Corridors fauniques : la vie difficile des animaux sauvages
En Suisse, les animaux sauvages en déplacement se heurtent à des routes, des voies ferrées et des bâtiments. Des corridors fauniques fonctionnels sont essentiels pour la biodiversité.
En Suisse, les animaux sauvages en migration peinent à se déplacer sans corridors fauniques. Non seulement les routes et les voies ferrées, mais aussi les bâtiments et les grandes surfaces dépourvues d'arbres et d'arbustes constituent des obstacles sur les chemins qu'ils empruntent depuis toujours. La loi sur la chasse, soumise au vote le 27 septembre, devrait y remédier.
Des milliers d'animaux périssent chaque année dans des accidents sur les routes et les voies ferrées. En 2019, environ 550 cerfs rouges ont trouvé la mort lors de tels accidents, ainsi que près de 9 300 chevreuils, plus de 800 sangliers et environ 540 lièvres des champs. Les petits animaux tués dans la circulation, comme les écureuils ou les grenouilles, ne sont pas recensés par la statistique de la chasse qui fournit ces chiffres.
Des corridors interrompus
La Suisse compte environ 300 corridors fauniques – c'est-à-dire une sorte de voies de circulation pour les animaux sauvages – à l'échelle suprarégionale. Environ 50 de ces itinéraires sont totalement interrompus et 180 partiellement, comme l'a établi l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les lacunes se situent surtout dans le Plateau densément peuplé et dans les grandes vallées fluviales.
Des paysages morcelés et fragmentés peuvent avoir des répercussions sur la diversité génétique. Si chaque population animale reste «enfermée» dans un territoire faute de connexions, les individus ne peuvent pas se reproduire avec des animaux issus d'une autre population. «Cela peut conduire à un déclin de leurs effectifs», écrit le service de presse de l'OFEV. Le risque que les populations d'animaux sauvages s'éteignent dans une zone donnée s'en trouve accru. Les cerfs rouges, les sangliers ou les lynx, qui migrent sur de longues distances, peuvent être particulièrement touchés, mais aussi les amphibiens.
La nouvelle loi sur la chasse doit y remédier
L'OFEV souligne que les paysages encore non bâtis ne bénéficient pas d'une protection suffisante en matière d'aménagement du territoire. Dans les forêts, les animaux migrateurs ne seraient guère freinés par des obstacles. Mais dans les espaces ouverts, la situation est tout autre.
La loi sur la chasse, sur lequel le vote aura lieu le 27 septembre. Il stipule que le Conseil fédéral désigne, conjointement avec les cantons, les corridors à faune sauvage d'importance suprarégionale. Selon le projet de loi, la Confédération et les cantons doivent veiller à ce que les corridors suprarégionaux soient sécurisés sur le plan de l'aménagement du territoire et protégés contre toute construction.
6 à 8 millions de francs
La charge annuelle s'élève à environ 6 à 8 millions de francs, comme l'écrit l'OFEV. La Confédération contribue à hauteur d'environ 4 millions aux dépenses des cantons. L'objectif est de sécuriser les corridors fonctionnels d'ici 20 à 30 ans.
Les dispositions d'exécution relatives à l'«article sur les corridors à faune sauvage» de la loi sur la chasse ne sont toutefois pas encore connues. Elles ne font pas partie de l'ordonnance sur la chasse que le Conseil fédéral a mise en consultation. Il prévoit une ordonnance distincte pour les corridors à faune sauvage d'importance suprarégionale.
La raison en est que les corridors d'importance suprarégionale doivent d'abord être vérifiés quant à leur exhaustivité, et qu'il faut déterminer quelles mesures concrètes seront indemnisées et à quelle hauteur.
Corridors à faune sauvage : Le «mais» de Pro Natura
Des corridors à faune sauvage continus sont certes importants aussi pour Pro Natura, dans le but de favoriser la biodiversité. Mais : «De notre point de vue, la loi révisée n'apporte pas ici une grande valeur ajoutée», déclare Urs Leugger-Eggimann. Il est secrétaire central de l'organisation environnementale et président de l'association «Non à la mauvaise loi sur la chasse», qui soutient le référendum.
Les exigences de la loi révisée seraient loin de compenser les désavantages que celle-ci entraîne pour la protection des espèces. Les nouveaux paragraphes ne seraient d'ailleurs pas nécessaires pour préserver et sécuriser les corridors à faune sauvage. La loi sur la protection de la nature et du paysage le prescrit déjà, ce que le Tribunal fédéral a également confirmé.
Des ponts allant jusqu'à 50 mètres de large
Les passages à faune au-dessus des autoroutes font partie des corridors à faune sauvage. Ils ne sont pas couverts par la loi sur la chasse. La question de savoir si un pont ou un passage souterrain pour la faune sauvage est nécessaire sur un tronçon autoroutier est examinée dans le cadre de la planification de l'entretien, indique Guido Bielmann, porte-parole de l'Office fédéral des routes (OFROU). «L'OFROU construit les passages à faune et les met à disposition.»
L'OFROU a jusqu'à présent réalisé entre 30 et 50 passages végétalisés de 50 mètres de large pour les cerfs, chevreuils ou sangliers ; une petite douzaine d'autres sont en construction ou prévus à moyen terme. Pour les animaux plus petits, comme les blaireaux, les renards ou les écureuils, il a fait construire, selon un rapport de 2019, «une multitude» de tunnels.
Communauté d'intérêts Wild beim Wild
L'IG Wild beim Wild est une communauté d'intérêts à but non lucratif qui s'engage pour l'amélioration durable et non violente de la relation humain-animal, l'IG s'étant également spécialisée dans les aspects juridiques de la protection de la faune sauvage. L'une de nos principales préoccupations est d'introduire dans le paysage cultivé une gestion moderne et sérieuse de la faune sauvage sur le modèle du canton de Genève — sans chasseurs de loisir, mais avec des gardes-faune intègres qui méritent vraiment ce nom et agissent selon un code d'honneur. Le monopole de la violence appartient à l'État. L'IG soutient les méthodes scientifiques de l'immunocontraception pour les animaux sauvages.
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