Pacte européen pour les océans : la protection des animaux aquatiques manquée
Le 10 juin, la présidente de la Commission européenne von der Leyen a annoncé le premier pacte européen pour les océans, doté d'un milliard d'euros destiné à protéger les organismes marins et à renforcer l'économie bleue.
Pourtant, au cœur de cette dynamique en faveur de la protection des océans, les animaux aquatiques ont une fois de plus été laissés pour compte.
Le Pacte européen pour les océans faisait partie de la mission confiée en septembre de l'année dernière au commissaire chargé de la pêche et des océans, Costas Kadis. L'objectif du pacte est de garantir la cohérence de toutes les politiques dans le contexte des océans, de soutenir des océans et des zones côtières résilients et sains, de promouvoir l'économie bleue, de gérer de manière cohérente l'utilisation de nos mers et océans, et de développer un agenda complet en matière de connaissance maritime, d'innovation et d'investissements.
Plusieurs initiatives du pacte sont prometteuses, comme la proposition d'une loi sur les océans en 2027, des exigences de durabilité plus strictes pour les produits de la pêche et de l'aquaculture importés, ainsi que le soutien au développement de la production d'algues au sein de l'UE.
Alors que l'UE s'engage sur la voie d'une gestion plus durable des océans, la protection des animaux ne doit pas être sacrifiée en chemin. Les normes de bien-être animal pour les animaux aquatiques correspondent aux valeurs des citoyens comme aux attentes de l'industrie, et devraient faire partie intégrante de l'agenda maritime de l'UE.
Plus de 155 organisations, coordonnées par l'Aquatic Life Institute et l'Aquatic Animal Alliance, ont présenté une position commune en amont de la Conférence des Nations Unies sur les océans 2025 (UNOC3). Leur message était clair : si nous voulons véritablement accélérer les mesures en faveur des océans, nous devons élargir la définition de la durabilité au bien-être des animaux aquatiques et réorienter les investissements et l'innovation dans le système alimentaire vers des alternatives écologiquement responsables et respectueuses du bien-être animal.
La déclaration politique adoptée lors de l'UNOC3, intitulée « Notre océan, notre avenir : agir ensemble d'urgence », n'établissait cependant aucun lien entre la biodiversité et le bien-être animal et a ainsi manqué une nouvelle occasion importante.
Entre-temps, la World Federation for Animals a souligné, lors du dialogue sur l'océan et le changement climatique à Bonn, le rôle décisif que jouent les animaux marins dans la résilience face au changement climatique.
C'est pourquoi l'Eurogroup for Animals continue de réclamer une législation européenne spécifique pour la protection des animaux aquatiques, couvrant à la fois l'aquaculture et la pêche. Cela doit constituer un élément central de la modernisation des législations européennes sur le bien-être animal et de la révision de la politique commune de la pêche.
Des milliards d'animaux aquatiques souffrent inutilement dans les systèmes actuels, largement sans protection juridique. Alors que l'UE fait avancer son agenda maritime, il est temps de sortir la protection animale des profondeurs.
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