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Éducation

Les chauves-souris se plaisent à Zurich

La nuit, davantage de chauves-souris voltigent à Zurich qu'à Paris ou Anvers. La ville offre des habitats idéaux pour ces animaux protégés.

Rédaction Wild beim Wild — 11 avril 2021

La nuit, davantage de chauves-souris voltigent à Zurich qu'à Paris ou Anvers.

C'est ce que démontre une nouvelle étude menée sous la direction de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, portant sur la diversité des animaux nocturnes tels que les insectes ou les chauves-souris dans les villes. Elle montre que la mise en réseau des espaces verts et la réduction de la pollution lumineuse sont indispensables pour favoriser cette diversité.

Dans un contexte de comparaison internationale, la ville de Zurich abrite une grande diversité d'insectes nocturnes et de chauves-souris — grâce à la proximité des forêts et d'autres espaces verts.

Dans le cadre d'un programme de recherche européen mené dans sept villes, l'équipe de recherche avait déjà étudié la présence des abeilles sauvages. L'objectif de ce projet, baptisé BioVEINS, est d'explorer l'importance des espaces verts urbains pour la biodiversité. Par rapport aux êtres vivants diurnes, on sait relativement peu de choses sur la relation entre les animaux nocturnes et les espaces verts. Dans trois des villes participantes — Zurich, Paris et Anvers — les chercheurs ont donc également étudié la diversité des insectes nocturnes et des chauves-souris. Dans les autres villes, cela n'était pas possible pour des raisons logistiques.

La proximité des forêts fait la différence

Les chercheurs ont enregistré la nuit, à l'aide d'appareils spéciaux, les cris d'écholocation des chauves-souris dans les parcs et autres espaces verts des villes. Ces enregistrements permettent de déterminer l'espèce avec une grande précision. Ils ont également capturé des insectes nocturnes à l'aide de pièges lumineux afin de comparer le nombre et la diversité des insectes volants avec ceux des chauves-souris. À Zurich, ils ont découvert non seulement le plus grand nombre, mais aussi la plus grande diversité d'espèces de chauves-souris. Le responsable de l'étude, Martin Obrist, spécialiste des insectes et des chauves-souris à la WSL, suppose que cela tient au fait qu'à Zurich, des zones proches de la nature, comme des forêts, se trouvent presque partout à proximité de la ville.

Toutes les espèces de chauves-souris ne s'adaptent pas aussi bien à la vie urbaine. L'enquête a montré que les espèces chassant dans les forêts et les buissons, ainsi que celles qui préfèrent un espace de vol élevé et dégagé, sont plus rares en ville. Les chauves-souris qui chassent dans des zones semi-ouvertes comme les lisières de forêt et qui font preuve d'une grande adaptabilité dans leur comportement de vol sont plus fréquentes dans les villes. 

La mise en réseau des espaces verts est d'une importance capitale

«La proximité de points d'eau s'est révélée être un facteur important pour la survie des chauves-souris à Zurich», déclare Obrist. Ceux-ci servaient non seulement de source d'eau, mais aussi de terrain de chasse. La diversité des insectes augmentait avec la superficie des espaces verts urbains. Des expériences antérieures ont également montré que les insectes bénéficient d'une certaine tolérance à la végétation spontanée dans les espaces verts.

En revanche, la diversité des insectes était négativement affectée lorsque les zones vertes étaient séparées d'autres espaces verts par de grandes routes ou des zones bâties.«Il est très important que les espaces verts ne constituent pas des îlots isolés, mais forment un réseau au sein de la ville», souligne Obrist. Cela accroît non seulement la liberté de mouvement des insectes, mais aussi celle des chauves-souris.

La pipistrelle commune, tolérante à la lumière, supplante les autres espèces

De loin, l'espèce la plus fréquemment observée par les chercheurs dans les villes était la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), qui tolère bien l'éclairage artificiel nocturne. Cette étude confirme ainsi des observations antérieures : la pollution lumineuse croissante pénalise avant tout les espèces de chauves-souris fuyant la lumière, qui perdent de ce fait leurs habitats. L'éclairage nocturne attire de nombreux insectes, proies faciles pour les chauves-souris peu sensibles à la lumière. Les populations d'insectes s'en trouvent réduites, privant ainsi les chauves-souris — qu'elles fuient la lumière ou non — de leur base alimentaire.

Que pourrait-on faire pour favoriser la biodiversité nocturne dans les villes ? «Il faut absolument réduire l'éclairage artificiel», affirme Obrist. Là où cela est impossible, les lampes LED peuvent contribuer à diminuer la lumière nocturne : «Les lampes LED peuvent être contrôlées et atténuées de manière ciblée. Elles ne diffusent leur pleine intensité lumineuse qu'en cas de besoin, par exemple lorsqu'une voiture passe», dit Obrist. «Cela préserve à la fois le monde des insectes et les chauves-souris pendant les périodes de faible circulation». La température de couleur ne devrait par ailleurs pas dépasser 3000 degrés Kelvin. La lumière présente alors une faible composante bleue et une composante rouge plus élevée, ce qui attire moins d'insectes et influence donc moins les chauves-souris.

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