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Criminalité & Chasse

Sport des pigeons voyageurs : épuisement, faim et collisions mortelles

Jusqu'à la moitié de tous les pigeons de sport meurent par saison : la Protection Suisse des Animaux PSA révèle les abus dans le sport des pigeons voyageurs.

Rédaction Wild beim Wild — 6 mai 2016

Aucun autre sport en Suisse ne traite les animaux avec une telle absence de considération.

Sport colombophile
Sport des pigeons voyageurs

Loin du regard du public, sans contrôle des autorités, des éleveurs suisses contraignent des pigeons voyageurs à des performances extrêmes lors de compétitions sportives en Suisse et à l'étranger. Une enquête de la Protection Suisse des Animaux PSA le démontre : de nombreux pigeons de sport sont détenus dans des conditions contraires à la protection des animaux et, à la fin d'une saison de vol, jusqu'à la moitié de tous les oiseaux sont morts.

En 2015, 137 éleveurs actifs étaient affiliés à la Fédération suisse des colombophiles FSC. Ceux-ci « produisent » chaque année environ 25 000 jeunes pigeons. Certains éleveurs détiennent plusieurs centaines de pigeons dans leurs colombiers.

Jeunes pigeons voyageurs
Jeunes pigeons voyageurs. Photo : Protection Suisse des Animaux PSA

La qualité des conditions de détention est extrêmement variable. Par crainte des rapaces ou des voleurs, de nombreux colombophiles confinent leurs animaux tout l'hiver dans des abris sombres et étouffants, sans volière extérieure — pourtant exigée par la loi. Dans les grandes écuries de course, seule une infime fraction des oiseaux bénéficie probablement de vols en liberté réguliers, tandis que des dizaines, voire des centaines d'animaux, passent leur vie comme simple réserve dans d'étroits colombiers.

Des taux de pertes préoccupants

Pendant la saison de compétition, les colombophiles exploitent la «méthode du veuvage» : ils séparent à répétition les couples de pigeons vivant en union fidèle et engagent l'un des partenaires dans des courses afin que celui-ci – ou celle-ci – rentre au colombier le plus vite possible. Un pigeon voyageur suisse est transporté 12 à 14 fois par saison dans des camions étroits et surchargés jusqu'en Allemagne de l'Est ou en République tchèque. Les distances de compétition peuvent atteindre 600 km, que les pigeons survivants parcourent en seulement sept à huit heures. Mais seule une fraction des pigeons regagne jamais son colombier : selon les conditions météorologiques, la distance de vol et la condition physique individuelle des oiseaux, il faut s'attendre à un taux de pertes de 10 à 50% ! Certains pigeons de sport rentrent avec retard – ils sont retrouvés par des amis des animaux, soignés dans des refuges et restitués à leur propriétaire, pour autant que celui-ci soit encore intéressé à les reprendre. D'autres ne rentrent jamais. Ils meurent d'épuisement, de faim, sont tués par des rapaces ou entrent en collision avec des lignes électriques. Dans n'importe quel autre sport animalier, des compétitions affichant des taux de pertes aussi élevés seraient interdites. Le sport colombophile mène pourtant une existence largement à l'abri de tout contrôle des autorités.

Sport colombophile
Sport colombophile Photo : Protection Suisse des Animaux PSA

Une instrumentalisation inacceptable des animaux : Du point de vue de la Protection Suisse des Animaux PSA, la tradition aux accents nostalgiques militaires du sport colombophile représente, sous sa forme actuelle, une instrumentalisation et une sollicitation excessives et inacceptables des animaux. La PSA critique tant les dispositions légales laxistes en matière de détention de pigeons que l'absence de contrôle des autorités dans le sport colombophile.

Il n'existe aucune justification pour cette forme d'exploitation animale. La forme actuelle de l'élevage et du sport colombophiles dépasse les capacités naturelles d'adaptation des animaux. Ils contreviennent ainsi aux principes de la législation sur la protection des animaux. À moyen terme, la Confédération devrait clarifier, au moyen d'une étude, si le sport colombophile peut être pratiqué dans le respect de la protection des animaux ou s'il doit être totalement interdit.


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