation naturelle.

Les associations de chasse invoquent régulièrement les dégâts d'abroutissement comme argument en faveur des tirs. Les données sur les populations dans les Alpes calcaires montrent toutefois une dynamique différente : sur 75 pour cent de la surface sans chasse, la forêt se régénère manifestement mieux que dans des zones comparables soumises à la chasse. La recherche explique cela par un comportement modifié dans l'utilisation de l'espace. Le gibier qui n'est pas exposé à une pression de chasse permanente se déplace plus uniformément dans le terrain et ne se concentre pas dans des fourrés étroits.

Commentaire de la rédaction : l'argument selon lequel les chevreuils doivent impérativement être abattus pour sauver la forêt ne peut plus être maintenu au regard des données des Alpes calcaires.

Des schémas similaires se manifestent dans le parc national de Berchtesgaden (210 km²), où le gibier exerce une pression d'abroutissement nettement plus faible sur la régénération forestière dans la haute montagne sans chasse, ainsi que dans le parc national de Kellerwald-Edersee (76,9 km²), où les sols des forêts de hêtres se régénèrent manifestement depuis l'introduction d'une tranquillité totale sans chasse.

Italie : la nature alpine à la perfection

Les plus grandes surfaces continues sans chasse de notre liste se trouvent en Italie. Le parc national du Grand Paradis (703,2 km²) interdit toute chasse depuis 1922. Avec le parc national des Dolomites de Belluno (315,1 km²), ils forment de gigantesques territoires d'autorégulation. Ici, une chose devient claire : les animaux sauvages adaptent précisément leur comportement et leur reproduction à l'écosystème – sans aucun quota de tir artificiel.

Zone protégée (pays) Surface (ha) Surface (km²) Statut de chasse / effet
Parc national du Grand Paradis (IT) 71’044 703.2 Interdiction absolue de la chasse depuis 1922. Les animaux ont perdu leur méfiance non naturelle.
Parc national des Dolomites de Belluno (IT) 31’512 315.1 Interdiction stricte. Les populations se régulent par le climat et la nourriture.
Canton de Genève (CH) 28’249 282.5 Interdiction de la chasse de loisir depuis 1974. Densités de lièvres à un niveau record, biodiversité nettement rétablie.
Parc national de la Forêt bavaroise (DE) 24’945 249.5 Zones centrales sans chasse. Le lynx et le loup assurent la prédation.
Parc national de Berchtesgaden (DE) 21’000 210.0 Interdiction de chasse en haute montagne. Moins d'abroutissement forestier grâce à un gibier détendu.
Parc national des Alpes calcaires (AT) 20’856 208.6 75 % de la surface sans chasse. Régénération forestière naturelle excellente.
Parc national suisse (CH) 17’030 170.3 Absence totale de chasse depuis 1914. Les ongulés se stabilisent biologiquement.
Parc national des Donau-Auen (AT) 9’600 96.0 Zones centrales sans chasse. Moins de stress chez le gibier lors des catastrophes d'inondation.
Parc national de Kellerwald-Edersee (DE) 7’688 76.9 Tranquillité totale sans chasse. Régénération des précieux sols des forêts de hêtres.
Parc national de Hainich (DE) 7’500 75.0 90 % sans chasse. Refuge et densité record pour le chat sauvage farouche.
TOTAL 259’428 2’587.2 Preuve européenne : la nature n'a pas besoin des chasseurs de loisir !

La nature a besoin de la protection du patrimoine – pas du chasseur de loisir

Les faits rassemblés retirent à la chasse de loisir toute justification écologique. Lorsque sur près de 2’600 kilomètres carrés aux habitats totalement différents – des hauteurs alpines aux denses forêts de hêtres jusqu'aux paysages culturels urbains – le système fonctionne à merveille sans fusils, une question fondamentale se pose :

Pourquoi la politique et les autorités du reste du pays s'accrochent-elles encore à un loisir sanglant et dépassé ?

Ces dix zones protégées ne sont plus une expérience. Elles fournissent, sur près de 2’600 kilomètres carrés et au fil des décennies, des données cohérentes : les populations sauvages se régulent de manière stable sans quotas de tir. Les habitats se rétablissent. Les prédateurs reviennent et assument des fonctions écologiques.

Commentaire de la rédaction : lorsque la politique et les autorités ignorent cette évidence et continuent de qualifier la chasse de loisir sur les terres publiques d'instrument de protection de la nature, ce n'est pas une décision technique, mais une décision politique.

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