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Chasse

La mauvaise chasse de loisir décime les chamois

Dans tout l'espace alpin, la population de chamois est en déclin. En Suisse, on ne compte plus que 90'000 individus. La chasse de loisir est un facteur déterminant.

Rédaction Wild beim Wild — 21 octobre 2021

Les chamois se font de plus en plus rares.

Ce n'est pas seulement en Suisse, mais dans tout l'espace alpin que la population de cet animal sauvage est en déclin, a rapporté Radio SRF. En effet, les statistiques de chasse de la Confédération pour l'année 2020 ne recensent plus que 90'000 chamois. Il y a 15 ans, ils étaient 97'000.

Des effectifs stables sur le papier seulement

L'évolution des populations de chamois en Suisse est probablement la mieux documentée par rapport aux autres pays alpins. Dans une perspective à long terme, les effectifs de chamois, tels qu'ils sont comptabilisés par les gardes-chasse responsables dans les différents cantons, semblent stables depuis 40 ans. Il existe cependant des différences parfois significatives entre les cantons, qui ne peuvent pas s'expliquer uniquement par des méthodes ou des modes de collecte de données différents.

Les chasseurs amateurs rejettent la faute sur les sportifs de loisir

Les responsables du déclin du chamois ont été trouvés rapidement : les vététistes, les grimpeurs, les propriétaires de chiens. David Clavadetscher, chasseur amateur et directeur du groupement militant Jagd Schweiz, a déclaré à Radio SRF : «Le problème principal pour le chamois, c'est la société des loisirs, qui provoque des dérangements été comme hiver.»

» Appel au Club Alpin Suisse CAS. Un chamois orne son logo. Les amoureux de la montagne ne se laissent pas mettre la faute sur le dos : «Les sportives et sportifs de loisir ne constituent certainement pas la principale menace pour la population de chamois à l'échelle suisse», déclare Philippe Wäger, responsable environnement du CAS. Il n'existerait aucune preuve à l'appui de cette affirmation.

Le problème était d'origine interne : la mauvaise chasse de loisir

En réalité, dès 2015, il est apparu que la situation était plus complexe que prévu. Lors d'une conférence, des inspecteurs cantonaux de la chasse et des spécialistes de la Confédération ont débattu de l'évolution de la population de chamois en Suisse. L'une des raisons de cette rencontre était que les chasseurs et chasseuses amateurs abattaient nettement moins de chamois abattu, littéralement «effondré» la quantité de gibier tué.

Mais le facteur le plus important invoqué par les participants à la conférence pour expliquer le déclin des populations de chamois était la chasse de loisir : une pression de chasse trop élevée, l'absence de bases de planification cynégétique et une adaptation trop tardive de la planification. En bref, le problème était d'origine interne : trop de chamois avaient été abattus, et les mauvais individus, écrit l'auteure Stefanie Hablützel sur Zeit.de.

Dans les cantons du Valais et du Tessin, comme le soulignait le rapport de la conférence, les chasseurs amateurs avaient empêché, par pression politique, que la chasse au trophée soit abolie. Au lieu de chasser selon des critères biologiques, on continuait d'abattre les boucs dans la fleur de l'âge aux plus belles cornes — c'est-à-dire les animaux les plus importants pour une reproduction efficace et économe en énergie.

Dans le Parc National Suisse en Engadine, la chasse est interdite depuis plus de 100 ans, et la population de chamois y est stable depuis 1920, autour de 1 350 individus.

Pour en savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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