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Chasse

Le chamois des Alpes : confusion dans la gestion

Une nouvelle étude le montre : l'Autriche et l'Allemagne échouent dans la gestion européenne du chamois.

Rédaction Wild beim Wild — 21 mai 2020

Les initiatives nationales isolées sont malheureusement monnaie courante dans l'Europe unie – la crise du Covid-19 n'en est pas la première illustration.

Cela s'applique également à la gestion des animaux sauvages bénéficiant d'une protection particulière de l'UE. Le chamois des Alpes en est un bon exemple. Il est placé sous la protection spéciale de la directive Habitats-Faune-Flore de l'UE et figure de surcroît dans la Convention de Berne.

Les États alpins membres de l'UE sont donc tenus de recenser et d'évaluer régulièrement l'état de leurs populations de chamois. La chasse au chamois n'est autorisée que lorsque l'état de conservation des populations est jugé favorable.

Des différences considérables dans le suivi

Une étude commune de la Deutsche Wildtier Stiftung et du Conseil international pour la conservation du chamois des Alpes le montre désormais : entre les différents États de l'espace alpin, il existe des différences considérables dans le suivi et la gestion de leur bien commun protégé, le chamois des Alpes. «Tandis que la France, l'Italie et la Slovénie évaluent l'état de conservation du chamois par un suivi approfondi des populations vivantes, l'Allemagne et l'Autriche se contentent de transmettre à l'UE le nombre d'animaux abattus», critique Hilmar Freiherr von Münchhausen, directeur général de la Deutsche Wildtier Stiftung. «Les données et analyses sur la structure par âge et la structure sociale des populations de chamois sont totalement ignorées, alors que ce sont précisément ces informations qui caractérisent une exploitation cynégétique professionnelle.»

Les différences deviennent encore plus marquées lors de la planification des interventions cynégétiques : dans presque tous les pays de l'UE, le volume des prélèvements est fixé en tenant compte de données biologiques telles que la mortalité hivernale naturelle ; en Bavière, le volume des prélèvements est uniquement déterminé à partir de l'état de la végétation forestière. «La mise en œuvre insuffisante des exigences européennes culmine en Bavière avec la délimitation de zones où le chamois des Alpes ne bénéficie plus d'aucune période de protection», déclare Münchhausen. Or, des études de la Deutsche Wildtier Stiftung indiquent que les populations de chamois en Bavière sont chassées de manière bien trop intensive. Leur état de conservation en Allemagne n'est donc pas favorable et les perspectives d'avenir sont sombres. La chasse de loisir comme outil de contrôle des populations échoue ici aussi.

La Deutsche Wildtier Stiftung et le CIC réclament donc un suivi global des populations de chamois en Bavière, l'abandon de toute prolongation locale des périodes de chasse et la délimitation de zones de tranquillité cynégétique, afin que les populations puissent se reconstituer à l'échelle régionale.

Le chamois des Alpes en Suisse

L'évolution des populations de chamois en Suisse est probablement la mieux documentée par rapport aux autres pays alpins. Dans une perspective à long terme, les populations de chamois, telles qu'elles sont recensées par les gardes-faune compétents dans les différents cantons, semblent stables depuis 40 ans. Il existe toutefois des différences parfois marquées entre les cantons, qui ne peuvent pas s'expliquer uniquement par des méthodes ou des modes de collecte de données différents.

L'analyse au niveau cantonal montre néanmoins clairement que les tendances varient sensiblement d'un canton à l'autre — indépendamment du système de chasse en vigueur. La figure 15 tirée d'IMESCH (2015) présente les tendances en détail et identifie les causes possibles. Outre une pression de chasse excessive, des maladies, des dérangements, la perte d'habitat et la prédation — notamment par le lynx — jouent également un rôle. Les méthodes de recensement des populations comprennent des comptages et des estimations effectués par des gardes-faune, parfois en collaboration avec des chasseurs amateurs, mais ne font appel à des collectes de données supplémentaires (p. ex. analyse de cohortes) que dans certains cantons (Valais, Vaud, Schwytz).

Évolution des populations de chamois alpins en Suisse
Fig. 15 : Évaluation de l'évolution des populations dans les cantons suisses ; indications : 1) désignation de l'espace naturel ou du territoire de chasse considéré, 2) fonction de la personne évaluatrice, 3) causes possibles de l'évolution observée (source : IMESCH 2015).

Dans le Parc national suisse en Engadine, la chasse est interdite depuis plus de 100 ans et la population de chamois y est constamment stable autour de 1’350 individus depuis 1920.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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