Une proposition de loi vise l'interdiction préventive de l'élevage de pieuvres en Espagne
Le rejet repose sur de sérieuses préoccupations en matière de bien-être animal et d'environnement : la cruauté extrême que représente le maintien en captivité d'animaux intelligents et solitaires comme les pieuvres, l'absence de méthodes d'abattage humaines et les effets néfastes que de tels élevages auraient sur les écosystèmes marins fragiles.
L'association espagnole des juristes, INTERCIDS, a soumis aux élus nationaux une proposition de loi visant à instaurer une interdiction proactive de l'élevage de pieuvres sur l'ensemble du territoire.
Cette proposition est une réponse au nombre croissant de scientifiques, d'organisations de protection animale et environnementale ainsi que de citoyens qui se sont prononcés contre l'élevage de pieuvres.
Bien qu'il n'existe actuellement aucune ferme d'élevage industriel de pieuvres ni en Espagne ni ailleurs, le groupe multinational de pêche Nueva Pescanova a annoncé son intention d'établir aux îles Canaries le premier élevage de pieuvres à l'échelle industrielle au monde.
La proposition, soumise à l'Association Parlementaire pour la Défense des Droits des Animaux (APDDA), vise à modifier la loi espagnole 23/1984 sur l'aquaculture marine afin d'interdire l'élevage de pieuvres à des fins alimentaires et à d'autres fins productives. En outre, la commercialisation de produits à base de pieuvre issus de telles activités serait interdite.
Les pieuvres consommées comme aliment sont actuellement capturées dans la nature, principalement par de petites entreprises de pêche. Il n'existe actuellement aucun cadre légal en Espagne pour l'élevage de pieuvres. La proposition d'INTERCIDS vise donc à combler préventivement cette lacune en inscrivant dans la loi une interdiction qui tient compte des risques graves liés à l'élevage de pieuvres en captivité.
Il est du devoir des autorités de protéger l'environnement et les animaux. Et elles doivent le faire en appliquant le principe de précaution. Dans le cas de l'élevage de pieuvres, il s'agirait d'une activité entièrement nouvelle, pour laquelle il n'existe pas de réglementation spécifique, mais dont nous savons déjà qu'elle aura inévitablement des conséquences néfastes pour ces animaux et pour l'environnement. Au vu de ces effets négatifs, l'élevage de pieuvres devrait être interdit à titre de mesure de précaution essentielle. Et puisqu'il s'agit jusqu'à présent d'une activité inexistante, c'est maintenant le bon moment pour l'interdire. C'est une question de responsabilité publique. María Gonzalez, avocate, membre du conseil d'administration d'INTERCIDS
Les prochaines étapes pour la proposition dépendent des politiciens nationaux, qui devront décider s'ils la présentent comme une proposition de loi formelle devant être adoptée par le parlement dans les mois à venir.
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