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Chasse

La chasse complémentaire – quand la maltraitance animale devient routine

Dans le canton des Grisons, la chasse haute est à peine terminée que les fusils sont déjà huilés pour la prochaine phase de chasse.

Rédaction Wild beim Wild — 2 novembre 2025

Ce n'est pas seulement dans le canton des Grisons que la chasse complémentaire marque le prolongement annuel de la chasse haute.

Alors que cerfs, chevreuils et chamois sont depuis longtemps épuisés et préparés pour l'hiver, les chasseurs de loisir repartent à nouveau en campagne. Ce qui est officiellement qualifié de « régulation » est en réalité une attaque contre le dernier fragment de tranquillité dont disposent les animaux sauvages. C'est pourtant la période pendant laquelle ils devraient économiser leur énergie, constituer leurs réserves de graisse et trouver le repos nécessaire pour traverser le long hiver. Au lieu de cela, ils sont une nouvelle fois débusqués, traqués et tués, sous couvert d'une politique forêt-gibier prétendument « durable ».

Plus de 3’400 cerfs, 2’500 chevreuils et près de 3’000 chamois ont déjà été massacrés, mais selon l'Office de la chasse et de l'absurdité des Grisons, cela ne suffit pas. Vient maintenant la soi-disant chasse complémentaire, visant une nouvelle fois à « décimer » délibérément cerfs, chevreuils et chamois.

La justification est toujours la même : la forêt et le gibier doivent rester en équilibre. Mais à y regarder de plus près, il apparaît clairement que cette « décimation » est depuis longtemps devenue une fin en soi, et que l'équilibre dont parlent les autorités est avant tout une construction humaine empreinte de maltraitance animale. La chasse complémentaire sert à simuler des effectifs élevés de gibier afin de pouvoir les « décimer » à nouveau l'année suivante. Un système pervers qui se perpétue lui-même, au détriment des animaux.

Le récit de la forêt menacée

Officiellement, la chasse spéciale sert à protéger la forêt. Les cerfs et les chevreuils en trop grand nombre mangeraient les jeunes arbres, dit-on. Mais cet argument est trop simpliste, ou dissimule délibérément que le problème n'est pas les animaux, mais leur gestion. Les forêts protectrices des Grisons sont fragmentées par la sylviculture, le tourisme, les pistes de ski, la chasse de loisir et la construction de routes. L'habitat naturel du gibier a été réduit, les zones de refuge font défaut, et les animaux sont constamment dérangés par les chasseurs de loisir. Plutôt que de s'attaquer aux causes, on combat les symptômes : les animaux eux-mêmes.

Chasse spéciale : une régulation sans fin

Cette année, 1'711 biches et faons supplémentaires, 281 chevreuils et dix chamois doivent être abattus dans les Grisons. La chasse ciblée sur les femelles et leurs petits est particulièrement problématique d'un point de vue éthique et protecteur des animaux. Elle engendre stress, souffrances et fréquemment des tirs manqués. Restent souvent des jeunes animaux blessés ou orphelins qui périssent misérablement, une situation difficilement compatible avec l'éthique moderne de la faune sauvage.

Les autorités appellent cela une «https://wildbeimwild.com» «gestion des populations». En réalité, il s'agit d'une machinerie de chasse qui s'auto-entretient : des populations élevées de gibier sont provoquées par des interventions antérieures, qui justifient ensuite de nouvelles interventions — un cycle éternel de mise à mort et de régulation.

La chasse de loisir ciblée sur les femelles et les faons est contraire à la protection des animaux et éthiquement indéfendable.
Les femelles sont arrachées à leurs hardes, les faons errent ou périssent. Cela est désigné comme une «gestion des populations» ; en réalité, il s'agit d'une forme systématisée de maltraitance animale.

À cela s'ajoute : les animaux sont soumis à un stress chronique par des chasses répétées sur une courte période. Leurs instincts de fuite restent actifs pendant des semaines, ce qui entraîne une consommation énergétique accrue et une mortalité hivernale plus élevée. Cette pratique contredit toute forme de biologie de la faune sauvage et d'éthique.

Le loup comme régulateur naturel — indésirable

Particulièrement absurde : le loup, qui pourrait assumer en tant que régulateur naturel le rôle de la chasse spéciale, est combattu politiquement et abattu. Dans un écosystème fonctionnel, le loup accomplirait exactement ce que la chasseurs de loisir revendique aujourd'hui : il sélectionnerait les animaux faibles, adapterait les populations et rétablirait la dynamique naturelle.

Mais dans les Grisons, le loup est toujours considéré comme un facteur perturbateur. On parle de «animaux problématiques» et de «zones de conflit», des termes qui servent avant tout à maintenir le contrôle des populations d'animaux sauvages entre les mains de l'être humain.

«Durabilité» comme feuille de vigne

Dans les communications officielles, il est dit que la chasse de loisir constitue une «contribution active à la protection de la nature». Cette rhétorique est commode et trompeuse. Une pratique cynégétique qui tue chaque année des milliers d'animaux sauvages, incluant femelles et faons, tout en éliminant des régulateurs naturels comme le loup, peut difficilement être qualifiée de durable.

La durabilité signifie l'autorégulation de la nature, et non des interventions humaines permanentes. Tant que les plans d'abattage reposent sur d'anciens dogmes sylvicoles, la chasse de loisir reste un instrument de pouvoir, et non d'équilibre écologique naturel.

Il est temps d'une véritable politique forêt-faune

La nature n'a pas besoin de chasse spéciale, elle a besoin de calme, d'espace et de respect. Au lieu de tuer chaque année des milliers d'animaux «selon un plan», il serait temps de

  • reconnaître les régulateurs naturels tels que le loup,
  • protéger résolument les habitats,
  • et de ne plus orienter la politique de chasse en fonction d'intérêts traditionnels ou économiques.

Tant que l'office de la chasse et de l'absurdité présente fièrement ses chiffres comme un succès, la question la plus importante reste sans réponse : quand le massacre cessera-t-il enfin et quand commencera-t-on à comprendre la nature?

Pour en savoir plus, consultez le dossier : Chasse et protection des animaux

Articles complémentaires

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.

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