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Environnement & protection de la nature

La biodiversité en danger : la plus grande étude de synthèse révèle l'ampleur du phénomène

L'être humain affecte la biodiversité à l'échelle mondiale et de manière considérable. Non seulement le nombre d'espèces diminue, mais la composition des communautés d'espèces se transforme également.

Rédaction Wild beim Wild — 6 avril 2025

C'est ce que montre une étude de l'Université de Zurich et de l'Eawag, parue dans la revue spécialisée «Nature». Il s'agit de l'une des plus grandes études jamais menées sur ce sujet.

La diversité biologique est menacée. Partout dans le monde, de plus en plus d'espèces végétales et animales disparaissent. L'être humain en est responsable. Jusqu'à présent, il manquait toutefois une synthèse permettant d'évaluer la gravité des différentes interventions humaines dans la nature, et de déterminer si les effets se manifestent partout dans le monde et pour tous les groupes d'organismes. En savoir plus sur la biodiversité et la chasse de loisir.

Pour combler ces lacunes de la recherche, une équipe de l'Université de Zurich (UZH) et de l'Institut de recherche sur l'eau Eawag a réalisé une étude de synthèse sans précédent. Les chercheurs ont rassemblé des données provenant d'environ 2’100 études comparant la biodiversité sur près de 50’000 sites affectés par l'être humain avec autant de sites de référence non perturbés. Les études couvrent des habitats terrestres, d'eau douce et marins du monde entier, ainsi que tous les groupes d'organismes : des microbes et champignons aux poissons, oiseaux et mammifères, en passant par les plantes et les invertébrés. «C'est l'une des plus grandes synthèses jamais réalisées au monde sur les effets de l'être humain sur la biodiversité», déclare Florian Altermatt, professeur d'écologie aquatique à l'UZH et responsable d'un groupe de recherche à l'Eawag.

Le nombre d'espèces diminue nettement

Les résultats de l'étude tout juste publiée dans la revue spécialisée «Nature» sont sans équivoque — et ne laissent aucun doute sur l'impact dévastateur de l'être humain sur la biodiversité mondiale. «Nous avons examiné les effets des cinq principaux facteurs d'influence humaine sur la biodiversité : les modifications des habitats, l'exploitation directe comme la chasse de loisir ou la pêche, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives», déclare François Keck, postdoctorant au sein du groupe de recherche d'Altermatt et premier auteur de l'étude. «Nos résultats montrent que les cinq facteurs exercent de fortes influences négatives sur la biodiversité — et ce à l'échelle mondiale, dans tous les groupes d'organismes et dans l'ensemble des écosystèmes.» Comme le démontrent des études,la chasse de loisir échoue en tant que mécanisme de contrôle des populations.

L'urbanisation comme moteur de la perte de biodiversité
Outre l'intensification agricole, l'urbanisation est, à l'échelle mondiale, l'un des principaux moteurs au sein des modifications d'utilisation des terres qui influencent la biodiversité. (Image : Florian Altermatt)

En moyenne, le nombre d'espèces dans les sites affectés était inférieur de près d'un cinquième à celui des sites de référence non perturbés. Des pertes d'espèces particulièrement importantes, toutes régions biogéographiques confondues, sont observées chez les vertébrés tels que les reptiles, les amphibiens ou les mammifères. Leurs populations sont généralement bien plus réduites que celles des invertébrés, ce qui accroît la probabilité d'extinction.

Les communautés d'espèces se transforment

Les répercussions vont toutefois bien au-delà de la simple perte d'espèces. «Ce ne sont pas seulement les nombres d'espèces qui diminuent», explique Keck. «Sous l'effet de la pression humaine, la composition des communautés d'espèces se modifie également.» La composition spécifique d'un site constitue, au-delà du simple nombre d'espèces, un second aspect clé de la biodiversité. Dans les régions de haute montagne, par exemple, des plantes spécialisées risquent d'être supplantées par des espèces provenant d'altitudes inférieures en raison du réchauffement climatique. Les transformations les plus marquées au sein des communautés d'espèces concernent les minuscules microbes et les champignons. «Cela pourrait s'expliquer par le fait que ces organismes ont des cycles de vie courts et des taux de dispersion élevés, ce qui leur permet de réagir plus rapidement», indique l'écologiste Keck.

Selon l'étude, la pollution et les modifications des habitats ont un effet particulièrement négatif sur le nombre d'espèces et la composition des communautés d'espèces. En savoir plus sur la protection de l'environnement et de la nature.

Les résultats constituent un signal d'alarme

Comme troisième aspect clé de la biodiversité, l'équipe de recherche a étudié ce que l'on appelle l'homogénéité – c'est-à-dire dans quelle mesure les communautés d'espèces se ressemblent d'un site à l'autre. Une agriculture intensive à grande échelle, par exemple, entraîne une homogénéisation des paysages – et des communautés d'espèces qui y vivent –, c'est-à-dire qu'ils se ressemblent davantage.

La pollution comme moteur de la perte de la diversité des espèces
La pollution est, à l'échelle mondiale, l'un des cinq principaux facteurs de perte de biodiversité. (Image : Florian Altermatt)

Les chercheurs doutent toutefois que ce dernier point soit un bon signe. «L'influence humaine que nous constatons est par endroits si forte que l'on peut même observer des signes pouvant indiquer un effondrement total des communautés d'espèces», déclare Altermatt.

Selon les auteurs, l'étude montre d'une part que les changements de biodiversité ne devraient pas reposer uniquement sur les variations du nombre d'espèces. D'autre part, les résultats constituent un signal d'alarme en raison de leur clarté et de leur validité mondiale. «Nos résultats fournissent des indications précises sur les influences humaines qui affectent la biodiversité et dans quelle mesure», déclare François Keck. «On peut également en déduire quels objectifs doivent être fixés si l'on veut inverser ces tendances.»

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