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Faune sauvage

Bornéo : ouverture d'une école forestière pour orangs-outans

Depuis plus d'un an, QUATRE PATTES travaille en collaboration avec l'organisation partenaire locale Jejak Pulang et le gouvernement indonésien à la mise en place d'un nouveau projet de réhabilitation pour les orangs-outans à Bornéo. Le moment est enfin venu : la nouvelle école forestière pour orangs-outans dans le Kalimantan oriental est inaugurée et la première année scolaire peut commencer. Huit orangs-outans orphelins âgés de onze mois à neuf

Rédaction Wild beim Wild — 24 mai 2018

Depuis plus d'un an, QUATRE PATTES travaille en collaboration avec l'organisation partenaire locale Jejak Pulang et le gouvernement indonésien à la mise en place d'un nouveau projet de réhabilitation pour les orangs-outans à Bornéo.

Le moment est enfin venu : la nouvelle école forestière pour orangs-outans dans le Kalimantan oriental est inaugurée et la première année scolaire peut commencer. Huit orangs-outans orphelins âgés de onze mois à neuf ans seront les premiers élèves à être pris en charge de manière intensive dans cette école forestière de 100 hectares par la primatologue expérimentée Dr Signe Preuschoft et une équipe indonésienne composée de 15 soigneurs animaliers, d'une biologiste et de deux vétérinaires, en vue de leur réintroduction dans la forêt tropicale.

QUATRE PATTES a jusqu'ici pris en charge huit orangs-outans orphelins. Ils ont tous été témoins du meurtre cruel de leur mère. «L'objectif du projet est de former et de soigner ces orangs-outans de façon à ce que, dans quelques années, lorsqu'ils auront atteint l'âge approprié, ils puissent retourner dans une forêt naturelle et y vivre en totale liberté et de manière autonome», explique le Dr Signe Preuschoft.

Le premier jour à l'ÉCOLE FORESTIÈRE

La mise en place du projet au cœur de la forêt tropicale de Bornéo représente un immense défi logistique, et l'infrastructure de l'école forestière est encore en cours de construction. Pourtant, les orangs-outans orphelins doivent passer le plus tôt possible un maximum de temps dans leur environnement naturel, la forêt. C'est pourquoi un premier groupe de cinq orangs-outans orphelins se rend chaque jour en «bus scolaire» depuis leurs cages-dortoirs actuelles jusqu'à l'école forestière. Là, leurs mères de substitution humaines leur enseignent les compétences que leur propre mère n'a plus pu leur transmettre. Au programme figurent par exemple l'escalade, la recherche de nourriture et la construction d'un nid pour dormir. Le mois prochain, ils emménageront dans leur nouveau dortoir situé au-dessus de la rivière jouxtant l'école forestière.

Les huit élèves de l'école de la forêt

Ce qui rend ce projet unique : chaque animal bénéficie d'un suivi personnalisé de la part du Dr Preuschoft et de son équipe, adapté à son stade de développement, et progresse à son propre rythme. C'est pourquoi tous les orangs-outans ne sont pas dans la même classe. Le bébé Gonda, arrivé chez les défenseurs des animaux à l'âge de huit mois, a d'abord dû apprendre pas à pas comment les orangs-outans se déplacent dans la forêt. «Gonda a déjà gagné en force musculaire», rapporte le Dr Preuschoft. «Il peut désormais se suspendre la tête en bas et se tenir à une branche uniquement avec les jambes. Son ami Tegar, qui a quatre mois de plus, est déjà bien plus agile. Il courbe de petits troncs, attrape la branche suivante, y déplace son centre de gravité, puis se faufile exactement comme le fait un vrai orang-outan. Gonda doit encore beaucoup s'entraîner avant d'y arriver aussi bien.» Cantik, trois ans et demi, et Eska, cinq ans, s'exercent quant à eux déjà à jouer à chat dans les cimes des arbres — un jeu où l'orang-outan doit aussi tenir compte de l'effet du poids de son partenaire sur le balancement des branches. Les deux derniers arrivants, Gerhana, onze mois, et Kartini, dix-huit mois, sont encore pris en charge par leurs mères de substitution humaines tout en étant socialisés avec les autres bébés à la garderie. Amalia, sept ans, et Robin, neuf ans, vivent encore actuellement dans des enclos. Le Dr Preuschoft et son équipe observeront attentivement leur comportement et leurs aptitudes au cours des prochains mois, puis décideront si et quand ils pourront fréquenter l'école de la forêt.

La fin de l'école de la forêt — et ensuite ?

Durant leur réhabilitation, les orangs-outans franchissent plusieurs étapes de formation (voir graphique). Bébés, ils vivent d'abord sous la bienveillante garde de leurs mères de substitution humaines dans la maison des bébés et fréquentent la garderie. À partir de leur deuxième année, les tout-petits intègrent l'école de la forêt. Au fur et à mesure qu'ils gagnent en compétences, les orangs-outans deviennent plus aventureux et plus indépendants. Il est alors temps pour eux de rejoindre ce que l'on appelle l'académie de la forêt. Le moment — et la possibilité même — de relâcher un orang-outan en totale autonomie dans la nature est décidé au cas par cas par l'équipe de QUATRE PATTES. «En général, les orangs-outans entrent vers l'âge de 9 ans dans une phase où ils souhaitent davantage tracer leur propre chemin», explique le Dr Preuschoft. «Nous les emmenons alors dans la région de réintroduction, l'académie forestière. Ils y restent certes sous surveillance et protection, mais ils se trouvent déjà dans un environnement où ils peuvent laisser libre cours à leur instinct d'exploration et à leur désir d'indépendance. Lorsque tout fonctionne sans accroc, ils peuvent ensuite profiter d'une vie en liberté

Projet orang-outan à Bornéo

QUATRE PATTES s'engage depuis plus de dix ans pour la réhabilitation d'orphelins orangs-outans traumatisés à Bornéo. Après une restructuration des activités sur place, la nouvelle école forestière financée par QUATRE PATTES est un projet de coopération entre QUATRE PATTES, l'organisation partenaire locale Jejak Pulang et le ministère indonésien de l'Environnement et des Forêts. En plus du développement continu des infrastructures, une station de quarantaine et une cabane arboricole pour les tout petits orphelins orangs-outans sont prévues.

Au cours des quatre dernières décennies, la forêt tropicale de Bornéo a été détruite à une échelle gigantesque. Des milliers et des milliers d'orangs-outans sont devenus victimes des industries de l'huile de palme, du bois tropical et du charbon. Chaque année, deux à trois mille orangs-outans sont tués parce qu'on les considère comme des ravageurs dans les plantations de palmiers à huile, mais aussi pour leur viande. Des orphelins sans défense, dont les mères ont été tuées délibérément, finissent comme animaux de compagnie. Les orangs-outans de Bornéo font partie des espèces en danger critique d'extinction.

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