Tueurs d'animaux sauvages bavarois : la forêt domaniale terrorise une militante pour les droits des animaux
La militante pour les droits des animaux Elisa Liebl est accusée d'avoir porté atteinte aux droits de la personnalité et à l'honneur d'un chasseur, au motif qu'elle a qualifié de meurtriers tous les tueurs d'animaux sauvages bavarois participant à une chasse à rabat. En cause : elle a intitulé sa vidéo d'une manifestation contre la chasse à rabat en Bavière de la façon suivante : « Les chasseurs nient être des meurtriers – Manifestation contre la chasse à rabat à Emmerting ».
La militante pour les droits des animaux Elisa Liebl est accusée d'avoir porté atteinte aux droits de la personnalité et à l'honneur d'un chasseur amateur, au motif qu'elle a qualifié de meurtriers tous les tueurs d'animaux sauvages bavarois participant à une chasse à rabat. En cause : elle a intitulé sa vidéo d'une manifestation contre la chasse à rabat en Bavière de la façon suivante : « Les chasseurs amateurs nient être des meurtriers – Manifestation contre la chasse à rabat à Emmerting ».
La manifestante a filmé le 18.12.2019 une discussion avec un chasseur amateur avant la fastidieuse chasse de loisir et a mis cette vidéo en ligne sans pixellisation, ce qui ne devrait poser aucun problème au regard de l'article §23 de la loi sur le droit d'auteur.
Un chasseur amateur s'est senti blessé dans son honneur personnel et a fait appel à son avocat. Et ce, bien que le chasseur amateur n'ait jamais été seul à l'écran. Le juge et l'avocat du chasseur amateur sont du côté de ce dernier et tentent désormais de s'en prendre à la militante pour les droits des animaux et de la sanctionner pour quelque chose qui, selon la loi, n'est en réalité pas interdit.
Après tout, la liberté d'expression règne en Allemagne. Mais celle-ci ne semble pas s'appliquer lorsqu'elle concerne des chasseurs amateurs et une chasse à rabat. Le juge a même rejeté la demande d'aide juridictionnelle, au motif que la militante n'aurait aucune chance de gagner l'affaire.
La loi devrait pourtant être du côté d'Elisa Liebl !
- Loi sur le droit d'auteur des œuvres d'art : il est permis de filmer lors de rassemblements tels que des manifestations. L'intérêt public prime sur l'intérêt du requérant à la protection de son image.
- Loi fondamentale — liberté d'opinion, liberté de la presse : toute personne a le droit d'exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, l'écrit et l'image, et de s'informer sans entrave auprès de sources généralement accessibles.
Mais beaucoup de juges sont aussi des chasseurs amateurs et interprètent les lois selon leurs besoins !
« Les tueurs d'animaux sauvages bavarois qui participent à une chasse à rabatteurs, une traque ou une chasse à courre doivent assumer leurs actes et accepter d'être qualifiés de meurtriers par la société », estime Elisa Liebl.
Un chasseur professionnel du BaySF prend la parole
Le chasseur amateur filmé travaille pour l'entreprise Bayerische Staatsforsten, au sein de l'exploitation forestière de Wasserburg, en tant que maître forestier. Il forme actuellement 8 jeunes personnes au métier de forestier. Ce tueur d'animaux sauvages bavarois estime qu'il aurait des responsabilités, un rôle de modèle et des obligations de diligence envers ses apprentis.
Ce que pratiquent les Forêts domaniales bavaroises ne saurait toutefois être qualifié d'exemplaire. Il s'agit plutôt d'abattre le plus grand nombre d'animaux possible afin de tirer un maximum de profit de la forêt, explique Elisa Liebl. « Ce faisant, ils oublient que la forêt nous appartient à tous (humains et animaux) et que chacun a le droit d'y accéder sans qu'elle soit endommagée. »
« À ce moment-là, Jörg Finze ne se doutait pas qu'il allait être, dans les années à venir, le témoin de pratiques cynégétiques indicibles et brutales, qu'il allait enfreindre ses propres valeurs éthiques et franchir les limites légales. En 2019, il tourna le dos à l'État libre de Bavière avec le souhait de ne plus jamais avoir à exercer le métier de chasseur professionnel. »
Jörg Finze
Le lien suivant ne vous révèle que la partie émergée de l'iceberg de ce qui est étouffé et dissimulé au sein de l'entreprise BaySF.
Malgré la loi sur la protection des animaux, des chasseurs amateurs commettent, loin des regards du public, d'abominables actes de cruauté envers les animaux. Lors de battues et de chasses à rabatteurs, les animaux sauvages sont plongés dans une terreur mortelle par les rabatteurs et leurs chiens, puis poussés devant les fusils des tireurs. Rares sont ceux qui touchent du premier coup des animaux qui courent pour sauver leur vie. Ce n'est pas sans raison que le jargon cynégétique connaît le terme de «recherche au sang» pour désigner les animaux blessés par balle. Selon l'Association vétérinaire pour la protection des animaux, jusqu'à 70 % des animaux sauvages ne meurent pas sur le coup, notamment lors des chasses à rabatteurs. Les os fracassés et les entrailles pendant à l'extérieur, les animaux fuient, souffrent souvent pendant des jours et meurent dans d'atroces douleurs. En savoir plus sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com.
La date d'audience et une pétition
Des témoins sont recherchés pour témoigner lors de la chasse à rabatteurs du 28.12.19, afin de prouver qu'il ne s'agissait pas d'une chasse à rabatteurs, mais d'une battue ou d'une chasse à courre, interdites pour les chevreuils.
L'militante a reçu le 13.01.20 une injonction provisoire. Elle devrait payer jusqu'à 250’000 € d'astreinte ou purger 6 mois de détention, si elle continuait à publier quoi que ce soit en lien avec la chasse à rabatteurs (battue) du 28.12.2019 accompagné de photos du chasseur amateur. Elle aurait également dû prendre en charge les frais d'avocat et payer des dommages et intérêts pour préjudice moral.
Le 27.1.20, elle reçut la décision correspondante — mais sans signature du juge. Elle forma opposition contre celle-ci.
Le 10.2.20, des sanctions lui sont menacées. Elle avait certes rendu compte à nouveau de la chasse amateur, mais n'avait jamais utilisé le nom du chasseur amateur ni sa photo.
Audience au tribunal régional de Traunstein, Herzog-Otto-Str. 1, salle d'audience B40, rez-de-chaussée, le 18.6.2020 à 11h30.
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