Pas de faim, pas de besoin, juste l'envie : la communication triomphale de la Federation cantonale de chasse a l'epreuve des faits
Pile pour le 80e anniversaire, la Fédération cantonale de chasse de Haute-Autriche proclame que la chasse est « une composante évidente de la société ». Ce qu'en fait MeinBezirk.at n'est pas un reportage, mais un communiqué relayé sans filtre. Une lecture critique.

L'article paru dans les feuilles de chou autrichiennes repose à cent pour cent sur une seule source : la conférence de presse de la fédération.
La photo provient de l'OÖLJV, autrement dit de la fédération elle-même. Seules des voix proches de la fédération s'expriment : le maître-chasseur cantonal, une spécialiste des sciences sociales qui chasse elle-même, et un théologien moraliste. Pas une seule question critique, pas un mot sur la protection animale, pas le moindre contre-argument.
Ce n'est pas du journalisme, c'est du journalisme de communiqué. Un groupe d'intérêt fournit texte et image, le média local relaie le tout sans vérification, et au bout du compte la mention « Rédaction » trône au-dessus. C'est précisément ce mécanisme qui maintient la chasse de loisir socialement acceptable : on répète l'auto-description flatteuse si souvent et sans contradiction qu'elle finit par sonner comme un fait neutre. Qui le perce à jour lit ces nouvelles triomphales d'un autre œil.
« Une chance réelle de s'échapper » ? La fédération se démonte elle-même
Le plus révélateur, c'est ce que le maître-chasseur cantonal concède presque incidemment. L'essence de la chasse serait que les animaux sauvages « aient une chance réelle de s'échapper ». Dans la même phrase, il met en garde contre l'intelligence artificielle dans l'acquisition de cibles et appelle ses troupes à la « discipline personnelle ».
Qui prend cela au sérieux vient de réduire en miettes sa propre légende. Si la technique en est déjà à un tel point que seule une retenue volontaire laisse encore une chance à l'animal, alors il ne reste tout simplement rien d'un affrontement équitable. Mirador, dispositif de vision nocturne, silencieux et désormais acquisition de cibles assistée par ordinateur contre un chevreuil sans méfiance : la « chasse équitable » est un slogan publicitaire, pas une réalité. Ce qui se cache derrière ce mythe, nous le montrons en continu dans notre Dossier sur la chasse de loisir.
Pas de faim, pas de besoin, juste le frisson
La fédération vend la hausse du nombre de membres comme une aspiration à la nature, au calme et à « une nourriture abattue soi-même ». Or c'est là que le bât blesse : personne en Haute-Autriche n'a besoin de chasser pour se nourrir. Il ne s'agit ni de faim ni de besoin, mais d'un loisir dont le point culminant est le coup de feu mortel.
Un prédateur dans la forêt tue parce qu'il mourrait sinon de faim. Le chasseur de loisir tue parce que cela lui procure de la satisfaction. Aucun communiqué, aussi enjolivé soit-il, ne pourra effacer cette différence. À quel point la pulsion de tuer est profonde, les constats que nous avons rassemblés dans nos contributions sur l'agressivité derrière le loisir et sur les découvertes de la recherche cérébrale en témoignent : libération de neurotransmetteurs de récompense, désensibilisation émotionnelle, le frisson au moment d'appuyer sur la détente. Quiconque s'intéresse à la disposition psychique de nombreux chasseurs de loisir comprend rapidement que la romantique de la nature et de l'authenticité masque une réalité bien plus laide.
Ce que «évident» signifie vraiment
Reste l'affirmation centrale selon laquelle la chasse de loisir serait une «partie évidente de la société». 22'000 chasseurs de loisir actifs, cela peut paraître beaucoup, mais cela ne représente même pas un et demi pour cent de la population haute-autrichienne. Un petit lobby parfaitement organisé vend son plaisir privé comme un bien commun, et un média local lui fournit gratuitement la tribune.
Particulièrement éhontée est la formule selon laquelle on voudrait «donner une voix aux animaux sauvages». On donne une voix aux animaux en les protégeant, pas en les abattant. Cette tâche est assumée par les personnes qui s'engagent résolument pour les droits des animaux, et certainement pas par celles qui idéalisent la mise à mort en tradition.
Conclusion
80 ans d'histoire associative ne changent rien au fond de l'affaire : la chasse de loisir n'est ni de la protection de la nature, ni un service rendu à la société, mais un divertissement de loisir aux dépens d'êtres sensibles. Qu'une rédaction comme celle de MeinBezirk.at reprenne mot pour mot de tels communiqués n'est pas du journalisme, mais fait partie du problème. Nous nous y opposons, avec des faits plutôt qu'avec du jargon de chasseur. À quel point la scène cynégétique se démasque souvent elle-même de manière éloquente, notre recueil de citations sur la chasse.
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