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Éducation

Alerte de l'ONU : les espèces animales migratrices en mauvais état

Selon le rapport de l'ONU, 97 % des espèces de poissons migrateurs sont menacées.

Rédaction Wild beim Wild — 28 février 2024

44 % des espèces migratrices sont en déclin

De nombreuses espèces animales migratrices sont en mauvais état.

Les effectifs diminuent pour 44 % de ces espèces. Un peu plus d'un cinquième, soit 22 %, est même menacé d'extinctionrapport de l'ONU publié en témoigne.

Les espèces migratrices désignent les animaux qui parcourent régulièrement de grandes distances. Selon le rapport, seules 14 de ces espèces ont vu leur statut de conservation s'améliorer, comme la baleine bleue, le rorqual à bosse ou le pygargue à queue blanche.

Le premier rapport sur l'état des espèces migratrices a été publié par le secrétariat de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) à Bonn et présenté lors d'une conférence de l'ONU à Samarcande, en Ouzbékistan. Le rapport se concentre sur 1’189 espèces animales reconnues par les États parties à la CMS comme dignes de protection au niveau international. Il contient également des informations sur plus de 3’000 autres espèces migratrices.

Les animaux migrateurs ont besoin de voies de migration intactes

Silke Bauer, experte du phénomène des migrations animales à la Station ornithologique suisse de Sempach, n'est pas surprise par les chiffres du premier rapport complet de l'ONU sur ce sujet. Les animaux migrateurs seraient particulièrement vulnérables.

Ils ne dépendent pas d'un seul habitat, mais de nombreux habitats différents, qui s'enchaînent comme des perles sur un fil : « Si une seule de ces perles est détruite, toute la chaîne s'effondre. La route est interrompue. »

Les poissons sont particulièrement touchés

Des milliards d'animaux effectuent chaque année des migrations sur terre, dans l'eau et dans les airs. Ils traversent des frontières nationales et des continents, certains parcourant des milliers de kilomètres à la recherche de nourriture et de partenaires. Parmi eux figurent les saumons et les tortues marines, les cigognes et les sternes, les gnous et les éléphants.

Sous la devise « La nature ne connaît pas de frontières », la 14e conférence de la CMS vient de s'ouvrir à Samarcande. Des représentants gouvernementaux, des scientifiques et des défenseurs de la nature ont débattu des défis posés à la protection de la nature en ce qui concerne les oiseaux migrateurs ainsi que les animaux terrestres et marins en déplacement. Il s'agit également de leurs menaces liées à la pêche, à la perte d'habitat et au changement climatique.

Les gorilles et près de la moitié de toutes les tortues observées par la CMS sont, selon le rapport, menacés d'extinction. Parmi les animaux dont les populations diminuent figurent notamment la barge rousse, qui vole plus de 12’000 kilomètres sans interruption entre l'Alaska et la Nouvelle-Zélande, ainsi que l'anguille européenne, gravement menacée, qui migre de l'eau douce vers la mer pour se reproduire.

La situation est particulièrement préoccupante pour les populations de poissons : 97 % des espèces de poissons répertoriées par la CMS sont ainsi menacées d'extinction. Cela inclut les requins migrateurs, les raies et les esturgeons, dont les populations ont diminué de 90 % depuis les années 1970. Les deux principales menaces pour les espèces de poissons migrateurs sont la surexploitation, notamment par la pêche, ainsi que la perte d'habitat due à l'activité humaine. Le changement climatique, la pollution et les espèces invasives auraient également des effets fortement négatifs.

Un rôle essentiel pour les écosystèmes

Afin de protéger les espèces animales, les auteurs du rapport ont formulé une série de recommandations. Ainsi, les infrastructures construites par l'homme, telles que les routes ou les lignes à haute tension, doivent être réduites au minimum sur les couloirs de vol, les voies de migration aquatique et les routes migratoires importantes. Il faudrait en outre faire davantage pour comprendre les zones cruciales pour les migrations et mieux les protéger.

La communauté internationale doit agir maintenant, a exigé Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). «Face à la situation précaire de nombreux de ces animaux, nous ne pouvons pas nous permettre de tergiverser et devons travailler ensemble pour mettre en œuvre les recommandations.» Les espèces migratrices jouent un rôle essentiel dans le maintien des écosystèmes mondiaux en pollinisant les plantes, en transportant des nutriments importants, en luttant contre les nuisibles et en contribuant au stockage du carbone.

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