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Environnement & protection de la nature

Les ruisseaux et rivières suisses dans un état alarmant

Les eaux suisses restent soumises à de fortes pressions. Comme l'a communiqué l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), l'état écologique des ruisseaux et des rivières s'est stabilisé à un niveau bas. Les populations de poissons ainsi que les plantes aquatiques sont particulièrement touchées.

Rédaction Wild beim Wild — 19 août 2025

Les résultats proviennent de la quatrième campagne nationale de mesures, réalisée en 2023.

Des spécialistes examinent régulièrement la situation des poissons, des larves d'insectes, des petits crustacés, des diatomées et des plantes aquatiques. Le bilan est ernüchternd : de nombreuses communautés biologiques ne sont plus proches de l'état naturel.

Dès 2016, une étude de l'OFEV avait mis en évidence des charges massives : seulement 27 % des stations de mesure présentaient de bonnes à très bonnes conditions de vie pour les poissons.

Une analyse du WWF complète ce tableau : seuls 3,6 % des rivières suisses sont considérées comme écologiquement précieuses («hautement protégées»), c'est-à-dire qu'elles satisfont au moins trois des quatre critères suivants : biodiversité, habitats naturels, débit naturel et cours d'eau non modifié.

La principale cause de ces pressions est l'être humain. Les eaux sont dégradées par des substances nocives et des nutriments provenant de l'agriculture, des zones urbanisées, de l'industrie et du commerce. S'y ajoutent des aménagements artificiels qui restreignent les habitats naturels. Sur de nombreuses stations de mesure, des déchets, de la mousse ou des odeurs désagréables étaient également visibles.

Les plus petits ruisseaux — environ 75 % de l'ensemble du réseau hydrographique — sont particulièrement chargés et présentent en moyenne 34 substances actives (pesticides, résidus médicamenteux, etc.).

L'OFEV demande de toute urgence de nouvelles mesures d'amélioration. Celles-ci comprennent un traitement des eaux usées plus efficace, la renaturation des cours d'eau, des aménagements de berges proches de l'état naturel ainsi que la transformation des centrales hydroélectriques afin de permettre la migration des poissons. Il serait également nécessaire de renoncer aux produits phytosanitaires polluants.

L'Office fédéral rappelle que la loi sur la protection des eaux exige et soutient ces mesures. Si les mesures étaient appliquées de manière cohérente, les conditions de vie dans les rivières et les ruisseaux pourraient s'améliorer. Les cours d'eau rempliraient ainsi à nouveau mieux leur rôle central pour l'être humain et la nature.

Depuis 2011, la loi sur la protection des eaux oblige les cantons à renaturer les rivières et les lacs. À l'échelle nationale, 30 à 40 millions de CHF sont disponibles annuellement à cet effet, dont 20 millions de CHF pour le traitement des eaux usées et 50 millions de CHF pour l'assainissement des installations hydroélectriques.

L'objectif : renaturer 50 kilomètres de cours d'eau aménagés par an – mais jusqu'à présent, seuls environ 18 km en moyenne par an ont été atteints.

Ainsi, la biodiversité dans les cours d'eau suisses reste fortement menacée. Des objectifs de renaturation existent, mais les progrès restent en deçà des attentes. Les moyens financiers nécessaires sont certes disponibles, mais dans la mise en œuvre – en raison du manque d'espace, des coûts de planification élevés et de la complexité des intérêts en jeu – le rythme et l'efficacité font défaut.

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